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 Abalone Circus

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Artemis Vi De Jalon
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MessageSujet: Abalone Circus   Ven 17 Fév à 23:28

Salutation à tous,

Voilà ma dernière création, et je laisse le premier chapitre, à vous de juger.


Abalone Circus
Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2005 Artemis Vi De Jalon




Chapitre premier


Dans une salle sans grande lumière un microphone crépite en déformant légèrement la voix de Palov Szastarka (jästalka) :

« Jour quatre de la mission de réparation, ou je ne sais quoi d’autre... Bon bref, aujourd’hui, c’est comme un autre jour de boulot. Même si cette fois-ci je pars pour un travail pénard en campagne. Comme cette dernière est très reculée, mes supérieurs n’ont pas voulus gaspiller du personnel, (rire) alors je voyage seul. Et comme la communication est rompue avec le groupe de maintenance, ils ont trouvé bon de m’accorder tout le matériel possible, au cas où.
… Enfin! Je suis presque arrivé à la zone… Il pleut.»


Secouée par un vent violent et gelé, la pluie tombe en trombe sur l’étendue boisée et rocheuse. Des rails tracent une ligne mouvementée à peine visible sur ce décor hostile, où chaque roche pouvait écraser comme un rien les trains avides de vitesse. Un de ces derniers, après une traversée à allure réduite, parvint tout de même au quai de la gare, qui, de son insalubre apparence l’accueillait dans le silence angoissant de l’intempérie. Le véhicule était d’origine militaire avec, sur le wagon de tête, deux impressionnants compartiments moteurs séparés par une grosse cabine. Le deuxième et dernier wagon était en fait une remorque recouverte intégralement d’une grande bâche. Le convoi s’arrêta à une intersection, là où les rails se dispersaient dans des directions aussi vastes qu’incertaines. Palov sortit de la cabine, couvert d’un poncho épais pour se protéger d’une pluie de plus en plus agressive. Seul son menton carré et son nez droit dépassaient de la capuche, les ombres jouaient avec ces derniers en accentuant leurs formes déjà massives. Après avoir posé un pied sur le sol irrégulier et martelé par les grosses gouttes d’eau gelées, l’homme scruta les alentours. De son bon mètre quatre vingt dix il distingua malgré le déluge, un poste d’enclenchement à quelques mètres de lui. Sans perdre un instant il s’y dirigea, traversant le quai à pas rythmés avec sa démarche légère. Une fois sur les lieux, il remarqua que dans ce petit réduit en parpaings se trouvaient, alignés les uns à coté des autres, des leviers à l’apparence plus que douteuse. La rouille avait élue domicile ainsi que, roussie par cette dernière, de la mousse et autres insectes méconnaissables. Accompagnant cette faune et flore s’élevait une étrange odeur de moisissure.
Soudain un claquement retentit derrière le petit logis ce qui ne manqua pas de surprendre Palov. Alerté, il se retourna, en essayant de distinguer un élément suspect. A peine sorti, un grincement le fit se retourner à nouveau, mais cette fois pour s’apercevoir que le son émanait d’un des leviers. Les yeux grands ouverts, mais toujours en gardant un calme professionnel, l’homme décrivait la scène. L’instrument s’abaissa lentement dans un sinistre couinement métallique faisant tomber une fine couche de poussière noir.
« Voilà une chose étonnante… »
Devant le train, l’aiguillage se mit en marche pour diriger les rails vers le sud. L’engin commença à avancer, ne manquant pas d’attirer l’attention de Palov. Celui-ci se mit à courir en manquant in extremis de se retrouver la tête sur le sol glissant. Il réussi à monter dans son train sans problème, en s’interrogeant davantage sur le phénomène, car le poste de pilotage était vide de monde. Il s’enferma à l’intérieur de ce dernier et se rassura en regardant sur le moniteur la direction emprunté.

