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 Nadia et Horacio

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Capitaine Caverne
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MessageSujet: Nadia et Horacio   Lun 24 Juil à 15:54

Une plage située dans les îles de votre choix, entre partout et nulle part. Un soleil resplendissant y règne en permanence, agrémenté d’une légère brise qui rend la température extrêmement douce.

Au bar des Tadornes, Nadia, la belle serveuse, amène les consommations aux clients de la terrasse. Elle porte aujourd’hui un top qui met en valeur ses épaules nues. Elle aime se montrer dos nu ou épaules dénudées. Sa peau bronzée et son sourire espiègle sont les principaux atouts du bar, les clients se troublent même au point d’en oublier leur monnaie. Nadia aime provoquer, mais pas la peine d’en espérer davantage ; elle est la femme d’un seul homme, son Horacio, maître nageur et maître étalon. Alors que le jour décline, elle le rejoint à l’instant devant leur bungalow. Il est torse nu, comme souvent, en boxer short, et il affiche cet air macho qui agace et amuse en même temps Nadia… L’amazone a les mains sur les hanches et, dans une pose lascive, elle se redresse en haussant légèrement ses belles épaules.

«Vous ici, quelle joie de vous revoir ! » fait-elle en détachant les syllabes d’une voix de sociétaire de la Comédie-Française.

Horacio lui lance en riant : « Quel élocution soignée ! La barmaid des Tadornes se prend pour la belle-sœur de Sarah Bernhardt ! »

Nadia fait un grand sourire farceur à Horacio, et s’avance vers lui en remuant les poings.

« Et toi, tu veux que je te change en beau-frère du Fantôme de l’Opéra ?! »

Elle est prête à une bagarre très amicale avec son prince de la jungle. Horacio fait d’abord semblant de reculer devant elle : « Du calme, belle impétueuse ! », puis il remue les poings à son tour. Défi amoureux, invitation réciproque au ring… Ce n’est plus « Je t’aime, moi non plus ! », c’est « Je t’aime, viens te battre ! »

HORACIO : Pericoloso sporgersi, ma belle !

NADIA : Tu fais dans le polyglotte, maintenant ? Quand on se balade torse nu, on a beau jeu de faire croire que son tailor is rich !

Ils plongent l’un sur l’autre sur le sable fin et chaud de la plage, et se battent dans un nuage de poussière… Des étoiles jaillissent, les poings et les pieds des deux tendres adversaires émergent du nuage, en sortent et y rentrent. Gros plan du visage de Nadia qui crie «Aïe ! », puis fronce les sourcils dans une attitude combative. A nouveau, nuage de poussière, étoiles, poings et pieds… Gros plan d’Horacio qui crie « Au secours ! » puis replonge aussitôt dans la bataille…

Après ces quelques minutes de vigoureuse explication, la diva et l’hidalgo regagnent l’intérieur de leur bungalow en riant, se tenant par la taille comme de vrais amoureux qu’ils sont. Elle dit : « Ah, quelle bagarre, c’était génial, mon Travolta survolté ! » Il lui répond : « Tu l’as dit, ma gazelle indomptable ! Et je me sens en pleine forme pour un autre genre de lutte ! »

Petit générique, petite bande-annonce pour vous faire un peu connaître Nadia et Horacio… que je vous inviterai modestement à suivre dans leurs aventures, si cela vous agrée. (Quelqu'un va-t-il répondre "ça m'agrée de canard"?)
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Capitaine Caverne
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MessageSujet: Re: Nadia et Horacio   Lun 24 Juil à 23:04

Récit de Nadia, en direct du bar

Ce matin, je suis comme d'habitude occupée à servir les clients parfois difficiles du café des Tadornes, quand Monsieur Probus, mon patron, s’amène et pose sur mon épaule dénudée une main qui sait qu’elle a intérêt à se maintenir à l’étage supérieur et à ne pas appuyer sur le bouton « rez-de-chaussée ».

« Dis-moi, Nadia, tu n’oublies pas que c’est le bal costumé des Tadornes, demain?

- Bien sûr que non, boss, fais-je avec une assurance qui m’étonne moi-même (car en fait, bien entendu, ça m’était complètement sorti de l’esprit).

- Je compte t’y voir derrière le bar, et costumée, comme il se doit. Rassure-toi, tu auras aussi l’occasion de te divertir, j’ai bien réparti les heures de services entre Aveline et toi. »

J’en reste comme deux ronds de flan ; j’ai moins de 48 heures pour me trouver un déguisement approprié, coloré, inédit et spectaculaire. Parce que je connais mon chef, il tient énormément à ce que le personnel donne de son estaminet une image flamboyante, aux antipodes des gravures d’Epinal. Au moment où il tourne les talons, je m’aperçois que je ne lui ai pas encore posé cette question décisive :

« Y a un thème, boss ?

