Nouvelle Génération d´Auteurs

les mots de la NGA
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Ta´am

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant
AuteurMessage
Tornade
Plume active
Plume active
avatar

Nombre de messages : 201
Localisation : Là où commence le chemin de l'obscurité...
Date d'inscription : 16/11/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Ven 9 Déc à 21:53

*Totalement fan*

I WANT ZE SOUIIIIIIIIIIIIITE !!

Ah non pardon, ça t'appartient ça Am'... Dis, t'as pas posé de copyright dessus, hein, dis ?

Bref... la suiiiiiiiiiiiiiiiiiite ! J'adoreuh ! Une petite suite ? Rien qu'une toute pitite ? Une pitite ? Même une toute toute pitite ?

Ennnnfin, voilà (pardonnez, c'est la fatigue), ma très chère Antigone, même si c'est court, on se régale. T'as du boulot alors.

[Hep, mine de rien, on en est à 78 pages Word hein...]


Dernière édition par le Sam 10 Déc à 17:00, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Plume
Modératrice consciencieuse et infatigable
avatar

Nombre de messages : 207
Localisation : entre ici et ailleurs mais toujours là quand il faut!!!
Date d'inscription : 29/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Sam 10 Déc à 0:21

SUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIITEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEe



Dorcha powaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!!


J'en veux encore j'ai pas eu ma dose complète siou plait !!

_________________
Je suis pas un grand écrivain mais j'écris quand même... Et je vous lis toujours pour mon plus grand plaisir!!

Et heu aussi Antigone, Hiraeth et Torny, c'est quand la suite??? Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hiraeth Dùnadan
Floodeuse en série
Floodeuse en série
avatar

Nombre de messages : 468
Age : 28
Localisation : les Terres Sauvages
Date d'inscription : 11/11/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Sam 10 Déc à 20:43

youp youp fan n°3, et je veux la suite aussi

ça va pas virer mathilda quand même ? What the fuck ?!?


et juste pour info, moi je suis pour spiderman

_________________

"C'est en écrivant qu'on devient écrevisse" Hans Arp
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.perdu.com
Antigone
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 626
Age : 35
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 10/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Dim 11 Déc à 1:24

78? T'as tout stocké sous Word ma Torny?

Et rassure-toi Tiph, ça ne virera pas Matilda... Grands dieux non. Mais vous lirez tout ça par vous-mêmes!

_________________
Big Boss of the NGA
La langue française est une noble langue alors respecte-la, espèce de petit con!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tornade
Plume active
Plume active
avatar

Nombre de messages : 201
Localisation : Là où commence le chemin de l'obscurité...
Date d'inscription : 16/11/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Dim 11 Déc à 13:16

Voui, j'ai tout stocké sous Word. Même que j'ai tout relu depuis le début hier !

On en est donc à 78 pages Word en écriture Verdana, taille 12.

Et en ce moment je songe à te faire édifier un temple, ô Grande Déesse Ta'amienne. Une grande et magnifique histoire qui rivalise avec HP, ça mérite au moins ça.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Antigone
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 626
Age : 35
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 10/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Dim 11 Déc à 14:11

Dorcha a écrit:
Est-ce qu’on ne s’emballerait pas un peu, là ?

Me pose la même question là... Mais miciiii ma Torny ça me fait plaisir que ça mérite la relecture, ça me donne envie de continuer tout ça.

(Je voudrais aussi remercier mon producteur sans qui... euh non pas encore, pardon.)

_________________
Big Boss of the NGA
La langue française est une noble langue alors respecte-la, espèce de petit con!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Antigone
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 626
Age : 35
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 10/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mar 28 Fév à 20:53

Entre sans faire de bruit, en espérant que personne ne lui fera remarquer que quand même, ça fait bien longtemps qu'elle n'était plus passée par là, la sale petite glandeuse... Poste la suite en vitesse, et part en courant, des fois qu'on penserait à l'attacher à son bureau pour pondre les suites plus vite...

***


Grâce à ses haltes de robinet en robinet, Gabriel ne souffrait plus de la soif, mais le soleil n’en finissait pas de darder ses rayons brûlants sur son corps épuisé. Ca ne le faisait plus rire du tout. Les lubies d’Atyda, le calme de Sécate, et ce sable, tout ce sable à perte de vue ! Son humeur déclinait au rythme des heures passées à mettre un pied devant l’autre, inlassablement. Depuis combien de temps marchaient-ils, maintenant ? Quatre jours, cinq, plus peut-être ? Il ne parvenait plus à se repérer.

- J’ai faim, ne put-il s’empêcher de dire une fois de plus. Vous êtes certaines que les pizzas ne poussent pas comme les robinets ?
- Peut-être que sur des arbres… s’aventura Sécate, consciente de ne pas savoir ce qu’étaient des pizzas, mais lassée de demander sans arrêt des explications.
- Sécate, soupira-t-il. Celle qui inventa les arbres à pizza. La prochaine fois, je te ramène avec moi et tu sauves l’humanité.

Incapable de savoir s’il plaisantait ou pas, elle préféra ne pas répondre. Il était si sombre, en ce moment… On aurait presque dit que la lumière pesait sur ses épaules, de plus en plus lourd. La lumière… Elle voulut regarder le soleil, et dut détourner le regard. Elle pensait aimer le changement, mais ce désert… ce désert ne voulait de personne. Ce désert voulait être seul, et elle se sentait de trop sur le sable doré. Quel dommage, vraiment ! C’était joli, après tout ! Elle pressa un peu plus le pas. Il fallait atteindre la forêt, et vite. Même Atyda était grincheuse, et son merveilleux sourire se muait parfois en une moue qui trahissait son ennui. Elle ne supportait pas de voir cette expression sur son visage.

- De toute façon, tu vois des arbres quelque part, toi ? reprit Gabriel.
- Ce n’est certainement pas sur toi qu’il faut se baser, étant donné ta vue perçante, intervint Atyda.
- J’ai une excellente vue, espèce de sale petite emmerdeuse ailée ! bondit-il. A la colo c’est moi qu’on envoyait toujours en éclaireur, parce que je voyais super loin, et que…
- « Robinet ? Où ça un robinet ? Oh ben moi je vois pas de robinet du tout euh, je ne sais pas de quoi vous parlez, là, où ça des robinets, hein ? », dit Atyda de la voix de fausset qu’elle prenait systématiquement quand elle l’imitait.

Une vachette aux yeux de plastique frôla brusquement son oreille, et elle fronça les sourcils, avant de lancer un regard furieux à Gabriel, qui tentait de conserver son équilibre sur une seule jambe, rouge de colère.

