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 Je te tuerai mais moi d'abord

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Skid
Plume déliée
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MessageSujet: Je te tuerai mais moi d'abord   Mer 17 Aoû à 17:56

Qu’est ce que je fous ici, dans cette foutue guerre. Pitié je ne veux pas mourir… pas avant de m’être tué. Je ne veux pas que ce bout de pierre qu’ils planteront au dessus de mes restes, soit effectivement ma tombe. je la voulais invisible, transportée au gré du vent, je voulais qu’elle passe entre les oreilles des jeunes gens en formation, qu’elle se niche dans les bouches fraîches des femmes libres. Au lieu de ça je la vois dans mes rêves, inspecter ce champs désert dans lequel nous sommes incarcérés, tâter la croûte de pierre comme pour s’y lover telle une chatte, marquer son territoire, loin à l’ouest, plus prés au sud, jusqu’à la bordure de ce village que nous avons détruit, pillé... Qu’ils ont détruit pillé ; vers sa source, qu’ils ont souillé.
Il reste des rebelles au Nord, un campement camouflé prés d’une falaise, que nous avons repéré la nuit précédente. S’ils n’avaient pas fait les mêmes saloperies que nous je les aurai rejoins à coup sûre, mais la cause noble de leur combat, leur fait oublier le but que tout homme sensé devrait y voire. Notre but à nous, il est d’imposer notre sens impure ! Et me voilà en train de le défendre, de vivre à travers une de ces bandes majoritaires qui me dénigraient dans la cour d’école. Ils me fournissent de la haine, des pierres et des cigarettes. La haine est censée m’aider à projeter les pierres, et les cigarettes, à attendre les ravitaillements. Ils nous consument à petit feu, et déjà certains ne possèdent plus que l’urne qui contient leurs cendres, en attendant une inhumation future. La vie est un long combat, mais lorsque la guerre vient l’infecter, la lutte devient trop rude. Un jour, fatiguée de sa vigilance, elle se laisse corrompre, et les remparts qu’elle s’était érigés se fissurent. Alors le mal la ronge, comme il ronge nôtre monde, enfin… de manière plus franche. Mais un monde endormi résiste mieux à la maladie, qu’une conscience éveillée. Mon esprit malade, je ne dors plus . insomniaque, en état de veille permanent, je ne me serais jamais cru capable de cela. Dans l’exploit comme dans l’horreur je me surpasse. J’ai tué, maman. Il me semble que c’est à toi qu’il faut que je le dise, car seule toi pourra me comprendre. J’ai tué un homme comme un homme a failli me tuer, et j’ai causé la peine d’une mère pareille à toi. Aucun juge ne voudra m’entendre, moi-même je ne veux pas me croire, mais toi tu le pourras. Je n’avais pas le droit, Partout dans ma tête il est placardé que je n’ai pas le droit. J’y penserai tous les soirs où je ne me coucherais pas, c’est tout ce que je mérite.
Nous partons vers le campement ennemi dans peu de temps, je vais devoir « sécuriser » les alentours, ils me traîneront devant d’autres hommes que je devrais tuer si je veux survivre… et ça je le veux, avec la volonté d’un mort traînant son cadavre à travers les enfers, en espérant rejoindre l’éden. Piètre éden quand j’y pense. Mais je ne devrais pas penser contre moi, en ces temps où tant de chose sont contre moi. Alors j’irais, je vous le promet, juré craché sur les fesses dénudées de ma sainte patrie la prostituée qui vit de jour comme de nuit. Ici, même avec un soleil de plomb sur le dos, j’ai du mal à percevoir à travers la pénombre. Il est bien là arrogant dans le ciel, mais il n’aide plus les plantes à croître, ils les carbonise en un rayon. Je me sens salement seul, pire que les autres, ces compagnons de misère. Je crains même qu’il ne me vienne un jour à l’esprit un serpent si malin qu’il flattât mon mépris jusqu’à me forcer à en tuer un. Je résisterai.