- Les héros de séries télé ! C’est porteur, avec la vogue de la télé-nostalgie ! »

Je respire… L’année dernière, c’était les découvertes scientifiques… et un costume de microscope, pour danser, c’est pas pratique, j’en ai fait l’expérience.




Récit d'Horacio, en direct du bungalow

Ma belle Nadia vient de faire dans le salon une entrée fracassante (genre « un typhon-phon-phon les petites marionnettes »).

Nadia Tu as trois secondes huit dixièmes pour me trouver une bonne idée de déguisement télévisuel. Passé ce délai, ta plénitude risque d’être gravement hypothéquée.

Horacio C’est marrant, on dirait une chanson de Maxime le Forrest-Gump ! C’est joliment tourné, harmonieux, mélodieux, les mots sont bien choisis, mais ça ne veut strictement rien dire !

Nadia Bon, je te fais la version courte : soirée déguisée demain soir – stop. Urgence trouver costume flashant – stop. RSVP.

Horacio Le bal masqué des Tadornes ? Déjà ?

Nadia En effet, mon Méphisto ! Sur le thème des vieilles séries télé !

Horacio Mais c’est épatant ! Tu as déjà la beauté de Jill des Drôles de Dames, la souplesse de Super Jaimie et la personnalité d’Alf. Que demander de mieux ?

Nadia J’ai aussi un pote qui cumule le physique du capitaine Kirk et l’humour truculent de Mr Spock. Mais tout ça ne m’inspire guère !

Horacio Te casse pas trop la tête, ma stalactite ! Prends n’importe quel déguisement… Dans la foule, on ne te repérera pas ! La nuit, tous les chats sont gris.

Nadia Et à partir d’une certaine heure, dans ce genre de soirée, tous les éléphants sont roses. Hé, une minute ! Qu’est-ce que tu viens de dire ?


Récit de Nadia, qui vient d'avoir une idée fumante et fumeuse

En parlant de chats, mon Horacio vient de provoquer un déclic : j’attrape un vieux Detective Comics qui traînait par un heureux hasard sur une table, je le feuillette… Mais oui !!!!! La voilà, la solution !!!!

Nadia Regarde ça, mon Horacio : Batman et Catwoman, le chevalier des temps modernes et la féline. C’est pas notre portrait tout craché ?

Horacio Oh non !

Nadia Oh si, mon chiroptère furibard ! Crois-moi, on va faire un tabac dans ce double rôle, j’en ai l’intuition toute féminine.

Pas nécessaire d’avoir fait un doctorat en logique et philosophie des sciences pour comprendre qu’il y a loin de la conceptualisation d’une idée à sa réalisation concrète. Faut dire que partir à la chasse aux costumes 12 heures avant le début du grand bal masqué, c’est pas un bon plan. Avec Horacio, on a fait cinq loueurs de déguisements sans rien trouver, et on a terminé par un Japonais qui voulait absolument nous vendre un masque d’Albator et une perruque de Candy. Horacio me regarde d’un air fataliste.

Horacio On n’a plus qu’à jeter notre dévolu sur n’importe quel costume, ma kangouroute !

Nadia Pas question ! Si on ne peut pas louer un costume, on le fabriquera nous-mêmes !

Horacio Si tu étais aussi douée pour la couture que pour le tae kwondo, je pense que je m’en serais aperçu !

Nadia Et alors ? On en connaît qui ont réussi avec peu de talent et peu de moyens !

Horacio C’est pas plutôt peu de moyens et beaucoup de talent ?

Nadia Peu importe, c’est bonnet blanc et bonnet de nuit ! Tu sais que moi, quand j’ai une idée dans la tête…

Horacio … elle s’ennuie toute seule !
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Capitaine Caverne
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MessageSujet: Re: Nadia et Horacio   Mar 25 Juil à 10:20

Récit d'Horacio ("Qu'allais-je donc faire dans cette galère?")

Je dois admettre que Nadia s’est bien débrouillée. Pour faire ma cape de Batman, elle est allée prendre un vieux manteau dans une malle, elle me l’a jeté sur les épaules, et puis, elle a découpé de vieux rideaux usagés pour me confectionner un masque adéquat. Ensuite, elle a retrouvé, dans un coin de la mansarde, une peluche géante de la panthère rose, très largement décolorée ; elle en a retiré toute la mousse et toute la ouate qu’elle contenait, et elle en a fait sa combinaison de Catwoman. Oui, c’est vraiment du bon boulot ! Juste un petit bémol : on ne ressemble PAS DU TOUT à Batman et Catwoman !!! En fait, on ne ressemble à aucun personnage de série télé ! Et pour tout dire, on ne ressemble à rien d’identifiable !!!