- T’es vraiment qu’un centaure continental ! glapit-elle.
- Atyda ! s’exclama Sécate, l’air horrifié.
- Sale peste ! Pauvre conne ! renchérit Gabriel hors-de-lui.

Elle lui tira la langue, et partit à tire d’ailes. Tout en tentant de conserver un air terrible,
Gabriel la regarda s’éloigner. Il était bien emmerdé. Cette idiote était partie dans l’autre sens, et pour peu que Sécate décide de ne pas attendre sagement qu’elle revienne et de lui courir après, ce serait une fameuse perte de temps et d’énergie. Mais qu’est-ce qu’elle avait, aussi, à lui prendre la tête comme ça ? Elle ne pouvait pas simplement la fermer ? En grommelant, il se dirigea à cloche-pied vers sa pantoufle, mais gêné dans sa progression par le sable, il s’étala lamentablement au bout de quelques mètres.
Sécate était restée immobile, les yeux rivés sur Atyda qui disparaissait peu à peu.
Gabriel cracha le sable qui s’était introduit dans sa bouche, et se redressa aussi vite que possible. C’était brûlant. C’était insupportable. Tout ici était devenu insupportable, de toute façon. Il boitilla vers sa pantoufle, l’enfila avec soulagement, et partit tenter de se noyer sous un robinet proche. Au dernier moment, il changea d’avis, et se résolut à se contenter de boire, et de se rafraîchir un peu. Du coin de l’œil, il observait Sécate. Elle finirait certainement par craquer un jour, et s’énerver une bonne fois pour toutes. Cette scène n’était pas la première, bien au contraire… Gabriel avait l’impression que chaque jour, c’était pire. Pourtant il ne la haïssait pas, l'insupportable petite moucheronne ! Elle l’agaçait, et il aurait adoré lui administrer une bonne gifle pour la secouer un peu, mais il ne la haïssait pas. Elle était tellement détachée de tout ! Elle ne comprenait rien ! Sécate et lui se débattaient dans les problèmes du quotidien, et elle restait là avec ses jeux de mots pourris et ses blagues même pas drôles, à chantonner et à rire ! Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle restait constamment aussi loin d’eux ? La fatigue mêlée à la tristesse lui fit monter les larmes aux yeux. Non, il ne la haïssait pas. Il ne fallait pas que Sécate le croie… Il la regarda, penaud, avec au creux de l’estomac comme un nœud de vague culpabilité. Elle n’avait toujours pas bougé.
Soudain, les yeux toujours fixés sur Atyda, elle murmura « Reviens ».
Aussitôt, la tâche noire à l’horizon cessa de s’éloigner. Après quelques secondes d’hésitation, elle se posa. Le regard toujours humide de Gabriel allait de Sécate à Atyda, interdit. Qu’est-ce qu’il se passait, au juste ?
« Reviens » murmura à nouveau Sécate d’une voix infiniment triste. Et la tâche noire reprit son envol, lentement, jusqu’à ce que ses contours se redessinent, et qu’Atyda apparaisse devant eux, avec une mauvaise grâce visible.
Ni Sécate, ni Gabriel n’avaient fait un seul geste. Atyda se posa, secoua ses longs cheveux de miel, et contempla Sécate d’un air de reproche, avant d’asséner :

- Je déteste quand tu fais ça.
- ‘tyda… commença doucement Sécate.
- Tais-toi. Je te déteste. Je le déteste lui. Vous êtes vraiment…

Elle parut chercher l’insulte la plus foudroyante qu’elle avait en stock, et cracha finalement « … vraiment NULS ».

- ‘tyda… sourit Sécate. Viens, maintenant. Ce n’est plus si loin. Il y aura la forêt…
- Elle est nulle, ta forêt, j’en suis sûre, grogna-t-elle.
- Tu l’adores. Viens…
- Non. Je veux pas. Je veux rentrer.
- Bien sûr que non, tu ne veux pas rentrer. Tu le sais bien.
- Et lui, c’est vraiment le nul des nuls. C’est le Gouvernant des nuls, poursuivit-elle, butée.

Sécate se retourna doucement vers Gabriel, et le regarda. Il fut presque surpris de constater que ce n’était même pas une supplique, ni même une simple demande pour qu’il ne relance pas le conflit : elle ne faisait que guetter sa réaction, résignée. Le nœud de culpabilité se serra un peu plus fort dans l’estomac du jeune homme, et il soupira. Jamais Sécate ne s’opposerait au cours des évènements. Il avait été idiot de croire qu’elle allait se mettre en colère, un jour… C’était aussi stupide que d’imaginer qu’une fanfare de gentils écureuils habillés en majorettes lui apporterait bientôt un énorme poulet au curry sur l’air de l’hymne national américain.

- Oui, finit-il par soupirer. Parfois je suis vraiment le nul des nuls. Mais tu n’en restes pas moins une sale petite peste ailée.

Atyda haussa boudeusement les épaules, et sans rien ajouter reprit la marche, vers l’ouest. Quand Sécate frôla Gabriel en la suivant, elle risqua un sourire, et posa brièvement sa main fraîche sur son épaule brûlée par le soleil. Il baissa les yeux, sourit à son tour, et fourra maladroitement ses mains dans les poches de son vieux short, un peu gêné.
« Au fond, songea-t-il en contemplant les deux silhouettes ailées marchant côte à côte à quelques mètres devant lui, je crois qu’elle m’aime bien, Sécate… » Avec un dernier soupir, il leur emboîta le pas. Combien d’heures faudrait-il encore avant d’atteindre leur but ? Tous ses muscles lui faisaient mal, mais que faire d’autre que suivre les fées ? Il lui semblait malgré tout que le paysage changeait peu à peu… Il n’y avait pas autant de buissons avant, pas vrai ? Pas de quoi s’affoler, mais tout de même. Il tenta de se persuader qu’ils arrivaient bientôt. Il avait tellement besoin d’y croire.
Une heure s’écoula dans un silence parfait, ou était-ce deux heures, déjà ? Le temps n’avait pas prise, ici. Atyda boudait toujours, et personne n’osait lui adresser la parole. Aucune des deux fées n’avait même vérifié que Gabriel les suivait, pas un seul regard en arrière, mais ce n’était pas nécessaire… Il n’était pas aussi crétin qu’Atyda semblait le croire. Il se plut à penser que pris d’un accès de folie, il pourrait partir en courant dans n’importe quelle direction, sans qu’elles le remarquent. Il pourrait même enchaîner les saltos et les roulades dans le sable. Ou marcher sur les mains, juste pour passer le temps. Mais il irait probablement moins vite.

