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 La fille sur la balançoire.

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MessageSujet: La fille sur la balançoire.   Jeu 5 Jan à 14:41

J'ai enfin retrouvé mes cartons... C'est un peu long... mais je ne savais pas si je devais continuer ou m'arrêter... donc je vous le livre tel quel... j'espère que ça vous plaira tout de même...


La fille sur la balançoire…


Il faisait froid ce matin, un froid sec et quand le vent soufflait, ça glaçait le sang jusqu’aux os. L’hiver commençait bien tôt cette année, la neige ne tarderait pas dans son long manteau blanc, recouvrant tous les alentours et restant vierge jusqu’au printemps. Pour le moment, le gel était là tous les matins, c’était tout ! Les gens vaquaient toujours à leurs occupations, non par choix mais par nécessité… Et puis, il y avait, elle, cette petite fille, assise, là, sur une balançoire ; elle regardait passer les gens et elle leur imaginait une vie…

Celui-ci passait avec une baguette à la main, il revenait sûrement du travail, un célibataire sans doute. Tiens, lui, avec ses grandes cisailles, ce devait être un jardinier ou alors un tueur psychopathe, pourvu qu’il ne la regarde pas… Une dame bien coiffée et maquillée, en tailleur, sûrement une secrétaire ou bien une PDG d’une grande société… En fait ils pouvaient tous être plusieurs choses et rien de ce qu’elle imaginait n’était sans doute vrai. Elle aimerait leur demander une fois, juste une fois, pour voir si elle avait juste au moins pour une personne.

Mais les gens passaient et repassaient, sans jamais ni s’arrêter ni la regarder non plus. Elle, elle s’en foutait des gens, seule la vie lui importait : voir chaque jour le soleil se lever, pouvoir vivre et voir le monde. Elle pensait comme ça depuis toujours, peut être parce qu’à son âge elle avait déjà tant vécu et tant souffert…

Elle ne m’en voudrait pas si je vous racontais un peu son histoire…



Elle est née il y a seize ans de cela dans un hôpital de la ville, son père et sa mère l’attendaient depuis longtemps déjà : leur premier enfant ; un enfant voulu, désiré, souhaité et qui s’est tellement fait attendre. Tant et si bien qu’ils ont fait appel à un médecin spécialiste des techniques de fécondation in vitro. Et voilà qu’elle était née avec même un peu d’avance, comme pressée de se montrer au grand jour… 2,350 kg pour 45 cm, elle était petite et menue, mais tout ce qui comptait était son existence et la joie immense qu’elle procurait à ses parents. Ils l’aimaient tant !

Sa mère s’occupait plus d’elle jour après jour, elle avait quitté son travail et son père avait aménagé son temps de façon à être le plus possible auprès d’elles deux. L’Amour qui les unissait, remplissait toute leur maison et leurs cœurs.

Les années passèrent mais elle restait petite… Un truc hormonal, leur avaient dit les médecins. Et puis un matin, elle eut une forte fièvre, si forte qu’elle ne put se lever. Ses parents affolés l’emmenèrent le plus vite possible à l’hôpital le plus proche. Elle y vit les plus grands spécialistes et fut soignée. La douleur était présente chaque instant mais son jeune corps résistait. Elle voulait vivre et même quand on a dix ans, on se bat aussi fort que l’on peut. Ses parents la veillaient constamment se relayant, nuit après nuit, semaine après semaine, mois après mois, année après année… Leurs nerfs tenaient bons et leurs espoirs aussi ; pourtant rester devant son enfant alité et souffrant, doit être un calvaire à vivre…

Et puis l’année de ses seize ans enfin, elle reprit enfin des forces et son corps se gorgea de vie à nouveau. La joie immense qu’elle lut dans les yeux de ses parents, la remplissait comme si les années passées allongée dans les locaux tout blanc de cet hôpital, lui avait retiré l’amour au fond de son cœur.