« Je considérais cet évènement un long moment, évitant tout raccourci et autre raisonnement farfelu. La pluie s’arrêta à l’approche d’une seconde gare aussi peuplée que la dernière. »

Une fois de plus le train s’arrêta, mais cette fois devant deux immenses portes en bois, un vestige d’une autre époque. Appuyé sur le tableau de bord, Palov resta un moment à décrire l’édifice. Ses yeux, d’une couleur oscillant entre le vert et le turquoise, se plissèrent un bon moment. Le système d’ouverture paraissait avoir été remplacé par un plus moderne. Les traces des gons et autres ferrures restaient toujours apparentes ainsi que celles du déplacement des deux gros panneaux. Ceux-ci avaient eux droit à une intense restauration, chaque ornement présentait un attrait tout particulier. En s’y attardant davantage Palov compris que par ces sculptures se dégageait une histoire. Comme les frises égyptiennes, des décors et des protagonistes se plaisaient à se mélanger dans des actions diverses. Mais à la place de colonnes, de pagnes et de frugales offrandes, se dressaient des ouvriers, des marteaux ou encore des machines de l’air industrielle. Le récit commençait à la base par la pose du chemin de fer dans cette région étrange et dangereuse pour finir par l’installation de ces deux impressionnantes portes. On pouvait aussi remarquer sur les contours l’ajout d’éléments décoratifs de style modern. En essayant de décrypter ces étranges motifs, il s’interrogea sur le dialecte utilisé, car les caractères ne lui disaient rien. Des barres enchevêtrées les unes dans les autres, le tout ponctués de petite virgules et autres points déformés. Malgré cela ces gravures avaient été réalisées avec brio, laissant le regard se perdre dans cette incompréhension linguistique.
Les deux montant encadrant le chef d’œuvre de menuiserie et de sculpture étaient taillés dans la roche, donnant un plus grand sentiment de solidité.
Les pensées de l’homme revinrent alors à la réalité en lui faisant tourner la tête dans tout les sens pour identifier un interrupteur quelconque. N’en apercevant pas de son emplacement actuel, il se décida alors à sortir. Son pas déforma une petite flaque dans un clapotis qui résonna dans tout le canal creusé à même la montagne. Le froid environnant lui rougit ses joues bien épaisses et légèrement tombantes attirant par la même ses deux yeux brillants. Palov commença à marché vers les portes pour comprendre leur fonctionnement. Arrivé sur place il ne distingua aucune commande et ne remarqua pas non plus qu’une fille le regardait sur l’autre quai. Celle-ci, dont l’age ne devait pas dépasser les dix ans, portait son regard sur le nouveau venu. Ses cheveux roux contrastaient à merveille avec ses yeux bleus et son sourire juvénile.
Palov leva la tête puis la tourna vers cette jeune fille. Accoutumé depuis quelques jours à la solitude, il ne distingua pas du premier coup la forme humaine. Une fois son regard habitué, son désir de lui parler vint comme celui de pouvoir continuer son voyage.

« Et là je l’ai vu, petite et insignifiante, perdu au milieu du froid, seulement vêtu d’une robe rouge. Ces pieds et bras nus me frigorifièrent… En m’approchant je m’aperçut qu’elle ne tremblait pas et que ses yeux portaient de drôles de reflets. »

• Bonjour ! Lança la jeune fille avec une voix douce et envoûtante.
Palov s’accroupit devant l’inconnue, gardant une distance raisonnable et en affichant sur son visage carré une mine amicale et rassurante.
• Bonjour ! Je m’appel Palov Szastarka, je viens pour réparer l’émetteur de cette zone. Tu sais comment ouvrir ces portes ? Demanda t-il en essayant d’utiliser la plus grande courtoisie envers cette inconnue. Cette dernière ne lui répondit pas immédiatement, le laissant se souvenir de son enfance et des questions qu’il n’aimait pas qu’on lui pose.
• Moi je suis Pita San, je viens De Tatry, et toi ? Demanda t’elle à son tour avec une intonation enfantine. Son accent, légèrement marqué, ressemblait à ceux des personnes des régions intermédiaires, ce qui n’était pas le cas pour cet endroit.
• Tatry, c’est la région qui est derrière ce passage, n’est ce pas ? Il faut que j’y aille, c’est important, tu comprends ? Ignorant la question qu’on lui posait avec délicatesse.
• Tu n’as pas répondu ? Pourquoi ? Insista t-elle.
• D’accord, je vais te répondre, mais c’est chacun son tour alors. Je viens de Nowa Sol, à l’ouest du pays. Maintenant à toi de répondre. Lance-t-il avec la plus grande sincérité en se méfiant tout de même de ce genre de jeux.
• Il faut être autorisé pour que ça s’ouvre. Tu n’es pas autorisé ! Rétorqua t-elle