- On s’ennuie, lâcha Atyda.
- Bientôt… promit à nouveau Sécate. Tu ne le sens donc pas ?
- On irait beaucoup plus vite sans lui.
- On est là pour lui.
- Pas moi. Moi je ne suis là pour personne. Que pour moi.
- Je sais… murmura-t-elle. Je sais, oui.

Un oiseau immense passa au-dessus d’eux, plana quelques instants, et reprit son vol imperturbable vers l’horizon. « Je me demande ce que ça peut bien être comme bête » dit pensivement Gabriel.

- Un oiseau. Répète après moi. Oi-seau, fit Atyda en bondissant sur l’occasion.
- Oi-seau, bêla Gabriel. Super. Et ça se fait beaucoup, dans ce pays ?
- Dis donc, la vue la plus perçante d’alcoolo… reprit-elle en changeant de sujet.
- De la colo !
- Oui… Dlakolo. Tu ne vois rien, avec tes éblouissantes capacités ? Attention, c’est plus loin que les robinets, il va falloir faire un effort…

Il releva la tête, et s’arrêta, soufflé. A l’horizon, en plein milieu du désert, il pouvait apercevoir un véritable mur d’arbres. Pas de palmiers, ni de cactus, non… Une véritable forêt. Ici. Une forêt dont les cimes se perdaient dans un amas de nuages gris menaçants. Qu’est-ce que ça pouvait bien être, ce bordel…

- Alors maintenant, après moi Gabriel : Fo-rêt. Foooooo-rêt.
- Fo-rêt, reprit-il docilement sur un ton imbécile. En plein milieu du désert.
- D’où le terme : forêt du désert. On a mis des générations à trouver ça. Incroyable non ?

Dans quelques heures à peine, ils l’atteindraient.

_________________
Big Boss of the NGA
La langue française est une noble langue alors respecte-la, espèce de petit con!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Candleinthestorm

avatar

Nombre de messages : 589
Age : 35
Localisation : ENV-Alfort
Date d'inscription : 11/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mar 28 Fév à 21:25

Eh béh !

C'est bien bon de lire du Ta'am ! ^^ Un peu de soleil du désert pour nous autres perdus dans l'hiver...

Et puis ce Gabriel me fait toujours autant rigoler ! Un vrai plaisir ! C'est une fleur que tu nous fais là !

Et ce défilé d'écureuils, presque aussi fort que des Bisounours chantant des cantiques !

Mais jusqu'où ? JUSQU'OU nous emmenera-t-elle sur le chemin de l'imagination et du rêve ?


_________________
UneBougieDansLaTempête, membre de la Nouvelle Génération d'Auteurs...



Les rues sont pleines de ces bonheurs que les gens trop souvent piétinent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fritesauvin.canalblog.com/
Tornade
Plume active
Plume active
avatar

Nombre de messages : 201
Localisation : Là où commence le chemin de l'obscurité...
Date d'inscription : 16/11/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mar 28 Fév à 21:36

Une seule chose à dire : vive les vachettes en plastique.

On va penser à l'enchaînement au bureau... Oui, on t'a vue hein ! Pas la peine de courir !

Bref. T'façon j'dis comme Candle. Toujours aussi bien. ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Plume
Modératrice consciencieuse et infatigable
avatar

Nombre de messages : 207
Localisation : entre ici et ailleurs mais toujours là quand il faut!!!
Date d'inscription : 29/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 1 Mar à 20:17

Mais heu... Je voulais voir des arbres à pizzas moi...

Et puis je suis fan de Atyda elle est presque aussi chieuse que moi... (Comment ça elle est moins pire ?)


Mais je veux Dorchaaaaaaaaaaaaaaaaa.... donc la suiiiiite

_________________
Je suis pas un grand écrivain mais j'écris quand même... Et je vous lis toujours pour mon plus grand plaisir!!

Et heu aussi Antigone, Hiraeth et Torny, c'est quand la suite??? Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Antigone
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 626
Age : 35
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 10/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 1 Mar à 20:25

- Non, Asmodée, non ! Ce n’est pas cela ! Concentrez-vous !

Dorcha repoussa la chaise avec colère, et partit marteler du poing le mur opposé. Elle en avait assez. Depuis des heures, Curson lui répétait les mêmes ordres apparemment dénués de sens. Sa philo de comptoir, elle savait où elle pouvait se la carrer, l’horloge parlante ?

- L’Asmodée doit se faire…
- Respecter des objets, je sais ! Imposer sa volonté ! siffla-t-elle en se retournant vers lui. Curson, il s’agit d’un vase ! Il ne pense pas ! Il n’a pas de cerveau !
- C’est évident. Ce n’est pas le vase qui doit se convaincre de la supériorité de l’Asmodée, puisqu’il n’est qu’un objet inanimé parmi les autres. C’est la Glorieuse qui doit prendre conscience de son inépuisable force…
- Je vais utiliser la force, formidable… Appelle-moi Luke, Yoda.
- Asmodée…
- Je suis fatiguée, Curson. Je n’y arriverai jamais, soupira-t-elle en se laissant doucement glisser le long du mur, jusqu’à être assise sur le sol, les bras entourant ses genoux.

La bibliothèque à ses côtés explosa alors brusquement, et elle laissa échapper un cri de frayeur, se protégeant tant bien que mal le visage. A l’autre bout de la pièce, Curson la regardait, les yeux brillants de colère. Hébétée, Dorcha contempla les milliers d’échardes, de bouts de bois et tous les livres à présent éparpillés sur le sol, alors que quelques secondes auparavant, l’armoire en chêne robuste se tenait à ses côtés, massive, rassurante. Et maintenant, plus rien… Elle eut peur soudain de la puissance qui se dégageait de ce vieil homme en apparence si fragile, et, repensant à Bebam, crut comprendre enfin pourquoi on lui témoignait tant de respect. D’habitude, il était si doux, si posé, c’était… c’était un adorable vieillard, en fait. Mais derrière son image de vieux sage, il y avait donc cela… Elle posa à nouveau les yeux sur lui, et ne put s’empêcher de se recroqueviller un peu plus contre le mur en lisant l’expression furieuse peinte sur ses traits. « Dorcha, ma petite fille, il semblerait que tu ais fait la reine des boulettes… Papy Gâteau va te faire voir tes viscères sous peu… » Elle déglutit, mais ne détourna pas la tête, se faisant violence pour soutenir le regard de Curson. « Quitte à ce qu’il m’explose, autant que je vois ça… Le mot exploser a rarement trouvé un contexte plus approprié, d’ailleurs, maintenant que j’y pense. »