Elle avait tout un tas de médicaments à prendre, tous les jours, mais elle était en vie alors peu lui importait de se lever à l’aube pour prendre un nombre incalculable de pilules roses, blanches et bleues… Et puis du coup, elle n’allait plus à l’école… De toutes façons, elle n’avait plus rien en commun avec ceux de son âge. Quand on a frôlé a mort, même enfant, on sait que la vie n’est pas vraiment ce qu’elle semble être.

Elle lisait beaucoup et de tout… Elle passait des heures entières à écumer les sites littéraires du net, afin de trouver quoi lire. Elle dévorait tout, sous le regard amusé et dépassé de ses parents, qui se demandaient comment une si petite tête pouvait être pleine de toute cette culture : une mini-Einstein au niveau littéraire. Et puis elle s’était mise à écrire aussi, au début ce n’était que pour passer le temps et pour sortir de sa tête ce qui lui restait de son expérience hospitalière. Il est des choses qu’on ne peut exprimer qu’en couchant les mots sur le papier. Et puis enfin, elle avait inventé des choses, un monde à elle, peuplé des personnages de ses livres préférés et de créatures étranges et fantastiques. Du matin au soir, elle était perdue dans ses pensées à réfléchir à ce qu’elle pourrait inventer pour son monde, ce qui pourrait s’y passer… Son imagination avait toujours fonctionné quand elle ne pouvait rien faire d’autre que se reposer pour survivre ; alors plus jamais elle ne manquerait d’idées…

Ses parents la regardaient noircir des pages et des pages de cahier avec son écriture d’enfant, ou à taper à la vitesse de l’éclair sur les touches de son clavier, telle la plus aguerrie des secrétaires. Pourtant quelque chose les perturbait : elle ne les laissait jamais lire la moindre ligne, elle cachait tout : fichiers protégés par mot de passe, cahiers cachés en divers endroits de sa chambre ; et même en y faisant le ménage sa mère n’y avait jamais rien trouvé.



Et aujourd’hui elle était là ! Seule dans le froid, sur sa balançoire, regardant la vie passer… La veille elle avait eu une grande discussion avec ses parents, elle devait retourner à l’école dès le lendemain et elle n’en avait aucune envie. Elle ne voulait plus côtoyer le monde extérieur, elle n’en voyait plus l’intérêt : tout ce qu’elle avait jamais voulu savoir, elle l’avait lu ou le lirait bientôt. Tout était dans ses livres ; alors quand ses parents lui avaient annoncé la nouvelle, au dernier moment histoire d’échapper à une crise. Histoire aussi d’échapper à un des plans qu’elle aurait sans doute échafauder pour éviter ce douloureux retour à la vie normale. Mais, du coup, elle n’avait rien trouvé de mieux que de fuir. Elle avait claqué la porte derrière elle en sortant du salon et était restée longtemps devant son nouveau cahier avant qu’elle ne le jette en travers de la pièce. Et puis elle avait ouvert la fenêtre et était passée dehors : facile quand on est au rez-de-chaussée. Elle avait couru jusqu’au bout de la rue, s’était retournée et avait continué en marchant. Elle s’était baladée le long des rues, droite, gauche, encore et elle était revenue devant chez elle, bizarrement. Alors, elle s’était assise sur la balançoire pour regarder le monde dans lequel elle vivait, comme un adieu…

Après tout, peut-être ce ne serait pas si terrible ; elle pourrait converser avec d’autres personnes en vrai et de son âge. Et puis si cela ne marchait pas, elle pourrait toujours demander à changer d’école, avec les yeux humides ça marcherait sûrement. De toutes façons, avec ses parents, elle aurait le dernier mot, elle avait toujours su comment les amadouer. Depuis qu’elle avait été malade, elle avait pris le contrôle ; cela l’amusait mais elle n’en abusait jamais, elle ne voulait pas les contrarier : elle les aimait.

