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 2eme extrait

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Skid
Plume déliée
Plume déliée
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MessageSujet: 2eme extrait   Mer 6 Avr à 16:58

encore un peu des idées du cana*bip* éhéh

Nous étions maintenant une centaine de « Pacifistes Par la Force »(P.A.W.). L’un d’entre nous, ancien secrétaire, avait rempli les formalités de création de syndicat. Au départ la masse ne se souciait pas de nous mais notre zone d’action était semblable à une tâche d’huile vue d’avion ( ou à un avion vu de la tache d’huile). Petit à petit le message passait et le commandant arrêta même de cracher sur la foule en délire, pour nous attendre. Au dernier moment il fut décidé, à la manière démocratique, qu’il valait mieux donner la place de délégué à un ancien militaire. C’est ainsi que je fus mis à l’écart, relayé au poste de bouclier-missionnaire. De là où j’étais je ne pus qu’entendre par bribes la discussion et n’en fus pas du tout satisfait : « nous en avons assez de payer les chômeurs » un trou puis il était question de « cacahuètes » encore un trou « mes baskets me grattent les pieds le dimanche quand je regarde ça s’ discute, c’est agréable » ce ne devait pas être cela. Soit, que des balivernes ! Le temps décida que s’en était assez de toutes ces simagrées, un clairon se fit entendre puis le Commandant Illustre exécuta quelques signes de la mains et tous partirent avec lui. Après quelques minutes d’attente au milieu du troupeau je pus respirer. Ils suivaient l’avenue. Avec la tombée de la nuit une horde de loups en uniformes de police les avaient rejoints, postée au quatre coins de la formation. Les plumes du colibris parsemaient la rue colée aux flaques de sang coagulées. Je pus les remarquer car bizarrement il ne restait rien d’autre, aucun cadavre, sauf celui du maraîcher-jardinier qui avait trop bronzé –c’est du moins ce que l’on me dit inconsciemment. J’étais là, debout tout transpirant, ma peau fumant au contact de l’air frais, qui était en train de virer l’air chaud en criant « allez ! allez ! c’est fini la fête , c’est la nuit maintenant il fait froid ». J’étais hors d’haleine. Je fixais ce pauvre Jardinier qui me rappelait la belle horticulture dont le goût sucré imprégnait encore ma bouche et finalement ma face devenait grave en pensant à toutes les morts qu’elle avait causé. Si elle n’avait pas reculé, je n’aurais pas ajusté le contraste et je ne l’aurais pas calée sous ma langue puis amicalement mâchouillée, elle n’aurait pas étouffé le colibri et il ne se serait pas fait déchirer par le Commandant avec elle en même temps. Tout ça était clair mais pourquoi ? Au final il valait mieux se contenter d’être intacte, alors je me parlai à moi-même et à haute voix comme pour avoir une vision de l’ampleur de mon exclamation : « C’est tout de même bizarre » et une autre voix, grinçante elle, me coupa dans ma remarque « C’est vous qui êtes bizarres » un vieux troll voûté à la posture nerveuse qui se déplaçait par dandinements délicats avec des souliers dorés, de sorte à ne pas être remarqué. Pourtant je le voyais sur ma droite : il portait une veste à queue de pie qui dégageait comme des flatulences de clavecin à chacun de ses pas. Il avait même une escorte de Minotaures en tenue de cuir. « Je … je parlais du défilé, c’est étonnant, il y a eu un temps de silence avant qu’il ne commence. D’habitude il sont vraiment immédiats. » son regard se fronça, il fit mine d’être intéressé et se pencha en avant « Quel défilé ? celui du 14 juillet ? il se peut que mon grand père fût en train de porter le drapeau, il n’avait pas le droit mais chaque fois il se fabriquait un costume et s’incrustait » puis il regarda le sol, comme pour effectuer une manœuvre difficile se mit sur la pointe des pieds et avança en pas chassés bien ras du sol suivi de son cortège de croches .Il sortit une loupe pour me reluquer comme si quelque chose n’allait pas entre mes deux yeux. « vous avez de l’acné » « j’ai fini mon paquet il y a pile un an dis-je avec un sourire triomphant que je fus le seul à pouvoir comprendre, enfin… pourquoi cette question ? » Il trifouilla sa barbe, peut-être pour se moquer de moi, ou peut être pour y prendre quelque chose mais ses mains sortirent vides. Ses yeux, eux s’étaient remplis et il ajouta d’un ton solennel « j’ai un tour de magie fait pour vous. » puis recula. Il se mit à exécuter une suite de gestes obscènes, comme ceux qui font la renommée de nos chanteuses pop favorites. Au fil de sa démonstration de « hip hop new school » je plongeais dans une sorte d’hypnose partielle et mes sens se trouvaient relaxés en même temps que mes muscles. En une demi parcelle de seconde qui vint interrompre mon bref sommeil comme un crochet dans le ventre, je perdis l’équilibre. Quand je fus à nouveau debout, et qu’il me regardait tête penché regard agressif : je ne pouvais rien dire « voyez vous ce tour a pour vocation de faire voler quiconque en sera le spectateur et vous, vous tombez ! c’est frappant mais je m’y attendais, vous devriez surveiller votre karma quand vous allumez la télévision- c’est sur la chaîne 2983- sans quoi je ne donne pas cher de votre place au cimetière. Savez vous que les fantômes viennent des fausses communes ? déjà vous êtes un de ces exclus et, en plus, vos joues se creusent… vous finirez par prendre ma place » « qu’est-ce que le cimetière vient faire ici ? » il se fit plaisir avec un dernier coup de pied dans mon ventre, profitant de mon ivresse, puis il parti en courrant avec ses potes minotaures qui étaient resté calme vu que j’avais rien fait. Il sautillait et chantonnait « balou est un boulet qui balaie les baleines de la surface de la planète… » Quand il fut trop loin pour que je le distingue dans la pénombre, il me cria ceci : « demandez à la pluie » puis il émit un long ricanement morbide qui se mélangea avec le tonnerre. Ironiquement je souris lorsque la première goutte me heurta le visage. Le temps que je me relève à nouveau, il se mit à pleuvoir des chiens et des chats et mon jean commença vite à coller désagréablement à ma peau. Je courus me réfugier sous l’abris bus le plus proche que j’avais au préalable repéré. Il se démarquait, avec sa lumière jaune, du brouillard provoqué par la rencontre de l’eau et de l’asphalte que le froid n’avait pas eu.
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