« A ce moment, je me suis demandé ce que je faisais ici, et pourquoi je n’avais pas cette autorisation. Est-ce qu’ils n’ont pas fait ce qu’il fallait… pour changer ?! »

• Ecoute, jeune fille, peux tu me dire comment faire pour parler à une grande personne ?
• Tu as sauté ton tour, c’est à moi de te poser une question ! Gronda t-elle énergiquement en tenant de sa main droite sa robe et en tendant l’autre vers Palov en le montrant du doigt.
• Ok, vas y. Calmement il s’efforça de sourire pour ne pas s’énerver après cette innocente petite fille.
• Tu n’as pas froid habillé comme ça ? Lui demanda t-elle étrangement toujours en lui pointant son doigt sur lui.
• Si, j’ai horriblement froid depuis que je suis ici.
Palov commença alors à trembler de plus en plus en clignant les paupières énergiquement. Il posa un genou au sol, épuisé et gelé, puis un deuxième et enfin il s’appuya sur le quai avec ses deux mains. Son souffle était ponctué d’une grosse toux caverneuse. Ses yeux pleuraient des larmes qui se figeaient sur ses joues. Il leva alors la tête vers la gamine qui le fixait sans grande émotion. Il surmonta alors la douleur dans un grognement presque inaudible mais courageux et presque risible.

• C’est à mon tour, qu’est ce………… Termina t-il en s’écroulant par terre la tête la première.

La scène s’éternisa sans qu’aucun bruit ni mouvement ne vienne la perturber, sans même que la jeune fille ne bouge. Elle restait là, décrivant la forme humaine et gelée sous ses yeux brillants.
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Candleinthestorm

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MessageSujet: Re: Abalone Circus   Sam 18 Fév à 23:34

L'univers présenté semble bien étrange et peu rassurant... C'est bien ça qui lui donne un attrait tout particulier !

A part ce commentaire rapide sur l'univers, je ne peux rien dire de plus. Un chapitre, c'est trop court pour juger de l'intérêt des personnages ou de la qualité de l'intrigue...

J'espère que nous aurons une suite pour nous y faire les dents ! ^^

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Skid
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MessageSujet: Re: Abalone Circus   Lun 20 Fév à 16:53

ce serait presqu'une première ça!? sur le site en tout cas.
donc tu t'essaye à la prose romanesque aprés la poésie.
alors fist, je pense que tu rencontres quelque problème à intègrer certaines descriptions dans les phrases. Elles sont parfois un peu trop longues ou bizarrement alambiquées, au fur et à mesure de la description tu fais devier l'oeil du lecteur et il s'y perds un peu. C'est un effet de style et un difficulté à la fois. Ca témoigne de ta volonté de bien caractèriser les choses de manières personnelle, et en même temps ça allourdit parfois le récit ( a vrai dire c'est à moi que je me fait la critique en ce moment mais si tu comprends ce que je veux dire..).
A côté de ça ton côté personnel se confronte à la neutralité souhaitée du narrateur de façon plutôt habile. Il y a une esthétique visuelle dans les description. les phrases que tu intervertit donnent un impression de sacade appropriée à l'image du train, la petite fille est mystérieuse le héros est candide. Son malaise arrive un peu vite et on comprend pas si la fille a quelque chose à y voire..on le soupçonne. D'un autre côté l'effet agit comme un poison donc bonne fin de chapitre.
Bref hormis quelque longueur dans les descriptions du milieu je me suis bien laissé porté par ces premières lignes. mais comme dis candle on ne peut pas juger pour le moment. Un roman c'est un gros canevas qui se dévoile et sur lequelle le style s'exprime, un style tendu comme un élastique.
ARte j'espère que tu vas nous faire voyager dans des mondes gluants et venteux sans jamais désinspirer. ;p
ps: pas de batons magiques et de dragons gentils bien entendu!
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Artemis Vi De Jalon
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MessageSujet: Re: Abalone Circus   Lun 20 Fév à 22:56