Comme elle se dirigeait lentement vers la porte de sa maison, elle sentit près d’elle une présence : quelqu’un l’observait, elle le sentait. Elle se retourna tout doucement, petit à petit, pour ne pas faire fuir celui ou celle qui la fixait. Et puis, enfin, elle lui fit face et il la regardait encore. C’était un jeune homme, pas beaucoup plus vieux qu’elle. Il avait de grands yeux noirs, brillants, plongés dans les siens et elle ne pouvait s’en détacher. Puis il dut relâcher sa concentration un instant quand elle lui sourit nullement effrayée de sa présence ; elle put alors détourner les yeux et relever la tête avec fierté mais elle ne le vit plus nulle part. En rentrant enfin, elle se demanda si elle n’avait pas rêvé…

Elle y repensa toute la nuit, envoûtée par ce regard fascinant. Lui devait être la seule personne qu’elle avait trouvé digne d’intérêt depuis longtemps : elle voulait le revoir, elle essaierai de le faire dès le lendemain et elle état impatiente, elle eut du mal à trouver le sommeil cette nuit là. Sa journée passa rapidement, elle retrouva un semblant de vie sociale en retrouvant la scolarité mais ne fit pas l’effort d’aller vers les gens, préférant souvent se mettre à l’écart sous un arbre ou sur un banc. Elle avait attendu toute la journée de pouvoir enfin se rasseoir dans son jardin.

Mais elle ne le revit pas tout de suite. Celui qui l’espionnait lui avait fait faux bond ! Il lui fallut encore attendre trois longues journées ; même si elle avait presque oublié pourquoi elle se balançait doucement chaque nuit… Ce soir, elle était sortie après le repas, elle n’avait pratiquement rien avalé mais ça n’était pas inhabituel… Elle était perdue dans ses pensées et ses pas trouvèrent d’eux-mêmes son endroit préféré, son refuge, le lieu où elle aimait se poser pour réfléchir. Elle mit plusieurs minutes avant de reconnaître la sensation qui s’emparait d’elle. Scrutant la pénombre, elle trouva bientôt le même homme. Malgré l’insistance et la détermination de son regard sur elle, elle ne se sentait ni oppressée ni dévisagée, il ne la dérangeait pas. Elle aurait aimé faire un pas vers lui ou mieux que lui le fasse, qu’il s’avance enfin et lui parle. Il devait bien y avoir une raison pour qu’il l’observe avec tant d’obstination.

Elle le revit soir après soir, il l’attendait quelque soit le temps, pluie, vent, brouillard, neige ; elle le recherchait des yeux toujours. Aucun des deux ne semblait vouloir céder le premier dans ce combat sans mots, où les regards sont des armes qui servent autant à émouvoir qu’à déstabiliser. Qu’attendaient-ils ? Lui ne bougeait jamais, comme une statue dont le regard pénétrant l’envoûtait chaque fois. Elle n’écrivait plus que lui ; elle lui avait inventé une vie, une histoire, un nom même et des sentiments qu’il éprouverait un jour pour elle, elle l’espérait… Elle aurait même imploré Dieu si elle y avait cru, pour n’avoir qu’une seule minute de ce bonheur qu’elle inventait chaque fois avec plus de fougue et nombre détails. Et enfin les mots devinrent des « je t’aime », elle ne savait plus comment, mais elle l’aimait désormais. Elle devait lui parler quoiqu’il arrive, pas de regrets, jamais… Alors ce soir là, elle sortit pleine d’espoir mais son cœur se brisa quand il ne vint pas.

L’été commençait et elle n’en pouvait plus de rester à attendre patiemment de le voir apparaître telle une ombre de l’autre côté de la rue. Elle avait pourtant plusieurs fois senti comme un regard posé sur elle, mais elle ne voyait nul signe de vie de cet inconnu qui l’avait troublée et délaissée. Elle n’avait plus rien écrit depuis cette nuit là, elle avait même jeté les textes écrits longtemps avant cette rencontre, et formaté son disque dur. A quoi bon garder tout ça, si sa vie ressemblait à une immense solitude traduite par un grand trou vide au beau milieu de son cœur… Elle l’avait compris, elle ne pourrait jamais plu rien inventer si elle ne le retrouvait pas, mais elle ne savait où commencer à le chercher… Elle voulait être dehors tout le temps, elle se cachait derrière sa solitude comme enfermée derrière un mur que seule la douleur transperçait par la peine qu’on lisait dans ses yeux. Elle ne parlait plus à ses parents ; depuis le soir de sa fuite, elle les croisait à peine…