Nous voici à l’entrée du café des Tadornes, et je n’arrive toujours pas à convaincre Nadia qu’on est saugrenument grotesques.

Nadia On va faire une entrée triomphale ! Et si tu voulais bien arrêter de dire qu’on ne ressemble à rien, tu ferais de moi la plus heureuse des nanas !

Horacio Bon… Alors, disons qu’avec quelques effets de lumière et beaucoup d’imagination, on peut se hasarder à trouver que je ressemble à l’abbé Pierre qui fête Halloween.

C’est alors que Nadia me met la main sur le poignet et me décoche un de ses sourires qui me font craquer : « Rassure-toi, tu es beaucoup plus jeune et plus costaud que l’abbé Pierre, mon centaure et sans reproche ! »

Nous sommes accueillis par Aveline, la collègue de Nadia, déguisée en Morticia Addams, qui manque plusieurs fois de se prendre les pieds dans sa longue robe noire :

« Nadia, Horacio ! Entrez, vous êtes formidables ! Vos déguisements sont terriblement ressemblants ! »

Nadia me regarde déjà d’un air victorieux, quand Aveline ajoute :

« Et c’est une super idée, vous méritez un prix d’originalité. Je suis sûre que personne d’autre n’aura pensé à imiter les monstres du Muppet Show ! »



Récit de Nadia (Dans quel état j'erre?)

Ma fierté m’interdit de l’admettre devant lui, mais Horacio a tout à fait raison : je ne ressemble pas plus à Catwoman qu’il ne fait penser à Batman. Probus, qui n’y connaît que dalle, m’a tout de même complimentée pour mon costume, il a cru que je représentais Wonder Woman en tenue d’hiver. Par chance, aucun des invités ne m’a demandé en quoi j’étais déguisée ; ils ont peur de passer pour des incultes, je suppose. Je viens de servir son pinot gris à un J.R. Ewing qui ricane ostensiblement sous son chapeau texan, un jus de carottes à Clarence le lion qui louche (c’est Maître Pisaller, le notaire ; il louche naturellement, facile de le reconnaître sous sa crinière) et un chocolat tiède au commandant de La croisière s’amuse.

Il est 21 heures 15, mon service est terminé, je passe la main à Aveline. Je bois un petit zizi coin-coin (Quel nom évocateur !) et je vais rejoindre Horacio, mon bath man, comme on aurait dit dans les années 60. Je sais que je ne suis pas Catwoman, mais je vais sortir mes griffes. Dans ces moments-là, je sens pleinement qu’on est félin pour l’autre. Sorry pour les jeux de mots ringardounets, je me sens encore plus gamine que d’habitude, c’est sans doute le zizi coin-coin qui fait la danse des canards dans ma tête.

Soudain, un cri angoissé d’Aveline me dégrise : « On a volé la caisse ! » (Ben merdoum, alors…)
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Capitaine Caverne
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MessageSujet: Re: Nadia et Horacio   Mar 25 Juil à 23:18

Récit d'Horacio, au coeur de l'action

Nom de Dieu, j’ai cru entendre Aveline crier qu’on avait volé la caisse du café. Est-ce que Nadia a entendu ? Ah, la voilà justement…

- Horacio…

- Nadia…

Nadia et Horacio en chœur Quelqu’un vient de s’enfuir avec la caisse du café !

(Silence ahuri d’une demi-seconde…)

Nadia et Horacio toujours en chœur T’as pas bientôt fini de répéter tout ce que je dis ?!

Nadia Regarde, un gars s’enfuit par là, je crois que… Mais oui, la boîte de cigares qui contient l’argent… Il l’a sous le bras !

Nadia s’élance à la poursuite de l’individu. Elle a réussi à se frayer un chemin ; moi, je suis coincé par la foule. Nadia se débarrasse de sa pseudo combinaison de Catwoman ; elle est en débardeur, c’est signe que ça va chauffer ! Quelle agilité, elle slalome entre John Steed et Emma Peel, écrase les orteils de Casimir, déchire accidentellement la cape de Zorro, bouscule Belphégor et se jette sur le type qui atteignait la sortie.

Horacio Permettez, M’sieurs dames… Ma copine se cogne avec un chapardeur… Faut que j’aille lui donner un coup de main ! Tiens bon, ma mésange de combat, j’arrive !