Salutation,


Très bonne critique de skid. Mes descriptions on du mal à s’intégrer au déroulement de l’histoire. C’est comme si un piéton arrêtait sa marche pour s’intéresser à un panneau publicitaire. Mais d’un autre côté, la façon dont j’écris me plait suffisamment pour ne pas redistribuer tout les rôles. Surtout que par la suite ce phénomène est accentué sur certaine scène. Bref j’essaierai de mélanger un peu plus cette pause descriptive au reste du récit.
Pour ce qui est de l’atmosphère, comme beaucoup de narrateur, ceci fait parti de ma vision des choses au quotidien. J’espère en tout cas que vous aurez deviné quel est le pays de cette histoire. J’ai fait quelques recherches, la géographie, les noms utilisés dans les régions ciblées, la géologie, etc. Mais évidemment j’ai du faire quelques modifications, car dans la réalité la région où ce déroule le récit est bien plus accueillante.
Bref, je laisse la suite, si il y a des candidats. Il n’y a pas de baguette magique, je te rassure Skid, mais peut être des phénomènes visuellement intéressants. En fin de compte c’est du fantastique soft, sans excès.

En fait je laisserais la suite demain, je dois partir...........

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Candleinthestorm

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MessageSujet: Re: Abalone Circus   Mar 21 Fév à 2:07

Les descriptions ne m'ont pas choqué. Et comme Skid l'explique si bien, cette trame qui fait dévier l'oeil du lecteur, comme s'il ne pouvait pas s'attarder sur les objets, j'avais trouvé que ça ajoutait à l'impression d'insécurité / d'instabilité des lieux décrits.

Tant mieux si ça continue comme ça après ! Ca aurait créé une rupture dans le ressenti, pour ma part !

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Artemis Vi De Jalon
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MessageSujet: Re: Abalone Circus   Sam 25 Fév à 12:52

Merci pour le compliment Candle.
Je devais poster il y quelques jour mais l’adsl ne voulait pas amener ma plume sur ce forum.
Donc voilà la suite en deux parties. Bonne lecture.


