au loin je vois venir le vent ocre
rougeoyant de ses poussières
l'aride souffle du sang
rase à la taille encore et encore
les temples de chairs
à peine tendres ou
déjà viles revêches
je n'ai plus de paupières
et rien ni la trace de l'horreur
ni même le trauma gravé
ne bougent ne viennent
à la rescousse un peu comme
si les jours aux jours
en osmose se siamoisent
tel un serpent
l'invisible vent mue
sa langue remue
crochets repus
le venin s'instille fatal
dans les veines du temps