Nadia Pas la peine, mon coq de bruyère, je l’ai terminé !

Nadia tient le voleur immobile, par terre, tandis que les flics, alertés par Aveline, arrivent comme leurs ancêtres les carabiniers. Et le voleur n’est autre que le marchand de liqueurs, Monsieur Pigeonneau, déguisé en Colombo.

« Mais enfin, Monsieur Pigeonneau, lui demande Probus, vous qu’on a toujours connu si paisible, pourquoi avez-vous fait cela ? »

Et Pigeonneau répond, d’une voix rauque et traînante :

« Ben, voyez, M’sieur… C’est pour ma femme… Elle avait besoin d’un nouveau lave-vaisselle… »

Après ce petit intermède sans gravité, je me retrouve avec Nadia au milieu de la petite piste de danse : on se tient enlacés dans un corps à corps debout, qui tient le juste milieu entre le tango et la lambada.

Nadia Dis donc, mon zoulou zélé, pour cette nuit, j’ai une idée de bal costumé privé sur les personnages de série télé…

Horacio Dis-moi tout, mon amazone de discothèque…

Nadia Toi en Tarzan, et moi en Sheena, reine de la jungle.

Horacio Génial ! Et là, on n’aura aucun souci pour les costumes !

Et on continue à danser, nez contre nez, sourcils froncés, sourire bagarreur aux lèvres… C’est ici qu’on vous laisse (provisoirement), la série télé qu’on va se jouer cette nuit risque d’être classée X-file.
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Acyella
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MessageSujet: Re: Nadia et Horacio   Mar 25 Juil à 23:44

Très sympa!

Au début , disons au premier paragraphe j'avais un peu peur de me retrouver dans une histoire quelque peu banale à cause du cliché de la superbe serveuse de la terrasse ... mais en fait nles dialogues sont vraiment plaisants, plein de dynamisme, j'aime beaucoup le registre que tu utilises. Les deux personnages. La situation.

J'ai trouvé cela très agréable à lire. Pour chipoter il y a juste une phrase que je lis de façon moins naturelle que les autres et qui me turlupine.

Citation :
tu es beaucoup plus jeune et plus costaud que l’abbé Pierre, mon centaure et sans reproche ! »

Mais c'est juste le seul point que j'ai à signaler et puis c'est pas grand chose.
C'est juste que je la trouves tournée bizarrement cette phrase Very Happy
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Capitaine Caverne
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MessageSujet: Re: Nadia et Horacio   Jeu 28 Déc à 21:00

Avec un peu de retard, je remercie Acyella de son commentaire.

Nouvelle histoire :

Récit de Nadia, au volant de sa voiture

Je ne sais pas trop pourquoi, c’est quand elle est dans ma voiture qu’Aveline, ma collègue et amie du bar des Tadornes, se souvient qu’elle a reçu une éducation religieuse. J’avoue que son syncrétisme m’épate : elle récite le Notre Père prostrée sous la banquette arrière, dans une attitude de prière musulmane, et en tremblant comme un quaker. De temps en temps, elle émerge et crie :

« Nadia, le feu rouge !!! T’as pas vu le feu rouge ???

- Enfin, Aveline, je ne m’amuse pas à regarder le paysage quand je conduis ! Concentration avant tout !

- Nadia, je rêve ou tu fais du 160 sur une route limitée à 110 ?!

- C’est un don de naissance. Déjà à la maternelle, j’arrivais à faire des vols planés de 2 mètres 20 sur des toboggans d’1 mètre 10. »

BANG !

Aveline C’était quoi, ça ?

Nadia On a crevé à l’avant gauche. Mais comme on a perdu la roue arrière droite, ça équilibre ! De toutes façons, on est arrivées !

Aveline descend de ma bagnole, encore toute fébrile, et découvre l’endroit où je l’ai amenée : une petite bâtisse rectangulaire, assez vermoulue, qui a dû servir autrefois de "centre culturel" (autrement dit : salle de volley-ball et de banquets crabes-anguilles-frites).

Aveline Où sommes-nous, ici? Et qu'est-ce que c'est que cette cahute ?

Nadia Les studios d’une radio locale. Jusqu’à présent, elle émet dans un rayon restreint, mais elle pourrait recevoir bientôt l’autorisation d’augmenter sa puissance de diffusion.

Aveline Qu’appelles-tu un rayon restreint ?

Nadia Elle émet du 9 de la rue Carpillon jusqu’au 25 de la même rue. Avec Horacio, on vient d’y postuler comme animateurs. Une petite activité d’appoint !