Chapitre deuxième


Un cri s’éleva dans la cabine du train et Palov se redressa de sa banquette. Recouvert de givre il essaya de se rappeler, de revoir cette jeune fille agaçante, mais le froid l’obligea à se lever. Il se secoua sans grand mal, aidé par ses tremblements et ses tiques nerveux. Il cria de nouveau comme pour se réveiller davantage et se motiver. Une fois l’énergie revenue il regarda par les fenêtres pour vérifier si quelque chose avait changé, et pour voir qui avait bien pu l’amener dans sa cabine. L’impatience effaça alors tous ses questionnements, il sortit énergiquement et lança un troisième hurlement qui raisonna comme un coup de tonnerre dans un tunnel. Il se calma aussitôt, redevenant lui-même.
• Bon…
Soudain, après un crépitement suspect, un bruit mécanique retentie et Palov se retourna vers les portes, qui, massivement et dans une synchronisation parfaite, s’ouvrirent lentement. Le mouvement se fit dans un vacarme étonnant, d’un grincement de ferraille qui se mélangeait à un craquement de bois, la musique était diabolique. Palov resta planté là, debout à regarder ce spectacle inédit à ses yeux. Ne le voyant pas arriver, un courant d’air violent manqua de le faire tomber tout en lui apportant des odeurs nouvelles. Douces et raffinées, elles lui accordèrent un moment d’apesanteur, une pause à son désagréable voyage. En se redressant, l’homme aima à cet instant respirer l’air pur, s’étonnant de sentir de tels arômes en ces lieus frigorifiques. Tout ceci lui rappelait étrangement le figuier et la lavande, une végétation bien trop méditerranéenne pour subsister ici. Evitant les débordements rationnels, il se passa la main sur le visage puis revint vers son train. En balayant du regard son véhicule de sa longueur, la surprise le stoppa net. Le wagon de queue avait disparu, ne laissant qu’un goût amer à son propriétaire qui resta sans bouger un long moment. Ses épaules légèrement tombantes commencèrent alors à trembler accompagnant avec elles des petits hoquets sporadiques. Puis, ils se rapprochèrent pour former un rire étouffé. Palov écarta les bras et leva les yeux vers le ciel gris.
• On m’en veut ou quoi ?! Marmonna t-il dans un dégoût ironique.
Reprenant ses esprits, il retourna alors dans son train et s’assit sur le siège de pilotage. Il tourna, avec sa main droite gantelée, une clé recouverte de caoutchouc vert et sur celui-ci de graisse marron. Puis, avec une méthode éprouvée depuis son départ, il actionna trois interrupteurs en formes de petites tiges. Après que les cliquetis de ces derniers aient retentis, Palov pressa finalement le doigt sur un gros bouton rouge à droite de la clef. Le moteur gronda de tous ses chevaux et donna une forte secousse dans tout l’habitacle. Dehors, et par les deux cheminées noires, une fine mais impressionnante fumée bleue sortie en dansant dans l’air pour le polluer un long moment. Le calme ronronnement de la machinerie s’accéléra en même temps que l’engin s’élançait sur les rails lisses et brillants. Passant les deux portes avec une lenteur déconcertante, le train entra dans la nouvelle région sans encombre. A l’intérieur, l’homme se leva et alla jeter un coup d’œil à l’extérieur en sortant seulement sa tête par la fenêtre. Son visage accueillit le vent frais et ses fines ride d’homme mûr s’accentuèrent en dessinant une ironique