Je quitte la tourelle et ces chanceux qui y resteront pour surveiller. Je rejoins la cour intérieure du camps, où tout le monde se prépare, au repos. Certains rigolent, en se référant à des choses qu’ils avaient laissé chez eux. Comment peuvent ils ? D’autres comme moi ont le visage blême, et comme moi ils dissimulent derrière leurs montagnes de soucis des vallées entières de subjectivité plus ou moins densément peuplée . Mais la plupart ont fait abstraction de leur respect, dés lors qu’ils sont sortis de ce camp en pensant que mon regard inquisiteur n’aurait pas pu les suivre jusque dans le désert. De toute façon je n’ai fais qu’observer, moi même perverti...
Je pleurs. C’est une chose qui ne m ‘était pas arrivée depuis pas mal de temps. Oui le contraste entre la douceur sombre des tourelles et la violence du soleil, a troublé ma digestion, et mes yeux gonflés comme des éponges ont faillit. Heureusement un réflexe conditionné m’a permis de me les essuyer vite fait bien fait, histoire qu’aucune de ces hyènes au regard fuyant ne m’aperçoive, aussi fragile que je voulais bien le croire -puisque réagissant ainsi. Le colonel entre dans la cour, et nous nous mettons tous au garde à vous en un éclaire. Je trouve en ces quelques moments d’asservissement spontanés, de bonnes occasions de rire de ma nature, tout en l’exécutant. un maigre salaire pour quelqu’un qui risque sa vie. Certains ne le perçoivent même pas, soit ! dans ce cas ils vivent de très peu et c’est un luxe. J’aurais bien écouté ce que le capitolandant avait à nous redire pour la 10eme fois mais une pensée aguicheuse a interféré. Une bonne raison de gueuler comme un bouc qui s’auto mutile. Voilà, selon moi, en ce moment précis, il aurait fallu fondamentalement revoir les critères de recrutement de l’armée. En effet comment osaient-ils encore envoyer des jeunes à la guerre. Je veux dire que pour ce genre d’affaires, un homme mûre étaient bien plus apte qu’un prototype d’homme. En même temps c’était une terrible chance que de voire cela pour qui en réchapperait. Un prise de contacte, à vrai dire un peu violente, mais ô combien efficiente, avec la vie. L’épreuve du feu. La table d’épine. Aucun pèlerinage n’aura été imbibé d’autant de sang et de souffrance, après cela je n’aurais plus qu’à attendre en paix que la mort me prenne.
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Flo
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MessageSujet: Re: Je te tuerai mais moi d'abord   Mar 23 Aoû à 23:04

c'est pas mal du tt, une réflexion sur l'idiotie de se retrouver bloké dans un conflit qui ne nous regarde pas. C'est pas assez violent à mon gout ni très nouveau comme réflexion, mais ca passe bien. Puis le style est plaisant. Ca me fait penser à "paroles de poilus" vite fait, la réfléxion d'un des poilus, auteur du grand meaulne, son nom m'échappe. Voila voila voila, sinon Victor va bien?
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Antigone
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MessageSujet: Re: Je te tuerai mais moi d'abord   Mar 23 Aoû à 23:17

Alain Fournier...

*C'était un message du confiture time, dont nous vous rappelons la devise: la culture, c'est comme la confiture: moins on en a, plus on l'étale!*

(je vous jure je recommence bientôt à lire et à commenter... me frappez pas...)

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Big Boss of the NGA
La langue française est une noble langue alors respecte-la, espèce de petit con!
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Flo
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MessageSujet: Re: Je te tuerai mais moi d'abord   Mar 23 Aoû à 23:50

merci merci

*message de ceux qui ont un brin de culture mais qui se rappellent jamais des noms d'auteurs*
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MessageSujet: Re: Je te tuerai mais moi d'abord   

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