Ma collègue observe le dessin qui orne la porte, et qui représente une jolie méduse, bien flasque et bien inexpressive, comme le sont toutes les méduses respectables.

Aveline Ne me dis rien, laisse-moi deviner : cette radio s’appelle « la radio de la méduse » ?

Nadia Gagné !

Aveline Et… la grille des programmes est à l’image de l’humour du responsable ?

Nadia Encore pire ! Chansonnettes d’amour sirupeuses, refrains d’ambiance pour farandoles de mariage, sans oublier les bulletins d’informations qui datent de la semaine précédente et les émissions thématiques consacrées aux clarinettistes septuagénaires.

Aveline Nadia, tu te fous de moi, là ?! Qu’est-ce qu’Horacio et toi, vous êtes venus fiche dans ce machin pourrave ?

Nadia Eh bien… on a pensé qu’on pourrait y apporter un peu de sang neuf…



Récit d'Horacio, en direct de la médusante radio

Je suis seul dans le studio, la musique marche en pilotage automatique non-stop jusqu’à 13 heures, ça nous laisse 15 minutes, c’est très bien… Ma tendre Nadia ne devrait pas tarder. Ah ben tiens, quand on parle de la tigresse… Voilà qu’elle passe la porte, justement !

Horacio Sois la bienvenue, mon espiègle chevalière!

Nadia Alors, mon cap’taine Fracasse, tu as eu la grille des programmes ?

Horacio Yep ! Le patron de la radio, comment il s’appelle, déjà, le vieux qui chevrote ?...

Nadia Tu parles de celui qui chevrote en ut mineur ou de celui qui déglutit entre deux bêlements ?

Horacio Celui qui porte des gilets de flanelle jaune faucon.

Nadia C’est Albert Baderneau, lui ! L’autre, c’est le secrétaire, Jules Ganachon !

Horacio Voilà, Baderneau, c’est ça ! Il m’a dit qu’on débutait à 13 heures avec l’émission de dédicaces. Il paraît que c’est très simple, les auditeurs viennent un peu causer sur antenne, demandent à entendre une chanson de leur choix parmi les disques qui sont au studio, et la dédient aux gens qu’ils aiment bien, c’est tout bête !

Mon ineffable Nadia s’approche de la pile de disques (rien que des vinyles) qui s’entassent pêle-mêle sur une chaise branlante.

Nadia C’est ça, leur programmation ? La prière périgourdine par Turnedo Rossini… Les roses pervenches par Ines-Pentecôte Crampedubas… Bosco le p’tit biscuit par Radada et Roudoudou…

Horacio Et n’oublie pas le plus beau : J’ai la rate au court-bouillon par le caporal Cirebottine et ses Joyeux Trouffions éplucheurs de patates.

Nadia J’hallucine… Tous les trucs que Clovis faisait écouter aux Alamans pour leur scier le moral à la bataille de Tolbiac. Au moins, lui, il avait trouvé une utilité à ces daubes.

Horacio Et pas un seul CD ! Juste un petit lecteur compact, ici, mais qui n’a pas dû beaucoup servir. La seule chose qui me rassure un peu, c’est que je n’ai pas encore vu de phono à manivelle ni de paléophone à levier, dans aucun coin du studio. J’ai pas encore fouillé l’armoire, faut dire…

Nadia C’était bien la peine que je me coltine deux caisses de CD rangés par ordre alphabétique avec l’aide d’Aveline. Bon, il est l’heure, on y va, mon prédateur diurne ?

Horacio On y va, ma baie de belladone ! Micro branchés, curseurs levés… Go !!!!

J’improvise un vague texte de présentation, relayé par Nadia et ses fous-rires… Je ne sais pas si c’est convaincant, mais faut bien essuyer les plâtres d’une façon ou d’une autre. Pendant qu’on passe un peu de zizique assez mièvre, le téléphone sonne. Première auditeur/trice, je suppose…

Horacio Allô, Radio de la Méduse.

C’est une voix aigre de vieille dame sèche qui me répond.

La voix Bonjour, vous avez une voix bizarre ! Une voix jeune ! Vous êtes jeune ?

Horacio Euh, vous savez, on est toujours le jeune de quelqu’un !

La voix Je n’aime pas les jeunes ! Je suis Madame Lacrimonieuse, je veux passer la première sur antenne parce que j’ai payé assez cher ma carte de membre pour soutenir la radio, et j’ai des tas de choses à raconter sur antenne à propos des gens qui m’énervent !