grimace. Il résista un moment en plissant les yeux difficilement au fur et à mesure que le convoi prenait de la vitesse. Passé quelques minutes il se retourna pour regarder les portes se refermer en silence, étant donné la distance. Il revint à sa place, scrutant les gorges de pierres qu’il traversait. Son regard se perdit dans une réflexion professionnel, comment allait il accomplir sa mission sans matériel lourd ? La fille du quai lui revint alors à l’esprit, se remémorant sa discussion et de la soit disante autorisation. Les portes se sont ouvertes sans qu’il ne fasse quoi que ce soit. Quelqu'un était donc au courant de sa venue et c’est sans doute pour cela qu’on lui a volé son wagon. Toutes ses interrogations le taraudèrent une bonne demi heure. Cette dernière qui lui permit d’atteindre une zone plus dégagée.
Le train sortit des sombres gorges pour déboucher sur une corniche surplombant un immense plateau de verdure. Cette dernière était principalement constituée d’herbes et parfois, piqué ça et là, d’arbres aux formes tordues. Les vents provenant des montagnes heurtaient avec violence ceux montant des plaines. Cette rencontre balayait tout sur ce toit naturel, donnant à l’ensemble une surréaliste impression de propreté. Aucune feuille, aucun caillou ni même de grain de sable ne venait souiller le sol mouvementé. Sur la courbe du plateau, au-delà de ce spectacle, le profond décor montagneux s’y aplatissait de toute sa splendeur. Ce paysage étouffait les constructions urbaines, pourtant présentes et bien installées depuis de nombreux siècles. Une petite ville pouvait, avec une certaine concentration visuelle, se dessiner au creux d’une colline. D’autres villages s’élevaient sur leur flanc ainsi que certaines usines ou infrastructures industrielles. Mais tout ceci ne rivalisait en aucun cas avec la grandeur du panorama naturel.
Palov décida de s’arrêter près d’une plate forme en béton où se trouvait un bâtiment rudimentaire. En s’approchant de celui-ci, il s’aperçut que derrière la construction, se trouvait une antenne complètement tordue. Intrigué par cette découverte, il sauta du train aussitôt celui-ci arrêté et se précipita sur les lieux. A sa grande stupeur il comprit aussitôt quelles étaient les raisons d’une telle destruction. Sur le sol et au milieu des décombres, de nombreuses douilles jonchaient là. Ne connaissant absolument rien en armement militaire, il fut encore plus stupéfait de la taille de ces objets de mort. L’antenne était complètement détruite, perforée par les impactes démesurés. Palov s’agenouilla pour prendre une douille, et s’imagina alors comment l’action avait pu se dérouler. Se demandant pourquoi ces cylindres brûlés se trouvaient au même endroit que la cible et non pas à l’emplacement d’où les balles ont été tirées. Sa réflexion se perdit d’avantage lorsqu’il vit, mélangé aux autres détritus, des balles entières. Jetant l’éponge sur ce nouveau mystère, Palov se releva pour partir. Il constata alors, en se retournant, que le petit réduit près des restes métalliques avait subit le même châtiment que l’antenne. Tout un pan de mur s’était volatilisé, annihilé par la violence de l’action.
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Artemis Vi De Jalon
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MessageSujet: Re: Abalone Circus   Sam 25 Fév à 12:53