- L’Asmodée… n’a pas le droit !, fulmina-t-il.
- Curson… je suis désolée… Mais je suis si fatiguée, et je n’ai encore obtenu aucun résultat, alors…
- L’Enfant l’attend ! L’Enfant l’attend depuis si longtemps, avec tant de confiance, et l’Asmodée se contenterait de rester là, assise sur le sol, sans se battre ? L’Asmodée ne pense pas à l’Enfant. L’Asmodée se fiche de l’Enfant, asséna-t-il.
- Ce n’est pas vrai ! hurla-t-elle en se relevant, les mains fermées en poings.
- L’Asmodée s’en fiche, puisqu’elle abandonne aussi facilement. Elle se laisse dorer par le confort de l’accueil de Paymon, et maintenant qu’on lui demande quelque chose, elle s’effondre comme une poupée de chiffons sans âme.
- Demandez-moi autre chose ! N’importe quoi ! N’importe quoi d’autre que ça !
- N’importe quoi ? fit Curson, se radoucissant.
- N’importe quoi… s’il vous plaît…
- Bien. Qu’elle ouvre la fenêtre et vole comme un oiseau, ou qu’elle travaille à nouveau de tout son cœur, en gardant au cœur la voix de l’Enfant qui Guide, répliqua-t-il avec le sourire de celui qui sait qu’il a le dernier mot.

Dorcha se mordit violemment la lèvre inférieure pour s’empêcher de répliquer. « Yoda :1, Luke :0 » songea-t-elle. Elle avait déjà tout essayé, pour briser ce vase… Elle lui avait même parlé ! Elle s’était dit qu’en lui hurlant dessus intérieurement… Ou peut-être qu’en imaginant que son regard était comme une tenaille… En se concentrant très fort, alors ? Tout ce qu’elle avait réussi à faire, c’est à susciter l’hilarité de Curson face à son front plissé par l’effort. « L’Asmodée tenterait-elle de se vieillir pour que la science lui vienne comme l’expérience ? » avait-il demandé en riant. Il s’amusait comme un petit fou, à ce moment-là, c’était visible. Mais le soir commençait à tomber, à présent, et ils étaient tous les deux épuisés. Excédés, même. Personne n’avait rien mangé, ni même bu, et Curson, en maître exigeant, n’avait accepté aucune pause. Au départ, emballée par l’idée, Dorcha n’avait pas protesté, mais son manque de résultats l’avait totalement découragée au fil des heures. Plutôt que de parler de manque de résultats, on pouvait même dire qu’il s’agissait d’un fiasco total. Pas une fois le vase n’avait vacillé. Elle aurait pu apprendre à tailler des bonzaïs pendant ce temps-là, ç’aurait été exactement pareil.
Cependant, Curson avait raison… Elle ne devait pas oublier Dorian. Elle ne comprenait pas bien en quoi exploser les objets sur son passage pouvait l’aider à le retrouver, mais après la petite visite improvisée de son bureau, il y avait déjà quelques jours de cela, elle était disposée à le croire, même s’il lui disait que la lune était un fromage sur lequel vivait joyeusement des colonies de souris blanches apprivoisées capables de faire du trapèze sans filet en attendant d’envahir la terre avec des armes thermonucléaires. S’il fallait en passer par là pour retrouver Dorian, alors elle devait le faire ! Elle ne pouvait pas se permettre de flancher, tout simplement. Si Curson l’en disait capable, elle devait l’être…
Le vieillard immobile, toujours appuyé sur sa canne de bois sculpté, suivait sur le visage sombre de Dorcha le cheminement de ses pensées. Quand enfin elle redressa la tête, une expression de détermination peinte sur le visage, il se contenta d’opiner, et attendit calmement qu’elle revienne vers lui pour reprendre la leçon.

- Encore une fois, finit-elle par dire. Mais expliquez-moi encore, Curson. Je ne comprends toujours pas comment c’est possible.

Il hocha à nouveau la tête, et reprit une fois de plus, de sa voix chevrotante et douce, l’explication qu’il n’avait cessé de répéter tout au long du jour.

- L’Asmodée ne doit pas convaincre un objet. L’Asmodée doit se convaincre elle-même. Entre sa volonté et cet objet, elle doit ôter ses doutes : ce sont eux qui empêchent toute action. Si la fille de la nuit prend pleine confiance en elle et surmonte ses peurs, elle aura pouvoir sur toute chose. Inanimée, d’abord. Puis vivante.
- Vivante ? s’exclama Dorcha. Vous ne m’aviez pas dit que…
- Qu’elle anéantisse ses doutes ! coupa Curson. Qu’elle ne tolère pas d’être son propre frein ! Si l’Asmodée travaille avec elle-même, plutôt que d’être son ennemie la plus farouche, ses rêves n’auront aucune faille. Elle sera alors pleinement ce pour quoi elle est née. Et l’Enfant l’accueillera à bras ouverts.
- Les yeux brillants, avec son grand sourire… murmura Dorcha, et l’image de Dorian lui revint plus nette que jamais encore auparavant.
- Ce vase se brisera parce qu’elle le veut. C’est tout. Aucun obstacle. Sa volonté est supérieure à tout. Il n’y a pas de questions à se poser. Il n’y a pas d’astuce, ni de trucs. La Glorieuse l’a décidé : alors le monde obéit immédiatement.

Dorcha soupira. Rien de nouveau. Il lui avait rabâché cela toute la journée. Elle se décida donc à arrêter d’ordonner intérieurement « Brise-toi, crétin de vase ! » sur tous les tons, et de passer à autre chose.

- Entre l’Asmodée et le vase, le seul obstacle est l’Asmodée, répéta encore Curson. Si l’Asmodée anéantit cet obstacle, alors la réaction sera instantanée, aussi sûrement que si quelqu’un exécutait ses ordres au moment même où elle les formulait.