Je regarde Nadia avec consternation. L’après-midi va être long…
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Capitaine Caverne
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MessageSujet: Re: Nadia et Horacio   Jeu 28 Déc à 21:12

Récit de Nadia, qui découvre les joies de la radio libre

Je vais craquer… Madame Lacrimonieuse est restée un quart d’heure sur antenne, elle a parlé de sa sciatique, des rognons qu’elle a laissé brûler, de sa belle-fille qui est une feignasse et des fêtes de village qui ne sont plus ce qu’elles étaient. Ensuite, elle nous a demandé La vallée du cœur, une chanson que je n’arrivais pas à trouver avant qu’elle ne se souvienne que le titre était en fait Le cœur avalé. C’était une face B, j’ai eu du mal à mettre la main dessus… La vioque nous a traités d’incapables et a raccroché.

Ensuite, c’est une certaine Mélanie Falote, qui nous a demandé « un truc joyeux mais sentimental quand même, qui fait pleurer mais pas trop, avec des violons et de l’accordéon ». J’ai pris ce que j’ai pu dénicher, et je lui ai passé un instrumental en 78 tours où j’ai cru reconnaître, au milieu des craquements, un solo de harpe et un accompagnement au célesta. Il a bien fallu qu’elle fasse avec !

Puis, on a eu droit à Lucile et Armand (des habitués de la radio, paraît-il) qui nous ont demandé Le twist des mérous et l’ont dédicacé à leur poisson rouge. En plus, il s’appelle Totor, leur poisson rouge, on croit rêver.

Les dédicaces sont terminées, on a remis de la musique non-stop en interlude, quand tout à coup, le téléphone sonne à nouveau. Je fais signe à Horacio de ne pas se déranger, et je réponds.

« Gnallô ? Gnadio de la Gnégnuse ? » (articulation relâchée, signe évident d’un ras-le-bol certain et d’un indubitable début de « j’en ai rien à foutre »)

Une voix chevrotante, déjà évoquée précédemment, se fait entendre dans l’écouteur :

« Allô, ici Albert Baderneau ! Bon, les enfants, techniquement, c’est pas trop mal, ce que vous faites… Mais vous manquez d’enthousiasme, vous oubliez la mission sacrée de la radio ! Notre but, c’est de donner du bonheur aux gens !

- Sans rire, Monsieur Baderneau, si vous voulez bien pardonner ma franchise, on pourrait sûrement donner beaucoup plus de satisfaction aux auditeurs en abandonnant vos crincrins de Saint Sylvestre et vos vieux refrains de ténors au bubble-gum ! »

Un silence de trois secondes… Je devine l’effarement chez Baderneau, il ne doit pas avoir l’habitude de s’entendre dire ça. Il enchaîne d’un ton méfiant :

« Et vous voudriez quoi à la place, chère Mademoiselle ? »

Je lance la première idée qui me vient à l’esprit :

« On pourrait essayer un débat d’idées contradictoire sur un phénomène de société. C’est le genre de chose qui intéresse toujours beaucoup le public ! »

Nouveau silence, un peu plus long… Baderneau hésite ; à mon avis, il n’a rien compris du tout, mais il veut paraître ouvert à toutes les suggestions.

« Oui… Hum… Quoique… Soit, je vous donne carte blanche, si vous pouvez animer ce genre de programme, ça ne coûtera peut-être rien d’essayer. »

Je raccroche. Horacio s’approche de moi.

Horacio Dis donc, ma Vénusienne préférée, t’es gonflée ! Où vas-tu les trouver, les participants à ton débat d’idées ?

Nadia C’est là qu’il va falloir bien réfléchir, mon Martien favori ! Il nous faudrait, de préférence, au moins deux personnes d’avis bien divergent…

Horacio Hum, oui, deux personnes qui puissent se contredire et s’apostropher…

Nadia … qui puissent se bigorner, se foncer dans le lard et se friter dans la joie.

Horacio Des gens comme toi et moi, en somme, mon ombre nombriliste ?

Nadia En effet, mon alter ego centriste ! Je vois qu’on a la même idée, pour une fois.


Récit d'Horacio, l'animateur qui monte

Aveline Mais enfin, pourquoi voulez-vous me forcer à participer à votre cirque ?

Horacio C’est pas un cirque, Aveline, c’est une radio. Et même si ça vire au désastre, c’est pas bien grave, tu pourras toujours t’expatrier, changer de nom et vivre en permanence avec un masque de professeur Tournesol sur le visage, il paraît qu’après six ou sept mois, on s’y fait.

J’installe Aveline derrière le micro, Nadia la met à l’aise en lui expliquant que tout va bien se passer, ce dont notre amie n’est guère persuadée. On a bien expliqué à Baderneau qu’on lui amenait une nouvelle animatrice bénévole pour animer le débat, mais on ne lui a pas dit que la controverse se ferait entre Nadia et moi, c’est la surprise !