Alors elle sortit chaque jour, le matin elle allait courir, l’après-midi elle se baladait dans les parcs ou les chemins environnant, elle allait se dorer au soleil avec un bon livre. Et malgré ses errances au gré du temps, au fil des rues, elle restait toujours seule. Spectatrice invisible pour une terre qui continuait à tourner malgré elle, sa solitude lui pesait et son espoir de le retrouver s’amenuisait chaque jour un peu plus. Elle ne comprenait pas comment il avait pu passer tant de temps à l’observer, sans s’en cacher d’ailleurs, pour la délaisser ensuite comme d’un jouet dont un enfant se serait lassé…

Même le soir, elle sortait fréquentant des endroits branchés, surpeuplés, dans lesquels son manque affectif la faisait encore plus souffrir, fondue qu’elle était dans la multitude. Elle s’asseyait dans un coin à l’écart et scrutait les gens, reprenant parfois l’imagination de leurs vies ; comme ça parce qu’elle ne savait pas faire autre chose… Et puis n’y tenant plus, elle rentrait, la tête remplie de ces bruits et odeurs de foule informe et anonyme. Elle crachait alors les mots sur le papier, elle réécrivait mais seulement des textes noirs où se mêlent tristesse, souffrance et la Mort… Depuis combien de temps évitait-elle de penser à cette vieille connaissance dont elle niait si farouchement la présence ? Pourtant elle la hantait depuis tellement longtemps, elle avait gardé une place dans son esprit, bien cachée derrière le reste mais toujours présente. Ne pas penser à ça, surtout pas… Elle avait vu le bout de son tunnel et la lumière aveuglante, celle de la fin et elle avait fait demi-tour…

Perdue dans la morbidité de ses pensées, elle se rapprochait des flots noirs du fleuve local. Ils reflétaient la lune, elle devait passer le pont les surplombant et elle serait dans sa rue, bien à l’abri dans sa maison… C’est là que le destin décidé d’agir encore une fois, toujours quand on s’y attend le moins. Sur le pont, debout sur le parapet, il y avait un homme et nul doute possible sur son identité… Il regardait fixement le fond du fleuve comme à la recherche d’un objet précieux ou d’une réponse à ses questions, et il se penchait encore, toujours un peu plus. Elle poussa alors un hurlement qui déchira la nuit et elle se mit à courir, c’était sans doute la première fois que son corps et son esprit étaient unis dans le même élan, pour le même but. Il l’avait vu ! Il restait interdit, semblait désemparé : il n’avait pas prévu d’être arrêté dans son geste, certainement. Elle arriva auprès de lui au moment où il descendait du pont : les yeux ronds comme deux billes, fixant une fille en sueur, à bout de souffle et qui pleurait.

Il voulut alors approcher la main de sa joue, elle détourna la tête, essuya ses yeux d’un revers de la main et planta son regard douloureux dans le sien. Puis elle ouvrit enfin la bouche, prête à déverser ce flot de paroles trop longtemps retenu, des mots qu’elle avaient tournés et retournés depuis tellement longtemps dans son cerveau. Mais maintenant tout se mélangeait, au moment de parler enfin : sa colère, contre ce geste stupide qu’il avait failli faire et son amour, endormi dans son cœur qui se réveillait flamboyant comme un phoenix renaissant de ses cendres… Tous les mots se pressaient en elle, alors elle demanda, la voix pleine de sanglots :

« Mais pourquoi ? Expliquez moi pourquoi ? Pourquoi mettre un terme à votre vie ? Pourquoi n’être pas revenu ? Pourquoi ne pas me parler ? Pourquoi moi ? Pourquoi… ? »

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Et heu aussi Antigone, Hiraeth et Torny, c'est quand la suite??? Wink