Elle hocha la tête. « En gros, je vais devenir une télécommande universelle. C’est justement ce qui me manquait pour que ma vie prenne un sens. Grâce à cela, je vivrai dans l’allégresse et la béatitude jusqu’à la fin de mes jours.» Le petit vase blanc et bleu semblait la narguer, si fragile et pourtant entier, posé sur son socle ridicule, sur ce bureau idiot. Il suffisait qu’elle le veuille, et qu’elle y croie… Cela ne devait pas venir du vase, mais d’elle.
Ca ne dépendait que d’elle.
Entre l’Asmodée et le vase, le seul obstacle était l’Asmodée. Elle avait vu Curson le faire. Il n’y avait pas de trucs. Et elle aussi, elle en était capable, puisque… Puisqu’elle était l’Asmodée ! Tous ces gens, sous les fenêtres de Curson, l’autre jour ! Cette réception, avec les gens de la Haute qui la regardaient avec un respect craintif, toute cette déférence envers elle, la Glorieuse, la Clef, Celle qui Trouvera ! Elle se grisa quelques instants de ces souvenirs, du sentiment d’étourdissement que lui avait procuré la foule hurlant son nom, de la certitude de l’ascendant qu’elle possédait ici, non seulement dans les murs de Paymon, mais aussi à Byleth ! Dans tout Tanas ! Elle était l’Asmodée !
Et l’Asmodée telle qu’on la décrivait était belle, puissante et majestueuse ! L’Asmodée ne tolérerait pas qu’on lui résiste. Si Dorcha se mettait en travers de la route de l’Asmodée, avec ses doutes stupides de gamine mal dégrossie, alors l’Asmodée détruirait Dorcha !

« Brise ! » articula-t-elle clairement, d’une voix assurée, et le vase vola en éclats.

Curson s’approcha d’un air satisfait. Il regarda les morceaux de porcelaine, hocha la tête, et se tourna vers une Dorcha tremblante, incapable de réaliser ce qu’elle venait de faire. Il leva la main, et caressa doucement la joue de la jeune fille, avec une infinie tendresse. Quand il se recula, ses doigts étaient tâchés de sang. Surprise, Dorcha tâta son visage, et constata qu’une fine estafilade lui traversait la joue. Un morceau du vase, sans doute, en explosant… Elle avisa le petit banc de bois, et s’y laissa tomber avant que ses jambes ne se dérobent sous elle.

- Oui, approuva Curson en contemplant le sol. C’est bien cela, l’Asmodée a compris. Mais il nous reste du travail. La peau délicate de la fille de la nuit ne doit pas souffrir. Rien ne doit plus l’atteindre. Le matériel se domine. La matière vivante se travaille plus difficilement, mais les capacités de l’Asmodée sont infinies, et le vieux Curson s’incline devant son savoir immense et l’étendue de ses pouvoirs. Quelques minutes de repos pour son corps éprouvé, puis la Clef continuera.
- Est-ce vraiment moi, qui ai fait cela ? chuchota doucement Dorcha.
- L’Asmodée a brisé le vase… opina Curson.

Dorcha porta à nouveau la main à sa joue, et regarda rêveusement les perles de sang glisser lentement le long de ses doigts. « L’Asmodée a brisé le vase. » Elle y était enfin arrivée, alors. C’était possible. Elle l’avait réellement fait ! Elle était parvenue à surmonter ses doutes pour imposer sa volonté. Cependant… même en se le répétant, elle ne parvenait pas à s’en convaincre. Pourtant, c’était bien elle… Qui d’autre ?

- Yoda… On dirait bien que Luke commence à maîtriser la force, conclut-elle avec un petit sourire forcé.

_________________
Big Boss of the NGA
La langue française est une noble langue alors respecte-la, espèce de petit con!


Dernière édition par le Mer 8 Mar à 18:28, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Plume
Modératrice consciencieuse et infatigable
avatar

Nombre de messages : 207
Localisation : entre ici et ailleurs mais toujours là quand il faut!!!
Date d'inscription : 29/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 1 Mar à 21:04

Dorcha... C'est ma préférée... Je l'adore vraiment ^^

Par contre c'est peut être le côté obscur de la force

Encoooooooooooooore

_________________
Je suis pas un grand écrivain mais j'écris quand même... Et je vous lis toujours pour mon plus grand plaisir!!

Et heu aussi Antigone, Hiraeth et Torny, c'est quand la suite??? Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tornade
Plume active
Plume active
avatar

Nombre de messages : 201
Localisation : Là où commence le chemin de l'obscurité...
Date d'inscription : 16/11/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 1 Mar à 22:35

Ah tiens... en v'là une qui commente maintenant. La menace de pas voir la suite peut-être ? Mouahaha.

Bref... après avoir eu cette suite en exclusivité mondiale , je redis : j'adoooore les pensées de Dorcha !
Pis elle est forte en plus.

On en redemande.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Candleinthestorm

avatar

Nombre de messages : 589
Age : 35
Localisation : ENV-Alfort
Date d'inscription : 11/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 1 Mar à 23:11

Quelle innommable ignominie !

Profiter de mon absence pour poster la suite, tout ça pour que je sois pas le premier à commenter !

Eh bah BRAVO ! BELLE mentalité !

Puisque c'est comme ça, je vais réclamer la suite, tiens !

LA SUITEUUUUUUUUUUUUUUUUH !

_________________
UneBougieDansLaTempête, membre de la Nouvelle Génération d'Auteurs...



Les rues sont pleines de ces bonheurs que les gens trop souvent piétinent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fritesauvin.canalblog.com/
Hiraeth Dùnadan
Floodeuse en série
Floodeuse en série
avatar

Nombre de messages : 468
Age : 28
Localisation : les Terres Sauvages
Date d'inscription : 11/11/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Sam 4 Mar à 23:38

du même avis que Candle

pis d'abord je lirai pas la suite tout de suite na

_________________

"C'est en écrivant qu'on devient écrevisse" Hans Arp
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.perdu.com
eltrol
Grande plume
Grande plume
avatar

Nombre de messages : 128
Date d'inscription : 17/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mar 7 Mar à 23:17

Tiens, encore une qui passe son temps à râler et à trouver des excuses...Je l'aime bien Dorcha mais elle me rapelle trop de gens...
Perso, je trouve que le caractère de Gabriel est plus "réaliste".
Sinon, euhhhhhhh....La suite??(thème récurent)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Antigone
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 626
Age : 35
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 10/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 8 Mar à 2:54

Le caractère de Gabriel, plus réaliste? Tu pourrais expliquer pourquoi? (bah quoi je suis curieuse moi, c'est normal!).

Je suis mignonne, voilà déjà la suite...

***



- Ca ne s’arrête jamais ? grogna-t-il, tentant vainement de se protéger de la pluie.
- Je ne sais pas… Je ne suis pas d’ici, Gabriel, répondit Sécate.

Il ne s’était certainement pas attendu à subir les averses incessantes de la forêt, après le soleil meurtrier du désert. D’abord soulagé par la fraîcheur relative que leur procurait l’ombre des arbres immenses, et par la sensation de l’eau apaisant ses innombrables coups de soleil, il avait rapidement repris ses bonnes habitudes en maudissant le temps exécrable. Il était trempé de la tête aux pieds, et ses pantoufles boueuses faisaient un bruit de succion horrible à chaque pas. Comme l’avait espéré Sécate, la forêt était restée sauvage. Les branchages s’entremêlaient joyeusement sur le sol, et leur progression s’en trouvait plus que ralentie. Si les fées pouvaient voleter au-dessus des troncs affaissés, il n’en était pas de même pour lui, et il dut subir plus d’une fois les sarcasmes d’Atyda tandis qu’il escaladait difficilement les obstacles, s’éraflant aux ronces, dérapant sur l’écorce rendue dangereusement glissante par les averses.