Nadia Au fait, mon Jean Jaurès des îles, tu sais qu’en général, on retient plutôt les arguments du débatteur qui parle en dernier. J’ai donc décidé qu’un tirage au sort intelligemment conçu t’avait désigné pour parler le premier.

Horacio Merci, ma Rosa Luxembourg d’outre-mer ! Alors, si tu permets, je vais répartir équitablement le temps de parole. Quand tu verras la petite lampe rouge s’éteindre, ça voudra dire que les micros sont coupés et que c’est à toi de parler.

Pendant ce temps, Aveline lit les notes préparées par Nadia d’un œil incrédule et ahuri.

Aveline Nadia, dis-moi… Tu as lu le texte de présentation que tu m’as écrit ?!

Nadia Ma chère Aveline, je vais t’en apprendre une bien bonne : il est pratiquement impossible de ne pas lire ce qu’on écrit. Je m’en suis rendu compte avec vexation à l’âge de dix ans, quand j’ai écrit, sur le mur de l’école primaire, « Prout à la grande nouille qui le lira ».

Aveline Je veux dire, tu es au moins consciente que ton texte ne veut rien dire ?!

Nadia Evidemment, puisque je n’ai rien voulu dire en l’écrivant ; c’est donc un texte qui atteint ses objectifs.

Aveline Mais quels objectifs ?!

Nadia Etre écrit rapidos et terminé avant qu’on ne reprenne le cours des émissions. On a encore huit secondes, là… Huit… Six… Deux… Hop !

Aveline, dévorée par le trac, commence à ânonner le texte de Nadia.

Aveline Mesdames et Messieurs l’auditoire, c’est Aveline qui vous parle dans le micro que vous ne voyez pas, vu que vous avez un poste de radio à la place. Vous êtes réunis sur nos ondes pour écouter un grand débat en quinze rounds entre deux polémistes renommés : d’une part, Monsieur Horacio, qui représente l’association de la liberté pour la spontanéité des coudées franches, et d’autre part, Mademoiselle Nadia, membre de la ligue pour la latitude des loisirs ad libitum. Le tirage au sort a désigné Monsieur Horacio pour ouvrir le débat.

Horacio Bonsoir ! Je voudrais tout d’abord…

Nadia Stop, mon cher et estimable adversaire, je ne suis pas du tout d’accord avec vous !

Horacio Mais je n’ai encore rien dit !

Nadia Bien sûr que si, vous avez dit "Bonsoir". Or, il est 17 heures 30, nous ne sommes pas le soir. Pour moi, la soirée commence à peine vers 18 heures, voire 18 heures 30. La soirée est un moment privilégié, tous les couples le savent… Et désacraliser le romantisme de la soirée, c’est saper les fondements de nos institutions vespérales.

Horacio Je m’insurge, votre conception de la soirée est archaïque ! Il faut au contraire redynamiser le concept, élargir la soirée pour qu’elle ne soit plus le privilège des couche-tard ! Après la semaine des 35 heures, nous obtiendrons la soirée des 17 heures.

C’est super, je suis bien lancé, Nadia pète des flammes aussi, on a un vrai débat de fond. Je me demande pourquoi le visage d’Aveline se décompose et pourquoi elle se cache les yeux avec la main quand on parle…
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Capitaine Caverne
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MessageSujet: Re: Nadia et Horacio   Jeu 28 Déc à 21:18

Récit de Nadia, la reine du débat argumenté

Pas de quoi pavoiser dans les chaumières ! Notre fulgurant débat a, paraît-il, fait fuir tous les auditeurs. La seule qui a bien voulu commenter l’émission, c’est Madame Lacrimonieuse, qui a protesté en disant que les sketches comiques, normalement, ça passait le dimanche à 23 heures 45, et qu’elle voulait entendre La complainte du pauvre hère qui a perdu sa brosse à dents, parce qu’elle avait la goutte et qu’elle payait assez cher pour ça. Pour écouter la radio, pas pour avoir la goutte !

Bon, j’admets, quand on a abordé la question de la réforme de l’éducation, Horacio a pu déranger certains auditeurs en proposant de remplacer les séances d’information sur la sécurité routière par des stages de plongée sous-marine. Mon Horacio est souvent un peu excessif ; mon idée d’inclure l’éducation sexuelle au programme des cours de sport mixte était tout de même plus modérée. Bref, Aveline a été remerciée, à son grand soulagement, et Ganachon, le secrétaire de la radio, nous a informé, avec beaucoup de diplomatie et d’affabilité contrainte, que Baderneau était au bord de l’apoplexie et qu’il nous fallait d’urgence revenir à des grilles de programmes plus conventionnelles.

Nadia Voyons, Monsieur Ganachon, je ne vous apprendrai rien si je vous dis qu’une bonne programmation repose sur la diversité.

Ganachon Oui, vous avez sans doute raison, mais nous devons… faire une généralité.

M’énerve, m’énerve, m’énerve… Qu’est-ce que ça veut encore dire, ça, faire une généralité ? Encore une phrase bidon et vaseuse dont on se sert pour se défiler à moindres frais. Ah, il veut de la généralité ! Il veut du pêle-mêle ! Il veut du patchwork ! Il va en avoir !

Nadia Horacio, mon pivert à tête rouge, tu sais à quoi je pense?!

Horacio Euh, non, ma chardonnerette à pois. Et toi, tu le sais ?

Nadia Ce soir, pour l’émission de variétés, on va leur faire un hyper mélange. Des triades musicales, trois disques de genre différent passeront en même temps !

Horacio Tu rigoles ???

Nadia Rien que d’y penser, oui, je rigole ! Prépare le compact et les deux platines, on va voir ce qu’on va voir ! Enfin… On va voir ce qu’on va entendre !

Horacio Mais dis donc, ça va être complètement cacophonique ! Que vont dire les auditeurs ? Et les patrons ?

Nadia Justement, ils ne diront rien ! On ne peut rien dire à propos de ce qui est indescriptible !

Ils vont être choyés, les auditeurs… Je leur passe La bande à Bécile avec La belle de Caduque en bruit de fond, tout ça rehaussé par quelques accords choisis des Rugueux du Reggae. Ensuite, les rengaines des Campagnols de la Chanson accompagnées par Les enfants de Kierkegaard (groupe de hard rock danois) et, en contrepoint, Goûtons voir si le vin est bon par les Chevaliers de la table rase. Puis, j’enchaîne avec Sétropinjuss par Kalimera le poussin grec, et en stéréo, le grand air des Hiboux à genoux de Faust, sans oublier de pimenter avec la Farandole Tartignole.

La morale de cette histoire, c’est qu’il faut pas énerver Nadia, sinon… Bah, sinon, elle se fait virer !



Récit d'Horacio, après le come back at home

Retour au bungalow. Je suis sur le canapé avec Nadia, et on se marre comme des marsouins.

Nadia Ah, punaise, la tête des deux vieux schnocks ! On aura au moins eu un bon souvenir de cette expérience radio !

Horacio Tu l’as dit, ma lutine mutine, c’était tordant ! Mais on ne devra plus s’occuper de radio à l’avenir, c’est pas pour nous.

Nadia Je le crois aussi ! Mais ça ne nous empêche pas d’écouter de la bonne musique chez nous. Je te passe un truc qui chauffe, mon doux korrigan ?

Horacio A ta guise !

Nadia se dirige vers la chaîne hi-fi et nous fait entendre du rock des sixties qui nous donne des fourmis dans les gambettes. On commence à danser en mesure, quand le téléphone sonne. Je commence à maudire cet engin !

Horacio Allô ?

Voix au téléphone Allô, ici, c’est Madame Lacrimonieuse, votre nouvelle voisine ! Arrêtez donc cette musique dégénérée, et passez plutôt une sérénade à la contrebasse. Je paie un loyer assez cher pour exiger ça !

Je laisse tomber le combiné du téléphone.

Nadia On dirait que notre quartier a bien plu à ta grande amie.

Horacio Tu veux pas lancer une alerte à la bombe et demander à cette paltoquette de déguerpir ?!

Nadia agrippe doucement mais fermement ma chemise, avec son sourire de féline prête à bondir.

Nadia Va faire tes courses toi-même, tu l’as eue plus souvent au téléphone que moi, mon roi des grizzlys !

Horacio Et c’est pas toi qui avais eu l’idée de la radio, ma Bagheera bagarreuse ?!

PAF PIF SOCK BOUM BOXE TSAK BAM BUNK BONG COGNE PIF TUNK!!!

NDLR. Notre envoyé spécial nous signale que Madame Lacrimonieuse, lasse de la musique, des bagarres et des bruyantes réconciliations sur l’oreiller de Nadia et Horacio, a rapidement déménagé. « Les jeunes d’aujourd’hui, ils sont monstrueux, ils écoutent de la musique de Peaux-Rouges, ils se battent comme des chiffonniers et ils font des choses sans intention d’avoir des enfants », a-t-elle déclaré sur l’antenne de la Radio de la Méduse.
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