(Désolé pour le double post)



Voulant prendre de nouvelles précautions, l’homme se dépêcha de retourner dans son véhicule. Fermant la porte à clef il enlevât son manteau noir puis tout ses vêtements pour découvrir une carrure tout de même assez robuste. Mais ainsi dévêtu, rien ne camouflait plus son ventre rond. Il ouvrit la porte coulissante en bois de son placard et en sortit, dans un étonnant effort, deux portemanteaux soutenant une tenue complète. Sur le premier il détacha un ensemble moulant qui l’eut du mal a mettre, tant celui ci était conçu pour épouser à la perfection les formes du corps. Il enfila par dessus un pantalon noir puis une chemise beige clair et enfin chaussa de grosses chaussures de la même teinte. Le tout était d’une matière synthétique et élaboré pour résister aux rudes températures. La surface lisse aux coutures internes et à la coupe très droite s’harmonisait avec quelques motifs longitudinaux et bicolores. De longues lignes blanches pour le pantalon et d’autres noirs pour la chemise. Cet ensemble respirait la modernité, contrastant avec son ancien accoutrement, bien moins sophistiqué.
Palov essaya alors de joindre par radio la prochaine gare, comme il le faisait depuis son départ. Mais un souffle régulier lui répondit seulement, le laissant alors sans information ni ordre quelconque.
Le wagon de tête repris tout de même son chemin, longeant le plateau jusqu'à s’en défaire pour rejoindre une autre gorge rocheuse. Voyageant dans celle ci pendant un court instant avant de parvenir à un minuscule arrêt. Ce dernier ne fut pas sans intérêt pour Palov, car, stationné au bord du quai, il vit son wagon de matériels. Les yeux grands ouverts, son attention se portait aux alentours pour éviter toute surprise. Il retourna près du placard pour prendre cette fois une longue veste beige clair. A l’extérieur, celle-ci ne s’encombrait pas de poche ni d’autre artifice inutile mais était simplement lisse et sans couture apparente. Seule une ligne blanche délimitée de noir parcourait l’élégant habit. Par contre, une fois enfilée, de nombreuses bosses s’élevaient de sa surface satinée. Il actionna les clips de fermeture puis enfila une paire de gant de la même gamme ainsi qu’un petit bonnet rond de couleur noir.
Il descendit sur la dalle fissurée et longea calmement le quai, puis son wagon. Il l’examina rapidement puis retourna son attention sur le train qui le tractait. Un peu plus loin, avec un accent fort désagréable, deux hommes sautèrent de leur convoi en argumentant des propos incompréhensibles. Palov essaya de comprendre ce patois insupportable mais préféra soudain se concentrer à nouveau sur la situation elle-même. Son pas se fit de plus en plus léger, assurant sa démarche comme un professionnel. Son cœur trahit néanmoins ce numéro en battant à tout rompre. La sueur commença à faire son apparition et des tremblements lui firent raté un pas, frottant alors le sol de sa chaussure épaisse. Le bruit lui parut vraiment démesuré par rapport au fait, et il ragea en silence. Les deux regards recouverts d’une expression de grande méfiance mais sans agressivité se braquèrent sur lui. Palov se demanda sur le moment comment n’ont ils pas entendu son train ?! La question s’envola alors qu’un des individus lui en posa une à son tour, dans cette horrible intonation roque et mielleuse à la fois. Palov se frotta l’arrière du crâne en plissant les sourcils.
• Euh ! Moi pas comprendre… Se moqua t-il en ignorant ce que cela allait produire comme réaction chez les deux inconnus.
Ceux-ci se dévisagèrent un moment avant de prendre une toute autre expression, plus désagréable et menaçante. Ils s’avancèrent lentement vers le nouveau venu, en lui laissant le temps de décrire leur immense silhouette. Leurs épaules tombaient très bas, bien plus que la moyenne, laissant pendre leurs grandes mains au niveau des genoux. La marche ridicule qu’ils adoptaient déformait davantage leur corps, montant les talons très haut pour laisser retomber tout le poids de la jambe pour déstabiliser le reste du corps. Seul leurs habits correspondaient aux normes contemporaines, un jeans noir, un sweat bleu recouvert par une veste à moitié ouverte. Touts ces éléments n’inspirèrent guère confiance à Palov qui, tout de même, restait de marbre face à ces deux grands gaillards. Une fois à son niveau, les compères le surplombaient l’obligeant à lever la tête exagérément.
• Et si je te dis que tu es pas le bien venu, toi comprendre ? S’exclama l’homme de gauche dans un tout autre accent, plus urbain mais tout de même bâclés par certaines irrégularités.
Palov s’aventura alors à la description de leur visage, marqué par le climat de cette région. Les crevasses et les rides surdimensionnées déformaient l’ensemble de la figure. Leurs yeux, effacés par les boursouflures, rappelaient ceux des taupes, tout comme les oreilles celles des rugbymans. Ca devaient être des frères, pensa t-il avant de revenir à la conversation.
• Effectivement, mais le problème c’est que quelqu’un ma volé mon matériel. Lança t-il en défiant les deux grands face à lui.
Un silence passa avant que celui de droite ne grogne étrangement, comme agacé par cette remarque. L’agressivité qu’ils affichaient ne tarda pas à se répercuter sur leurs gestes. Le bras gauche du plus expressive se planta dans le ventre de Palov qui s’arqua aussitôt, s’étouffant par la même occasion. Ses genoux touchèrent le sol au même moment que le deuxième frère lui lança son genou sur le crâne. Ce dernier partit en arrière, attirant avec lui la nuque et enfin tout le dos pour s’allonger sur le sol glacé. Palov était toujours conscient, regardant le ciel et le rapace qui dansait dans les nuages noirs. Les pieds sous ses fesses, les cuisses tendues et les bras en croix, il se mit à rire bêtement. Ces deux agresseurs le regardèrent sans comprendre, restant dans leur livide expression.