Dernière édition par le Jeu 5 Jan à 14:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La fille sur la balançoire.   Jeu 5 Jan à 14:42

[et la suite]

De ses yeux coulaient des larmes sans qu’elle ne puisse rien faire pour les arrêter, cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas laisser échapper la moindre émotion de son cœur. Elle se cacha dans ses mains puis releva la tête, ses yeux bleus imploraient silencieux son interlocuteur de lui répondre. Alors c’est ce qu’il fit, il fit plus que de lui répondre il se raconta enfin… Il la regardait sans même un clignement d’œil. Et elle se rendait compte pendait qu’il parlait de sa beauté : ses yeux si noirs, ses cheveux magnifiques brillants, son corps parfait et bien proportionné. C’était une statue vivante ! Il avait quelque chose de différent, elle ne saisissait pas encore quoi mais elle le savait. Elle secoua la tête comme pour sortir d’un rêve et se concentra sur ce qu’il lui disait.

« … De toutes façons, je ne peux plus mourir, du moins pas de cette façon. C’est d’ailleurs pour ça que je ne suis plus revenu. Nous n’avons rien en commun. Nous ne pouvons pas être ensemble. Ici et maintenant, c’est impossible… Dans cette vie, non… à moins que… mais je m’y refuse, jamais… Je ne te ferai jamais ça… Je ne peux pas… Tu es tellement belle, je ne pouvais plus me détacher de toi, t’observer chaque nuit à ton insu, et puis quand tu m’as vu… Tu n’as même pas eu peur.

Je suis tombé amoureux de toi et de ta façon de voir la vie… Je suis amoureux et même ça m’est interdit… Aucun de mes semblables n’a compris que je m’intéresse à une mortelle, mais si je leur avais dit que je ressentais ce genre de sentiment, ils m’auraient enfermé et laissé mourir. C’était sans doute la solution, pour toi…

Je suis sans doute fou, d’avoir cru que l’amour que j’éprouve aurait pu te faire oublier ce que je suis… Moi qui ne peux pas mourir, je souffre mille morts de ne pas t’avoir pour moi. J’en remets en questions tous les préceptes de ma vie actuelle ; ce serait tellement facile, prendre ta vie et te rendre un peu de la mienne ; faire de toi quelqu’un comme moi, mais je sais que tu mérites plus que ça… Je ne peux pas… Me comprends-tu je ne peux pas rester auprès de toi ?

Il faut que tu essaies de me comprendre, que tu essaies de me croire… Je t’aime… »

Elle n’en croyait pas ses oreilles, elle entendait ce qu’il disait mais le fil de ses pensées était parasité, elle ne saisissait pas tout… Quand le rayon de lune éclaira son visage, faisant briller deux excroissances aux commissures de ses lèvres, tout s’assembla enfin dans son esprit. Le puzzle reprit sa forme initiale et elle comprit enfin tout dans son ensemble. Tout collait enfin, ce qu’elle avait vu et ressenti, cette attraction si naturelle. Mais croyait-elle vraiment cet être qu’elle découvrait enfin ? Et puis ses derniers mots la chamboulèrent. Il n’y avait plus ni croyance, ni probabilité, ni vérité : tout avait été balayé par ses derniers mots, il ne restait plus que lui. Elle se foutait du reste, sa solitude s’envola comme une plume au vent ; elle l’aimait et le reste n’avait pas la moindre importance…

Petit à petit, son cœur se remplissait d’un bonheur si longtemps enfui. Peut-être n’avait-elle jamais été heureuse ? Si ! Elle l’avait été bien sûr, quand elle était revenue de l’hôpital et que sa vie ne se résumait qu’à lire et écrire… Elle repensa alors à ce soir où elle avait vu ses rêves se briser à tout jamais et laisser son cœur dévasté. Et bizarrement ce soir auquel elle repensa fut celui de sa rencontre avec lui, ce soir où elle s’était enfuie.