- Eh ! Les filles ! Enfin, les fées… enfin… oh et puis merde, eh, vous deux ! cria Gabriel en se relevant une fois de plus après une chute supplémentaire, couvert d’épines.
- Qu’est-ce qu’il a encore ? soupira Atyda en levant les yeux au ciel depuis la branche sur laquelle elle s’était perchée.
- Et si on s’arrêtait ici pour la nuit ? Le coin est plus ou moins sec avec les arbres qui nous protègent de la pluie et… et je suis crevé, moi !
- D’accord, approuva précipitamment Sécate avant qu’Atyda ne puisse dire quoi que ce soit. Le soleil se couche déjà, de toute façon. Nous n’irons pas plus loin aujourd’hui.
- Si on s’arrête, c’est certain, nous n’irons pas plus loin aujourd’hui, marmonna Atyda. Eh ! Sécate ! Tu crois qu’il y a des Daïkinis dans le coin ?
- Il devrait y en avoir dans l’arbre là-bas… enfin je crois.

Gabriel se laissa tomber au pied d’un arbre, le corps entier endolori, peu désireux de savoir ce qu’étaient des Daïkinis. Tout ce qu’il voulait, c’était s’allonger, et dormir. Les Daïkinis, c’était sans doute encore des emmerdements en perspective. Rien de moins. Ca attendrait bien demain.
Sans demander son reste, Atyda avait filé jusqu’à l’arbre désigné par Sécate, poussant des petits glapissements joyeux qui rappelèrent à Gabriel une basse-cour à l’heure de la distribution du grain. Avec un soupir, il se redressa afin d’aller prêter main forte à Sécate, occupée à consolider une espèce de toit en branchages.

- C’est bon, laisse faire, dit-il en approchant. J’ai fait de la colo.
- DLAKOLO ! glapit Atyda au loin avant d’éclater de rire.
- Bien. Je vais tâcher de trouver des branches moins imbibées, alors. On parviendra peut-être à faire du feu. Tu as froid.
- Bof, dit-il en haussant les épaules, mais ses dents qui s’entrechoquaient ne lui permettaient pas de s’aventurer à jouer les héros indifférents à la météo.

Sécate lui adressa l’un de ces lumineux sourires dont elle avait le secret, et s’enfonça dans les profondeurs de la forêt. Plein de bonne volonté, Gabriel s’arma de courage pour terminer le pseudo-toit. Le soleil dispersait ses derniers rayons à l’horizon, et dans l’ombre du crépuscule les arbres prenaient une allure menaçante qu’il ne leur avait pas soupçonnée. La forêt résonnait de mille bruissements. La pluie s’égouttait lentement sur les feuilles, et les branches lourdes du poids de l’eau craquaient bruyamment de temps à autre, répercutant leur écho impressionnant au cœur des profondeurs inexplorées.
Dire que Gabriel n’était pas très rassuré aurait été un euphémisme. Il tendit l’oreille quelques instants, secoua la tête comme pour chasser ses craintes, et se hâta de terminer la construction de l’abri sommaire.
Plutôt oppressant, ce silence mêlé de craquements.
Il déglutit. La pénombre augmentait en même temps que son angoisse, et il se demanda avec inquiétude ce qu’il adviendrait de lui si les fées ne le retrouvaient pas. Il n’avait strictement aucune envie de passer la nuit seul, ici. Quelles bêtes pouvaient bien rôder dans les parages… Qu’est-ce que c’étaient, des Daïkinis, au juste ? Il risqua quelques pas dans la direction où s’était éloignée Sécate, et l’appela faiblement… sans obtenir de réponse. Quelques dizaines de mètres plus loin, une branche cassa et s’abattit lourdement sur le sol, causant l’envol d’une nuée d’oiseaux aux piaillements qui sonnèrent, pour Gabriel, comme un avertissement.

- Sécate ? appela-t-il à nouveau, un rien plus fort, mais seul le silence de la forêt lui répondit.

Il retourna sur ses pas, le front bas, et s’adossa à un arbre, tentant de ne pas se laisser envahir par la panique. « Qu’est-ce qu’il t’arrive, mon petit Gaby ? Peur d’une attaque d’arbres mutants ? Attention, une feuille, elle pourrait être dangereuse, elle tombe droit sur toi, cours ! Tu n’es qu’un crétin, mon petit Gaby. C’est une bête forêt inoffensive. Elles vont bientôt revenir te casser les pieds, et tout rentrera dans l’ordre. Si on peut parler d’ordre, bien entendu. »
Il en était là de ses réflexions quand la flèche siffla à son oreille. Elle lui érafla l’épaule, clouant son t-shirt trempé au tronc du chêne contre lequel il s’appuyait. Trop terrorisé pour hurler, il leva des yeux démesurément agrandi sur l’archère qui se tenait devant lui.
Son front haut et dégagé lui donnait un air extrêmement digne, et les yeux bruns, froids et calculateurs, l’immobilisèrent plus que ne l’avait fait sa flèche. Gabriel lui attribua mentalement une trentaine d’années, trente-cinq tout au plus, avant d’arrêter brusquement le jeu des devinettes quand il vit la main de la femme s’emparer d’une autre flèche dans son carquois. Elle se gratta pensivement la tête à l’aide de l’empenne de la flèche, semblant réfléchir à sa destination la plus sensée, puis banda son arc.

- Eeeeeeh ! réussi à protester Gabriel d’une voix étouffée.

La femme détendit son arc, son visage exprimant la surprise la plus complète.

- Tu parles ? demanda-t-elle d’une voix étonnée.
- Oui ! Eh ! Fais pas le con ! gémit Gabriel, toujours incapable de hurler, ses yeux exorbités fixés sur la pointe menaçante de la flèche. Il se débattit, espérant se détacher, mais une deuxième flèche, décochée avec une précision hallucinante, réserva à son épaule gauche le même sort qu’avait déjà connu la droite.
- Ca n’a aucune importance, ajouta paisiblement l’archère. Cela ne change rien, ni pour toi, ni pour moi.
- Eh ! oh ! Attends, merde ! protesta-t-il vivement en la voyant s’emparer d’une autre flèche. Qu’est-ce que tu fais ?
- Je te vise, répondit-elle laconiquement. D’autres dernières questions ?
- Atteeeeeeeeeends… gémit-il, tentant une fois de plus de se libérer, mais les flèches profondément fichées dans le bois ne lui permirent pas de se sauver.
- Y’avait pas de Daïkinis, en fin de compte, l’informa Atyda en se posant avec douceur entre lui et l’archère folle.