« Je me souviens, lorsque j’étais gamin on me caractérisait comme un enfant à problème. Toujours violent, jamais attentif, fugueur, et j’en passe. Après de longues thérapies un médecin me diagnostiqua un cancer, une petite tumeur au cerveau. Elle devait être la source de mes maux et de ma désagréable humeur. Cela devait être vrai car une fois passé sur le billard, je devint un être tout à fait normale… Un peu trop sur de lui néanmoins. Il faut que je me lève et que je règle ça avec la plus grande courtoisie et délicatesse. »

Palov se coucha sur le coté pour soulever de son bras gauche tout son torse, et enfin se redresser calmement sur ses jambes robustes. Il lança un regard aux deux personnages devant lui en s’arrêtant par la suite sur le seul qui lui a adressé la parole. Ce dernier commença alors à lever son bras pour argumenter ses futurs propos.
• Va t’en maintenant, tu vas nous faire avoir des problèmes… Allez, va ! Avertit l’homme dans un sérieux énigmatique
• Le souci c’est que j’ai un travail à exécuter ici, et sans mon matériel, la tache me sera plus difficile. La société qui m’envoie s’occupe d’énergie et de communication…
• Rien à foutre, ils ont le contrôle maintenant, plus besoin des pays de l’union. Coupa alors l’individu de droit, qui jusqu’à présent n’avait juste ouvert la bouche que pour grogner comme un animal.
Palov s’interrogea alors sur ces propos, et chercha de qui parlait ce dernier. Fouillant dans sa mémoire pour trouver un quelconque groupe indépendant dans la région, mais en vain.
• Quelle prise de contrôle ? Demanda t-il en créant une étrange réaction sur le visage des deux frères.
Ils se regardèrent comme si une chose terrifiante venait de ce produire. Puis celui de droite fixa Palov avec des yeux abusés tandis ce que l’autre recula jusqu’au wagon de tête.
• Va t-en imbécile !
Il rejoignit son frère dans la cabine et le silence accueilli Palov dans une ambiance morne et impénétrable. Mais ne voulant pas perdre la partie si tôt, il les suivit à la hâte avant que ceux-ci ne puissent prendre la poudre d’escampette. Arrivant au niveau de la porte il bondit aussitôt à bord en agrippant la barre de soutient en métal. Une fois l’équilibre atteint il releva le regard pour, non pas apercevoir les deux bonhommes, mais un individu tout de noir vêtu. Ce dernier était posté à l’extérieur du wagon et seul son torse et son visage étaient visibles par l’autre ouverture. Le regard sombre et le teint blême, son visage était d’une finesse exceptionnelle, l’homme dégageaient une aura pressente. Ces longs cheveux d’un noir ébène volaient au vent en balayant l’air calmement. Son regard fixait Palov, lui jetant ainsi une sensation de gène agaçant. Il n’osait bouger et même lancer une simple question, rien ne se passa durant une minute pleine. Les deux hommes se dévisageaient dans le cliquetis de l’unique aiguille de la pendule. Puis l’inconnu se retira rapidement mais tout en gardant une posture calme et assurée.
Palov réagit alors, brisant sa paralysie inqualifiable il s’élança sur les traces de l’homme en noir. Fasciné par ce dernier, il s’étonna même de le trouver étrangement attirant. Il sauta du train en atterrissant violemment sur le gravier humide et instable. Mais, sans vraiment s’en étonner, il ne trouva aucune personne à suivre, ni les frères, ni l’inconnu.
Il resta un moment à errer sur le quai en oubliant le froid et le vent, mais essayant de remettre de l’ordre dans ses pensées. Revenant sur sa discussion avec les deux disparus en s’interrogeant sur la démarche à suivre. Si il y a eut un coup d’état dans cette région, est ce que son contrat tenait toujours ? Devait il risquer de se faire emprisonné, ou même tirer dessus. On lui a déjà tapé sur la tête…
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MessageSujet: Re: Abalone Circus   Mar 28 Fév à 9:23

J'ai eu un peu de mal au début de ton chapitre 2 : qu'est-ce qui s'était passé pour qu'il se retrouve dans la cabine de pilotage ? C'est vrai que c'est dit qu'il n'arrive plus à se rappeler, mais ça ne semble pas lui poser de problème. Peut-être aurais-je insisté un peu plus sur ses interrogations à ce sujet ?

Sinon, je trouve ça toujours aussi mystérieux et intrigant...

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