Et puis d’un coup sa vue se brouilla, elle entendit des appels répétés, des pneus qui crissent sur le bitume ; elle vit la nuit noire l’enveloppait complètement. Elle se remémora la soirée avant la nuit… La dispute avec ses parents, quand ils lui avaient annoncé ce qui devait fatalement arriver même si elle ne l’avait jamais souhaité. Elle se rappela sa réaction, le claquement de la porte, sa fuite par la fenêtre, sa course quand elle sut que ses parents l’avaient vue. Et puis au bout de la rue, cette voiture qui arrivait en face d’elle, elle freinait mais trop tard… Elle se rappelait le choc, la douleur et la lumière. Elle avait eu peur d’elle, elle l’avait vu une première fois quand elle avait été malade et avait refusé de s’en approcher encore. Alors elle s’était détournée et était revenue s’asseoir sur sa balançoire pendant qu’une ambulance s’en allait au loin.

Elle comprit enfin qu’elle était morte ce soir là… C’était la raison de sa solitude, on est seul quand on vit entre deux mondes.

Elle lui sourit et lui regarda. Elle savait qu’elle devait maintenant rejoindre la lumière qui commençait à poindre dans son dos. Mais elle voulait qu’il la comprenne, qu’il sache ; elle voulait lui expliquer comme lui l’avait fait… Elle lui raconta son histoire et ce qu’elle ressentait. Elle se dépêchait, sentant le moment de partir se rapprocher rapidement ; et lui fit ses adieux…

« Je t’ai aimé depuis la première seconde, tu as rempli tout ce vide en moi. Où que j’aille maintenant je sais que ton souvenir restera à jamais dans mon cœur et dans ma mémoire. Contrairement à ce que tu pensais, c’est à cause de moi que notre amour est impossible : toi l’immortel et moi, qui suis déjà morte. Le destin ne réunit pas toujours les gens qui auraient du finir leur vie ensemble… Vis pour moi, comme moi j’ai vécu pour toi… »

Il resta bouche bée en entendant ses mots, il ne savait pas que les fantômes existaient et pourtant lui-même était vampire… Il se rapprocha d’elle, pour la prendre enfin au creux de ses bras, mais elle se dissipa telle une fumée que l’on chasse du dos de la main. Il s’éloigna, elle était revenue, un halo de lumière blanche aveuglante l’entourait. Puis peu à peu, elle se fit de plus en plus floue et disparut dans une poussière d’étoiles.

Il regarda longtemps le ciel essayant de trouver une raison de ne pas attendre le lever du soleil, puisque sa seule raison de vivre était partie à jamais… Il se demandait à quoi servait d’être immortel, si sa vie n’était plus autre chose que la douleur éternelle de l’avoir perdue… Quand le ciel devint plus clair enfin, il vit une étoile filante et entendit comme un éclat de rire ; elle était là, invisible, mais à jamais près de lui. Son amour perdu était devenu son ange gardien. Vérité ou illusion, il se raccrocha à cet infime espoir que son amour avait pu rester pour le protéger. Et il rentra retrouver sa couche afin de vivre encore le lendemain. Il devait vivre pour elle, il tiendrait sa promesse…

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Acyella
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MessageSujet: Re: La fille sur la balançoire.   Dim 30 Avr à 23:03

Wow, Déjà parce que j'ai enfin eu le courage de lire tout le texte, ensuite parce que c'est une histoire riche en rebondissements.

Ce que j'en penses : C'est écrit dans un style simple et sincère que j'apprécie énormement. Ensuite l'hstoire en elle même, pourrai s'arrêter là, continuer... j'aimerai bien la voir continuer puisqu'on en sait un peu plus sur le jeune homme. Sinon j'aurai bien vu une fin à "on est seul quand on vit entre deux mondes" (J'adore cette phrase en plus).

Il y a deux ou trois fautes de frappes, rien de grave et niveau syntaxe, je crois que si tu relisais tu verrai 2 /3 phrass à réarranger (Je ne sais pas si ce texte a été écrit il y a longtemps mais il mérite qu'on ne le laisse pas dans un carton!)