Gabriel poussa un tel soupir de soulagement qu’il eut l’impression d’expulser la totalité de sa capacité pulmonaire. Il ne l’avait pas vue arriver, mais ça n’avait aucune importance : elle était là. Elle allait l’aider. Elle allait expliquer qu’ils voyageaient ensemble, et qu’on ne pouvait pas le clouer sur les arbres comme un vulgaire écritoire.
Atyda tordit longuement sa longue chevelure miel gorgée de pluie, secoua la tête, et daigna enfin remarquer la présence de l’inconnue, qu’elle rejoignit d’un pas tranquille. Elle la dévisagea, la contourna, observant le carquois, les flèches et l’air farouche de la femme, puis s’installa à ses côtés.

- Tu fais quoi ? demanda-t-elle avec un calme qui inquiéta Gabriel.
- Je vise, répondit l’archère sur le ton de la conversation.
- Oh, répondit Atyda. Et tu comptes viser quoi ? La gorge, ou plutôt la tête ?
- Eh bien, réfléchit-elle en baissant son arc, il y a deux écoles à ce sujet. L’une d’elle recommande de viser proprement entre les deux yeux, ce qui est un gage d’éducation et de performance ; mais l’autre affirme que la mort est beaucoup plus divertissante une fois la carotide sectionnée proprement, ce qui demande un entraînement très poussé également…
- Eeeeeeeh ! protesta à nouveau Gabriel, que la panique avait définitivement repris.
- Alors qu’est-ce que tu comptes faire ? Il va falloir choisir, observa poliment Atyda.
- Entre les deux yeux, répondit-elle en relevant à nouveau son arc. C’est un exercice intéressant, parce qu’il met à l’épreuve la capacité à viser correctement. Il faut que la symétrie soit parfaitement respectée.
- Oh, d’accord. Je peux regarder ?
- Je t’en prie.

Gabriel cessa d’espérer quand l’arc se tendit une nouvelle fois. Les mains sagement nouées dans le dos, Atyda observait le spectacle, ses yeux courant de la flèche à Gabriel, comme pour évaluer l’exactitude de la future trajectoire. Au bout de quelques secondes qui lui parurent durer une éternité, l’archère afficha un petit sourire satisfait, et lâcha la corde.
La flèche siffla vers Gabriel en tourbillonnant.

- STOP ! hurla Sécate, et la flèche retomba sur le sol comme un morceau de bois mort.

Tous les quatre gardèrent le silence pendant quelques secondes : Gabriel, essoufflé, Atyda, visiblement déçue qu’on ait gâché la démonstration, Sécate hébétée, et l’inconnue, affreusement contrariée.

- Comment as-tu arrêté ma… Oh. Je vois. Une fée, observa la femme.
- Ne tire pas sur Gabriel ! aboya Sécate en libérant le jeune homme de son arbre.
- Eh ! tu lui as parlé ! s’exclama Atyda. Normalement tu ne parles qu’à moi !
- C’est quoi, Gabriel ? grinça l’inconnue. Ce truc-là ?
- Je ne suis pas un truc ! protesta-t-il en se retranchant derrière Sécate, au cas où.
- Tu es un homme, c’est pareil, cracha-t-elle pour toute réponse.
- Oh ! fit Sécate dans un éclair de compréhension. Tu es une amazone, c’est ça.
- Sherilane. Guerrière amazone. Marpessa.
- Oh ! fit à son tour Atyda.

Les fées sourirent à celle qui disait s’appeler Sherilane, et elle leur répondit par un signe de tête. Toujours caché tant bien que mal derrière Sécate, Gabriel ne put s’empêcher d’observer :

- Dites donc, elle essayait de me tuer !
- Gabriel… soupira Sécate. C’est normal. C’est une amazone.
- Est-ce que tu manges avec nous ? bondit Atyda. Dis ouiiiiiiii…
- Normal d’essayer de me tuer ?
- Faites taire cette chose, et je reste.
- Youpiiiiiiiiiiiiiiiiie ! s’exclama Atyda, et une nouvelle nuée d’oiseaux s’envola en piaillant dans le ciel toujours bas.

_________________
Big Boss of the NGA
La langue française est une noble langue alors respecte-la, espèce de petit con!


Dernière édition par le Mer 8 Mar à 18:27, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Candleinthestorm

avatar

Nombre de messages : 589
Age : 35
Localisation : ENV-Alfort
Date d'inscription : 11/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 8 Mar à 10:06

Pauvre, pauvre Gabriel !
Et puis quelle peste cette Atyda !

Décidément, tu n'arrêteras jamais de nous surprendre ! On ne sait jamais à quoi s'attendre !

Bravo ! BELLE ment...

Ah béh non, BRAVO tout court !

Enfin, j'aime toujours autant !

_________________
UneBougieDansLaTempête, membre de la Nouvelle Génération d'Auteurs...



Les rues sont pleines de ces bonheurs que les gens trop souvent piétinent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fritesauvin.canalblog.com/
Tornade
Plume active
Plume active
avatar

Nombre de messages : 201
Localisation : Là où commence le chemin de l'obscurité...
Date d'inscription : 16/11/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 8 Mar à 12:55

Coooooooool ! Une Amazone ! Very Happy

N'empêche, c'est clair qu'elle est vache Atyda. ^^

Bon bah... j'en veux encore.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hiraeth Dùnadan
Floodeuse en série
Floodeuse en série
avatar

Nombre de messages : 468
Age : 28
Localisation : les Terres Sauvages
Date d'inscription : 11/11/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Dim 19 Mar à 12:01

bon heu, ai lu la suite la semaine dernière mais ai pas eu le temps de commenter, et qu'elle ne fût pas ma déception ce matin en voyant qu'il n'y avait pas de suite !



allez, on la veut cette suite

_________________

"C'est en écrivant qu'on devient écrevisse" Hans Arp
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.perdu.com
eltrol
Grande plume
Grande plume
avatar

Nombre de messages : 128
Date d'inscription : 17/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Lun 20 Mar à 19:13

Pour ma part, je te remercie Hiraeth vu que je n'avais pas vu qu'il y avait une suite..
Antigone, j'entends par "réaliste" le fait que je connais des gens comme Gabriel... mais aucun comme Dorcha, il ne faut pas chercher plus loin!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 26 Avr à 23:14

