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 SF 5 D'un enfer à l'autre

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Vincent C
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Nombre de messages : 49
Date d'inscription : 10/12/2008

MessageSujet: SF 5 D'un enfer à l'autre   Ven 7 Aoû à 11:07

L’immense majorité des élèves gardiens s’était engagée par vocation, vocation à profiter d’un système, à régler ses problèmes d’ego, où vocation à survivre.
Certains étaient des enfants de gardiens et avaient profité d’un système qui subvenait à tous les besoins de leurs familles. Logement, repas, éducation, et même les vêtements ; tout était pris en charge par l’administration pour les familles des gardiens, dont l’un des membres, le père ou la mère, risquait sa vie pour que les braves gens puissent dormir en paix, on leur devait bien ça. Les enfants de ses familles étaient souvent d’une intelligence limitée et le peu d’emplois disponibles sur le marché du travail les incitaient le plus souvent à suivre les traces de leur parent gardien. Habitués à subir une autorité pas toujours pertinente, ils allaient à l’issue de leur formation, grossir les rangs des fonctionnaires dévoués et obéissants. Gardiens de base, chargés du maintien de l’ordre, ils bénéficiaient de nombreux privilèges en termes de salaires et d’avantages en nature. Ils étaient prêts à se sacrifier, non pas pour l’administration, mais pour le train de vie qu’elle leur conférait.
D’autres avaient une approche plus martiale de leur futur métier. Élevés dans un milieu hostile, et souvent violent, ils cherchaient depuis leur plus jeune âge à s’épanouir en évitant d’être livrés à eux-mêmes. En quête de force et de pouvoir, plus que d’ordre, ils parvenaient à s’accommoder de l’autorité qui leur était imposée, pour peu qu’elle les laisse exprimer leur violence dans un contexte simple et sécurisant. Autonomes, mais pas assez disciplinés pour intégrer un groupe de combat, ils travaillaient en solo, tout en se voyant donnés des ordres précis. Assignés aux opérations extrajudiciaires, qu’on aurait facilement qualifiées d’exécutions sommaires à une autre époque, ils deviendraient des tueurs efficaces mais sans imagination.
La troisième et dernière catégorie regroupait les éléments qui disposaient du plus gros potentiel, mais dont la formation nécessitait le plus d’efforts. Arrivés presque par hasard, ils avaient rejoint le camp des gardiens poussés par la faim et la misère. Issus de rien, ils étaient capables d’endurer la privation et d’évoluer dans les bidonvilles sans s’y faire repérer, avant d’ouvrir le feu. Mais leur force était aussi leur faiblesse, cherchant à s’épanouir dans un milieu dont ils n’étaient pas issus et qui était en guerre contre les leurs, ils faisaient facilement preuve de mansuétude envers les petits criminels ; c’est pourquoi une fois leur formation terminée, on les assignait à la traque des terroristes les plus violents et des malfaiteurs les plus endurcis.
Dragan faisait partie de cette catégorie de gardiens qui aurait aussi bien pu devenir criminels si le destin ne l’avait pas poussé un jour devant les portes d’un centre de recrutement alors qu’il n’avait pas dormi depuis plusieurs jours et que son estomac criait famine. L’entretien s’était déroulé sans surprise :
« Vous avez des membres de votre famille dans le corps des gardiens ?
- Non.
Quel est le métier que vous rêviez de faire, essayer de remonter aussi loin que vos souvenirs peuvent vous le permettre.
- Magicien… ou cosmonaute, je ne sais plus très bien » avait-il répondu.
L’orienteur cocha la case – potentiel Alpha – pour le diriger vers un centre d’éducation spécialisé. L’institution avait besoin de jeunes comme lui pour lutter efficacement contre le crime et la sédition, et il fallait aussi prendre en compte que son état général et sa santé étaient particulièrement dégradés, il n’allait pas pouvoir subir le même entrainement que les autres dès son incorporation. On lui consacrerait plus de temps, afin d’en faire une arme plus solide et plus tranchante. L’orienteur ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire, les jeunes comme Dragan étaient de plus en plus rares à se présenter chez les gardiens.
Le lendemain, il prenait le train pour l’école de formation des gardiens NR.47 située dans l’Est de ce qu’on appelait la France il n’y a pas si longtemps. Après l’unification des pays, seules les villes avaient gardé un peu d’autonomie et conservé un semblant d’identité. Les régions, départements, et autres cantons avaient été jugés inutiles et discriminatoires, leurs budgets avaient été progressivement réduits à néant, il ne fallut ensuite que quelques années pour que leurs noms mêmes tombent dans l’oubli. On continuait à se repérer avec les noms des continents. Les déplacements n’étaient pas officiellement interdits, d’ailleurs le droit de circuler pour les biens et les personnes était garanti par la Charte universelle, c’était juste devenu trop cher et trop compliqué pour les personnes. Quiconque voulaient franchir les frontières de la ville devait faire la demande dans une préfecture pour obtenir un « carnet de déplacement », puis donner sa future destination et attendre l’accord de la préfecture d’accueil, cet accord était automatique mais prenait souvent plusieurs semaines pendant lesquels le voyageur potentiel devait rester joignable. Bref, quitter la ville relevait du casse-tête réservé aux corporatistes dont les frais de déplacement et les démarches administratives étaient effectués par leur entreprise. Pour les autres, il fallait disposer d’un ordre de mission officiel qui faisait office de carnet de déplacement, de titre de transport, et de laissez-passer. Les corporatistes se référaient souvent aux noms des continents pour parler entre eux des endroits où ils se rendaient tandis que les fonctionnaires en mission ne connaissaient que les noms de quelques villes aux alentours.
Une autre raison, plus insidieuse, qui faisait que les gens ne voyageaient pas, était que la distribution des tickets de rationnement, seul moyen de subsistance pour la quasi-totalité de la population, était organisée par les mairies. La lenteur administrative, savamment orchestrée, obligeait les nouveaux venus dans une ville à passer plusieurs jours sans en bénéficier. Il y avait bien eu quelques plaintes, mais la Haute Commission des Recours, saisie pour l’occasion, avait conclu que malgré le droit des individus à disposer des moyens de subsistance vitaux – garanti par la Charte Universelle –, un tel retard ne pouvait faire l’objet de poursuite car il ne résultait pas de la mauvaise volonté de l’administration, mais de facteurs externes qui ne faisaient que ralentir légèrement l’application de ce droit. Dans un monde ou une poignée de privilégiés écumait les continents et où presque tous les autres savaient qu’ils n’iraient jamais plus loin que là où porte leur regard, Dragan avait savouré avec avidité son voyage de quelques centaines de kilomètres, avant de finir par s’assoupir, bercé par le ronronnement du train et les secousses régulières qui accompagnaient le défilé de villes et de champs tout le long du trajet.
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