En tout cas j'ai passé un agréable moment en le lisant!
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MessageSujet: Re: La fille sur la balançoire.   Lun 1 Mai à 0:28

Je peux dire que le texte m'a secoué ! De façon positive... mais également et quelques fois de manière négative. J'aime beaucoup cette façon que tu as d'introduire le lecteur dans la vie de cette jeune fille. J'en suis sorti avec l'impression de tout connaître d'elle et elle est plutôt attachante. Je trouve tout de même que le changement de registres (poétique, enfantin, médical, personnel...) est un peu brusque.

La chute est très bien pensée malgré l'insertion de la véritable nature de l'homme un peu trébuchante. Il est vrai que l'on ne s'y attend pas mais le contraste entre la première et seconde partie en devient un peu trop fort. Ne pourrais-tu pas laisser le lecteur deviner le secret de la jeune fille ? Peut-être qu'en n'écrivant ni "vampire" ni "fantôme", tu pourrais laisser de la place pour la réflexion et ainsi ménager un effet de surprise plus doux et plus efficace ?
Enfin, je rejoins Acyella sur quelques formules un peu maladroites qui mériteraient un léger coup de plume.

Malgré ces quelques remarques (sincères), je dois avouer que c'est un texte très agréable et surprenant. Merci !
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MessageSujet: Re: La fille sur la balançoire.   Mer 12 Juil à 11:55

waouh...ton texte est le premier que j'ai lu parce que je suis nouvelle ici et c'est tout ce que j'ai à dire : waouh.
J'ai été...vachement impressionnée. Tu écris drôlement bien. Tout ce que j'écris je le trouve nul, moi, donc ça m'a vraiment impressionnée, ce que tu as écrit. Encore une fois : waouh !
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MessageSujet: Re: La fille sur la balançoire.   Dim 3 Sep à 15:42

Pendant que je te lisais, je suis partie très très loin.
Merci pour ce chouette moment,
j'espère voir d'autres textes à venir comme ceux ci ^^
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MessageSujet: Re: La fille sur la balançoire.   Ven 8 Sep à 14:49

Embarassed J'ai honte ça faisait je ne sais combien de temps que je n'étais plus passée et je vois que des gens ont non seulement pris le temps de lire mais aussi de commneter alors que moi je ne le vois même pas...

Pour Acyella... tu as raison pour les fautes de frappe et aussi sûrement pour la lourdeur de certaines phrases.... Je relis beaucoup et je change souvent des choses au moment où je tape mais je ne vois plus à la fin. ^^ C'est pas une excuse mais un triste constat... Sûrement une utilisation abusive de MSN qui n'aide pas non plus.

Pour Obéron, c'est vrai que j'ai sans doute un peu trop parlé du passé de la jeune fille, une partie qui a été rajoutée après que la trame du texte soit déjà décidée. Une fois que j'ai commencé je n'ai pas pu arrêter de détailler. J'ai cet énorme défaut de ne pas savoir arrêter quand c'est trop je crois Razz
Pour la nature de la jeune fille, je pourrais sans doute changer quelques petites choses pour que le lecteur devine plus oui... Mais je sais pas pourquoi, cette fois je pensais qu'il fallait que ce soit écrit. Peut-être parce que je fais souvent ce genre de devinette dans mes textes. Je sais pas... Pour le vampire je suis assez d'accord c'est maladroit et je le reprendrai (si tant est que j'en sois un jour capable sans réécrire la totalité du texte ^^)

Pour Winny92, il ne faut jamais croire que ce qu'on écrit c'est pas bon. Personnellement dans tous les textes que j'ai écrit il n'y en a qu'un seul qui me plaise totalement. Laisse ,pus un peu juger de ce que tu as écrit, si tu veux bien. Je suis sûre que je ne suis pas la seule à vouloir lire quelque chose de toi. En tous cas merci pour le compliment.

Agnès... ma petite Agnès... Je suis contente que tu aies passé un chouette moment, ça me fait plaisir que mon texte ait réussi ça Smile

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