Bonsoir.
J'ai débarqué par hasard sur votre site dans lequel je me balade depuis quelques jours.
Appâté par le nombre imposant de posts consacrés à ce texte, j'en ai imprimé 14 pages (arial, police de 10 Smile ), une fois supprimé les commentaires (tous dithyrambiques ce qui en général ne présage rien de bon..), pour voir ce que ça donnait.
Et bien, c'est joliment écrit, plutôt maîtrisé mais (ohhhh, la putain de conjonction qui non contente d'être de coordination n'en est pas moins extrêmement anxiogène!).............................................................
ça me donne envie de le refiler à mon gamin de onze ans qui risque d'être le seul de la maison à y trouver matière à préoccupation.
J'interviens parce que je trouve que ça fait très talent gaché.
L'Héroïc Fantasy, c'est bien sûr Tolkien mais x'est aussi Jack Vance et... c'était fort enthousiasmant il y a 50 ans. Qui plus est, si on décrypte les romans de l'époque, on voit bien comment des préoccupations politiques pouvaient se faire jour à travers un genre qui était formellement inattaquable.
Là, c'est un peu Barbara Cartland au pays d'Avalon (nooonnnn , pas sur la têette !!!! ).
Pour être plus aimable, disons Marion Zimmer Bradley ce qui, finalement, n'est peut-être pas beaucoup plus gentil

Bon... pour faire court...
A moins de souhaiter se spécialiser dans la littérature pour ados (mais là, je colle peut-être le pied là où il faut pas (oui, le "ne" n'est pas là) car j'ai le sentiment de faire figure d'ancêtre), il me paraît essentiel de s'ancrer dans la réalité.
Homère raconte son époque, Shakespeare aussi, les contemporains (si si, j'ai les noms) aussi.
Bien sûr, il y a des ovni : Pinocchio, Peter Pan, Alice, Le petit prince, etc... mais peu de gens sont au niveau de Collodi, Barrie, Caroll ou Saint Exupery.

J'ai très peu fouillé, faute de temps, votre site mais j'y ai lu des choses inexcusables, ce que je m'attendais à y trouver par habitude.
Par contre il est dommage de ne pas se rendre compte de ses fourvoiements et de laisser s'enliser ne serait-ce que le soupçon d'un talent.

Je m'excuse si je vous ai froissé et auquel cas je ne reviendrai plus.
Sinon à bientôt.
Revenir en haut Aller en bas
Antigone
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 626
Age : 35
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 10/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Jeu 27 Avr à 0:30

Oh mais je ne me spécialise ni dans la littérature pour ados, ni dans la littérature tout court! Wink

J'écris parce que j'en ai envie, parce que cette histoire me plaît avant tout (à croire que j'ai réellement un niveau mental pré-ado!). Après, si par bonheur elle plaît à d'autres, tant mieux! Mon but dans la vie n'est pas d'être éditée et de devenir riche, célèbre et d'avoir un super yacht (enfin bon si vous voulez y contribuer vous pouvez, j'accepte aussi les Visa Mr. Green ): j'aime écrire parce que j'aime me raconter des histoires, et j'aime me raconter des histoires parce que j'aime me faire plaisir.

Quant au fait de s'ancrer dans la réalité... quelle triste constation! Le monde n'a jamais autant eu besoin de rêver. Cela ne vous convient pas, et j'en suis désolée: mais certains aiment, et rêvent grave à ces quelques mots.

Je continuerai donc à gâcher le relatif soupçon de talent que vous daignez me trouver, parce j'en ai envie, tout simplement!

En ce qui concerne Barbara Cartland... je vous invite à la relire afin d'établir une comparaison plus pertinente! Tout comme à étendre la conception d'une époque à d'autres auteurs qu'Homère, Shakespeare et, qui d'autres... Dickens, sans doute?

Décanonisez-vous, ça ne risque jamais de faire de mal! Wink

Merci d'avoir tout de même pris le temps de lire et de commenter, et n'ayez crainte de me froisser: j'ai l'amidon qu'il faut.

_________________
Big Boss of the NGA
La langue française est une noble langue alors respecte-la, espèce de petit con!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tornade
Plume active
Plume active
avatar

Nombre de messages : 201
Localisation : Là où commence le chemin de l'obscurité...
Date d'inscription : 16/11/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Jeu 27 Avr à 0:51

Littérature pour ados. Ca ne veut rien dire. Pour prendre un exemple assez d’actualité, disons Harry Potter. De la littérature pour enfants au départ, n’est-ce pas ? Mais cette série n’a-t-elle pas attiré nombre d’adultes également ? On ne peut pas toujours entrer dans une catégorie, des fois le « tous publics » existe aussi.
Et le talent… qui sommes-nous, après tout, pour juger de la grandeur du talent de quelqu’un ? De simples lecteurs. On aime ou on n’aime pas. Dire qu’ici Antigone gâche son talent, je ne trouve pas ça très juste. Elle a tout de même quelques adeptes, qui suivent l’avancée de Ta’am. Peut-être que ça lui suffit. Alors elle ne gâche pas son talent. Elle le met à contribution d’un petit public. Son petit public.

Homère écrivait des récits mythologiques, Shakespeare était un grand poète. Ici on écrit pour le plaisir. Rien à perdre, tout à gagner. Y a-t-il un mal à ça ?

On a parfois la critique facile. Mais montrez-nous donc ce que vous savez faire, afin que l’on puisse suivre l’exemple. Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Candleinthestorm

avatar

Nombre de messages : 589
Age : 35
Localisation : ENV-Alfort
Date d'inscription : 11/10/2004

MessageSujet: Re: Ta´am   Jeu 27 Avr à 6:34

ON VEUT TOUT SAVOIR!

Bah oui quoi! Si ya des fautes inexcusables, nous le dire, c'est bien gentil, mais ne pas nous les montrer, c'est un petit peu nul, tout de même! Pour que ça ne verse pas dans la critique bête et méchante mais pour qu'au contraire ce soit didactique, autant nous dire quelles erreurs inexcusables nous avons faites, selon vous.

Comme ça, peut-être qu'on ne les fera plus ensuite...

Wink

_________________
UneBougieDansLaTempête, membre de la Nouvelle Génération d'Auteurs...



Les rues sont pleines de ces bonheurs que les gens trop souvent piétinent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fritesauvin.canalblog.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Ta´am   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ta´am
Revenir en haut 
Page 9 sur 10Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nouvelle Génération d´Auteurs :: Les textes de la NGA :: Projets de romans-
Sauter vers: