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 Ta´am

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Tornade
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MessageSujet: Re: Ta´am   Sam 19 Mar à 21:17

Ah oui dans le genre phrase culte y a celle-là :

Citation :
Ou alors je dois reconsidérer franchement la possibilité de commencer à parler aux meubles.

Bon ben bien sûr maintenant faut la suite hein ! J'adore, j'adore, j'adore... j'adore je l'ai déjà dit ?!

Bon je me tire avant de me faire passer pour une tarée...
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Candleinthestorm

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MessageSujet: Re: Ta´am   Dim 20 Mar à 23:41

L'histoire avance est l'auteur ne s'essouffle pas !!!

Toujours ce tact qui fait mouche!

Et donc toujours ce plaisir à lire!

Merci! La suite siou plé !

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Les rues sont pleines de ces bonheurs que les gens trop souvent piétinent.
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Antigone
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MessageSujet: Re: Ta´am   Jeu 31 Mar à 16:16

Mesdames et messieurs mes 4 ou 5 lecteurs, je vous annonce avec une joie non feinte que la suite est prête! Alors roulez tambours, sonnez trompettes (euh... j'en ferais pas un peu trop là?), voici la suite des péripéties de Gabriel!


Un pied devant l’autre, inlassablement. Gabriel croyait confusément, avant d’arriver ici, qu’un désert pouvait n’être qu’une croûte de sable durcie par le soleil, mais il fallait bien se rendre à l’évidence : le désert d’Estrekan n’était pas de ceux-là. Il peinait de plus en plus à avancer dans ce qu’il avait pris pour une immense plage, les cuisses dures comme du bois. Le sable s’infiltrait partout, et la réverbération des rayons du soleil lui brûlait les yeux. Mais il ne s’avouait pas vaincu, et poursuivait sa route, pas après pas, la mâchoire crispée. « De toute façon je n’ai pas le choix… soir je continue, soit je me laisse pourrir au soleil… » Ses cheveux trempés de sueur collaient à sa nuque.
Sécate marchait à ses côtés, sans avoir l’air de souffrir de la fatigue. Elle fixait fermement l’horizon en foulant le sable blanc de ses pieds nus. Gabriel se surprit à espérer mesquinement qu’elle marche sur un cactus, mais de toute façon il n’en avait vu aucun : le désert semblait vierge de toute végétation.

- J’ai soif… se plaignit-il.
- Pas de chance ! trancha Atyda qui volait doucement au-dessus d’eux, leur procurant ainsi la fraîcheur relative de l’ombre. Gabriel l’ignora superbement, et tourna la tête vers l’autre fée.
- Sécate… j’ai soif…
- Ben oui, c’est normal, répondit-elle, impassible.
- Mais je meurs de soif ! insista Gabriel.
- Il est pénible, celui-là, il arrête pas de se plaindre ! gémit Atyda. On n’a qu’à le laisser là !
- Non, Atyda, on ne le laissera pas là, et non Gabriel, je n’ai pas d’eau. Vous avez fini, tous les deux ?

Atyda et Gabriel froncèrent les sourcils avec une moue boudeuse, tandis que Sécate
soupirait. Ils reprirent leur marche silencieuse pendant quelques longues minutes.

- T’es pas gentille avec moi, finit par dire Atyda.
- C’est toi qui n’est pas gentille avec Gabriel.
- Je m’en fiche. Tu m’as parlé méchamment à cause de lui.
- Atyda je ne t’ai pas parlé méchamment du tout… répondit Sécate en s’efforçant de conserver son calme.
- Si . Tu avais un ton sec.
- Je n’avais pas…
- Si !
- Bon, bon ! Si je t’ai parlé sèchement je ne l’ai pas fait exprès, Atyda. Je n’avais pas remarqué, abdiqua Sécate.
- C’est ça, grommela-t-elle entre ses dents.
- Elle est toujours aussi chiante ? demanda Gabriel.

Atyda poussa un cri indigné, et se posa violemment devant eux, leur coupant la route.
Ses grands yeux bleus lançaient des éclairs, et elle les toisa, les poings sur les hanches.

- Tu l’as entendu ? glapit-elle.
- Oui, Atyda, soupira Sécate, l’air désespéré.
- Et tu ne dis rien ?
- J’allais répondre mais tu ne m’en laisses pas le temps, là…
- Et tu réponds quoi ?
- Elle n’est pas toujours aussi chiante, non… sourit Sécate en se tournant vers Gabriel.
- C’est tout ? rugit Atyda. Tu ne me défends pas plus que ça ?
- Tu n’as pas besoin d’être défendue, il me semble…
- Je vous aime plus, conclut brusquement Atyda avant de s’envoler vers l’Ouest à tire d’ailes.

Gabriel la regarda partir, hébété. Sécate siffla de dépit, et s’apprêta à la suivre, mais un
coup d’œil en direction de Gabriel la fit hésiter. Son regard suivit Atyda, puis revint sur le jeune garçon,… Elle replia doucement ses ailes avec un petit soupir. Gabriel la remercia intérieurement de ne pas le laisser seul au beau milieu de nulle part, et lui adressa un sourire timide. Sécate haussa les épaules, avant de reprendre la marche. Monter des dunes, les descendre, un pied devant l’autre, sous le soleil brûlant… Gabriel essuya machinalement la sueur de son front, et se décida enfin à ôter son T-shirt. « Ce n’est pas une bonne idée, observa tranquillement Sécate. Tu auras suffisamment de coups de soleil comme ça. » Interrompu dans son mouvement, il pesa le pour et le contre. « Mais il fait tellement chaud ! Etre une écrevisse demain ou ne pas l’être, telle est la question… Je vais rôtir à l’étouffée… pensa-t-il tristement. Si au moins j’avais des ciseaux pour transformer mon jeans en short… Je me dessèche sur pied, là. »

- Halte là ! rugit une voix féroce, et il sursauta en apercevant l’immense créature qui venait de surgir devant eux.

« On n’a vraiment pas le temps de jouer » rétorqua Sécate, tandis que Gabriel restait
immobile, bouche bée. Un corps de lion, une tête d’homme. Il leur barrait le passage d’une patte monumentale, le visage impassible et hautain encadré dans une sorte de couvre-chef pharaonique. Bien que les compétences de Gabriel en métrique n’ait jamais été très élevées, il croyait pouvoir affirmer sans se tromper que la bête faisait trois à quatre mètres de haut. Ses muscles saillaient de manière impressionnante sous le pelage doré à l’éclat presque aveuglant.

- Allez, juste une petite énigme, gémit-il d’un air suppliant.
- Mais on les connaît toutes, tes énigmes, répondit Sécate d’un air indifférent. Gabriel lui agrippa nerveusement le bras.
- C’est un sphinx ? murmura-t-il fiévreusement.
- Ben oui c’est un sphinx. Allez, laisse-nous passer !
- Une toute petite énigme… J’en ai des nouvelles ! insista-t-il en bondissant d’un côté à l’autre, la queue fouettant l’air.
- D’accord, d’accord, soupira Sécate. Mais après tu nous laisses tranquilles !
- Mais Sécate… si on répond mal il va nous dévorer ! trembla Gabriel en serrant convulsivement le bras de la fée.
- Nous dévorer ? Je voudrais bien voir ça ! s’étonna Sécate.
- Je suis végétarien ! protesta le sphinx d’un air indigné. La viande c’est pour les barbares !
- Tu vois bien ! Il ne te mangera pas.

Gabriel resta dubitatif. S’il se souvenait correctement des légendes, le sphinx dévorait
normalement ceux qui ne pouvaient pas répondre à son énigme. Des souvenirs confus lui revinrent : Œdipe, et le sphinx qui terrorisait Thèbes… Mais si celui-ci se disait végétarien… « Peut-être que nous on pourra le manger si on répond bien à son énigme… » espéra-t-il, et il dépeça mentalement la bête en morceaux de choix. Du sphinx grillé, ça ne devait pas être mauvais… Son estomac gargouilla bruyamment à cette joyeuse perspective.

- Vous êtes prêts ? demanda la créature qui s’assit d’un air digne.
- Vas-y, mais vite. On n’a pas le temps.

Le sphinx laissa échapper un feulement de contentement, et se redressa de toute sa hauteur. Il s’éclaircit bruyamment la gorge, et braqua un regard majestueux sur Sécate.

- C’est Toto qui... commença-t-il.
- Oh non, encore une énigme de Toto… marmonna la fée.
- Mais laisse-moi continuer ! rugit-il, dépité.

Sécate haussa les épaules, tandis que le sphinx se recomposait tant bien que mal un visage impassible.

- Hum, je disais donc… Pourquoi… Pourquoi ne peut-on pas raconter l’histoire de Toto aux toilettes ?
- Gabriel ? Tu veux essayer ? demanda-t-elle d’un ton las.

Gabriel fronça les sourcils. Ca ne pouvait tout de même pas être aussi stupide… Les sphinx étaient normalement des créatures respectables aux énigmes presque impossibles à résoudre, non ? Dans le doute, il préféra chuchoter sa réponse à l’oreille de Sécate, dont le visage se fendit d’un large sourire.

- Tu vois, sphinx, même lui, il connaît la réponse. Vas-y Gabriel.
- Parce que la porte était fermée à clef ? risqua-t-il timidement.

Déçu, le sphinx baissa la tête, et se mit, à la grande stupeur de Gabriel, à pleurnicher.

- Ben voilà, c’est toujours pareil, soupira Sécate.
- J’en ai maaaaaaaarre… Tout le monde connaît toutes mes énigmes… Je suis un mauvais sphinx, je ne mérite même pas de poser encore mes questions…
- Mais non, mais non, le réconforta mollement Sécate qui s’était approchée pour lui tapoter la patte d’un air qui se voulait réconfortant.
- Mais siiiiiiii… Je ne suis plus dans le coup… Je suis un raté… sanglota-t-il de plus belle.

Gabriel abandonna à Sécate la tâche de réconforter le monstre, et en profita pour se reposer dans son ombre. « Décidément, si même les sphinx ne font pas peur, il ne fait vraiment se fier à rien, ici ! Je ne suis pas au bout de mes surprises, je pense…» Au loin, une petite silhouette voletait gaiement vers eux en piaillant. Au bout de quelques minutes, il parvint à distinguer les cris enjoués d’Atyda, qui chantonnait « J’ai trouvé des oiseaux-tonnerre euh ! J’ai trouvé des oiseaux-tonnerre euh ! ». « Je ne vaux rien… Je n’ai plus qu’à prendre ma retraite » gémissait toujours le sphinx, et Gabriel, désespéré, se surprit à prier pour que tout cela s’arrête au plus vite.
« Douce santé mentale, reviens ! Je ne suis rien sans toi ! Ne m’abandonne pas plus longtemps ! » murmura-t-il avec ferveur, les mains jointes.
Le sphinx s’effondra, en larmes, sur l’épaule de Sécate.

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Tornade
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MessageSujet: Re: Ta´am   Jeu 31 Mar à 19:31

Excellent ce passage, on se marre bien !
Déjà, Atyda fait penser à une gamine "t'es pas gentille", elle a un de ces sales caractères, mdrrrrrr !!
Et le sphinx... trop fort !!! Déjà son "énigme" qui est une vieille blague de Toto, et il se met à chialer parce que la réponse est connue.

Bref, j'adore, continue comme ça très chère Antigone ! Vite vite vite, on veut la suite !
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Hiraeth Dùnadan
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MessageSujet: Re: Ta´am   Jeu 31 Mar à 20:25

putaing mais j'ADOOOOOOOOOOOOOOOORE c'est mon passage prefere tiens il est genial je suis completement exptdr devant l'ordi bravo Am' et continue

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MessageSujet: Re: Ta´am   Ven 1 Avr à 1:36

Toujours là pour les fans impatients qui attendent en se rongeant les ongles, et c'est toujours meillleur que la fois d'avant...

Antigone tu nous manque quand tu ne postes pas et Atyda, Sécate, Gaby et Dorcha me manquent quand tu ne l'écris plus...


Poste, poste vite la suiiiite s'te plait...

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Je suis pas un grand écrivain mais j'écris quand même... Et je vous lis toujours pour mon plus grand plaisir!!

Et heu aussi Antigone, Hiraeth et Torny, c'est quand la suite??? Wink
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Antigone
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MessageSujet: Re: Ta´am   Mar 12 Avr à 19:05

Bon c'était peut-être pas vite mais en tout cas c'est la suite...


« Vivement qu’ils inventent les amortisseurs » grimaça Dorcha, secouée de tous les côtés par les cahots de la route. « J’ai les fesses en compote. » Elle avait vaguement espéré un carrosse de conte de fées, du même type que celui de Cendrillon, quand on lui avait annoncé qu’elle devait se rendre chez un certain Shade pour une histoire de recensement qu’elle n’avait pas cherché à comprendre. De grands chevaux blancs, un intérieur confortable en velours rouge sombre et des dorures partout… Quelle ne fut pas sa surprise quand on lui avait présenté une espèce de charrette en bois, dont quatre mâts dressés supportaient ce qu’on pouvait considérer comme un toit en tissu mité. Devant sa grimace de dégoût, Bebam n’avait opposé qu’un rire bourru. « Faut passer incognito, mignonne. Le luxe ce sera pour plus tard. On ne voudrait pas se retrouver broyée dans un mouvement de foule avant même d’avoir été intronisée, pas vrai ? » Elle s’était donc installée sur la banquette de bois vermoulu, tandis qu’un suivant amenait les incroyables montures.
Elle contint un frisson en se rappelant que la charrette était tirée par ces deux énormes loups noirs, aussi grands que des chevaux. Elle s’était abstenue de tout commentaire, mais n’en était pas rassurée pour autant. Une ornière la projeta contre Bebam, assis à ses côtés.

- Doucement, mignonne. Restez droite. Si vous passez par dessus bord, on devra faire une halte, et le temps presse.
- Alors vous continueriez sans moi, répliqua Dorcha en se redressant tant bien que mal.
- La halte, ce ne serait pas à proprement parler pour vous récupérer, mais pour empêcher les loups de faire une pause déjeuner. Alors on est gentille et on reste à l’intérieur sans broncher.
- Ils me mangeraient ?
- Evidemment. Ce sont des loups, pas des chatons.
- Formidable, grommela-t-elle.

Elle se replongea dans la contemplation du paysage à travers une déchirure du tissu, tout en tentant de rester droite comme un i malgré les cahots de la charrette. Elle était ravie d’avoir échappé à la présence d’Abalam, qui devait normalement l’accompagner. Devant sa répugnance, Paymon avait cependant désigné Bebam, dont les manières bourrues et l’affection grossière plaisaient beaucoup à Dorcha. Enfin quelqu’un qui la regardait droit dans les yeux, qui ne l’appelait pas « Jeune demoiselle » ou « Asmodée » toutes les deux phrases !
La ville qu’ils traversaient était sans intérêt. Les hautes maisons étroites, collées les unes contre les autres de chaque côté des ruelles poussiéreuses, semblaient dégager un air malsain. Tout paraissait sale et insalubre. Des enfants aux regards noirs couraient pieds nus, surveillés du coin de l’œil par des marâtres aux robes mille fois reprisées mais toujours déchirées. Elle s’étonna de n’apercevoir aucun commerce, et en fit part à Bebam.

- Ces loqueteux-là, ma belle, sont incapables de manipuler l’argent. Ca leur brûle les doigts. Juste bons aux mines.
- Où achètent-ils du pain, alors ?
- Les commandants de légions balancent leurs ordures dans leurs quartiers. Ils chapardent le pain qui n’est pas trop rassis, les restes de légumes et la viande, tant qu’il n’y a pas encore d’asticots dessus. Parfois ils braconnent, mais c’est de plus en plus rare.
- Pourquoi ?
- Les nobles y veillent. La chasse, c’est un sport de riche. Et il faut les voir, eux, avec leurs cailloux et leurs pauvres couteaux, à six sur une bête dont ils ne laissent que des os. C’est répugnant.
- Mais certains parmi eux deviennent parfois suivants, non ?
- Faut pas rire, rétorqua Bebam, indigné d’être considéré comme issu de ce milieu. Toute la haute, c’est des familles. Des traditions. Les loqueteux, ils restent loqueteux, sauf prophétie.
- La haute ?
- La haute société, mignonne. Les grands de l’île. Les puissants rois.
- Et cette prophétie, c’est quoi ?
- Parfois on prophétise que tel ou tel mioche sera utile. Alors on le cueille à la naissance et on l’éduque comme il faut.
- Et leurs parents ne disent rien ?
- On leur en laisse pas l’occasion. Pour passer aux mioches l’envie de revenir, on supprime les familles. De toute façon que voulez-vous qu’ils disent ? C’est mieux pour les gosses. Au moins ils auront des noms.
- Des noms ?
- Vous posez beaucoup de questions, ma belle, mais tout ça est long à découvrir et à expliquer. Alors reposez-vous un peu. Je sais pas encore ce que Shade compte vous faire. On y sera bientôt.

Dorcha ravala les multiples interrogations qui se bousculaient dans sa tête et qu’elle brûlait de poser à Bebam, le seul qui consentait à lui répondre. Les maisons s’espaçaient pour devenir de vieilles masures brinquebalantes, puis il n’y eut plus que des champs à l’herbe jaune et malingre.

- Et les champs ? Qui s’en occupe, des cultures ? demanda-t-elle.

Bebam lui posa son index sur la bouche.

- On se tait, et on se concentre sur l’Enfant. Faudrait pas arriver là-bas en pensant à autre chose qu’à sa mission. Manquerait plus qu’on fasse la guerre à Shade pour que vous restiez.

Dorcha soupira, et se tut. Face à Bebam, elle n’avait aucune envie de lutter. De plus, la perspective de cet entretien commença à l’angoisser, et elle sentit une boule s’installer confortablement au creux de son estomac. Lui faire la guerre ? Shade pouvait donc tenter de l’empêcher de rester ?

- Bebam… Pour que je puisse rester, je dois faire quoi ?
- Pouvez pas vous empêchez de poser des questions, hein ? C’est simple. Vous savez pourquoi vous êtes là ?
- Oui, répondit-elle, pensant à son petit frère.
- Et vous y croyez ?
- Je…

Elle s’interrompit, et réfléchit. Y croyait-elle vraiment ? Dorian, dans ce monde, l’attendant quelque part… Son petit frère autrefois mort, revenu ici, et qui l’attendait…

- Je veux y croire, conclut-elle.
- Parfait, répondit Bebam qui paraissait soulagé. Dans ce cas vous n’avez rien d’autre à faire. Tout ira bien.

Il lui sourit et tenta de la réconforter à l’aide d’une tape amicale dans le dos. Dorcha répondit malgré elle à son sourire, et se détendit légèrement. Elle se concentra sur Dorian, se souvint de son rire, de son visage, de ses yeux… Tout lui revenait naturellement, et pourtant quelque temps auparavant elle sanglotait de ne pouvoir s’imaginer sans effort la voix et les cheveux de l’enfant. Auparavant elle était en train de l’oublier sans espoir, malgré toute sa hargne. Elle savait que le combat contre le temps était vain, même si elle s’enfermait de longues heures pour regarder encore et encore des photographies représentant Dorian sous tous les angles. Mais les photos, peu à peu, n’étaient plus que des photos immobiles mille fois manipulées, et l’idée de vie qu’elles devaient transporter disparaissait dans le néant.

Elle fit répéter à Dorian toutes les phrases qu’elle lui connaissait, et le son de sa voix résonna dans sa mémoire comme une victoire. Maintenant elle se souvenait. Et bientôt, ils seraient réunis.

La charrette s’arrêta brusquement, et les loups hurlèrent à la mort. Bebam écarta le tissu, et sauta à terre, avant de lui faire signe de sortir. Dorcha découvrit un paysage morne et triste. Au beau milieu des champs jaunis s’élevait une caverne, et devant elle, un homme.

- Ca alors ! s’exclama Bebam avant de se diriger vers l’homme qu’il étreignit chaleureusement. Ancorh ! Tu es bien loin de ton bras de mer, mon vieux !
- A circonstances exceptionnelles… répondit-il d’une voix lasse.
- Evidemment.
- Tu sais comment est le patron, il n’a jamais pu renoncer à son petit cérémonial. Alors aujourd’hui…
- Ben oui. Approchez, ma mignonne ! cria-t-il à l’adresse de Dorcha, qui s’était immobilisée devant la charrette, ne sachant que faire.
- C’est elle, alors ? Plutôt bien roulée, observa Ancorh en allumant une cigarette.
- Respect bonhomme. Oublie pas de qui tu parles, le corrigea Bebam. Alors, elle est de combien, la taxe ?

Pendant que les deux hommes s’arrangeaient sur le prix, Dorcha observa craintivement les énormes loups, que le cocher nourrissait de morceaux de viande. Ils étaient d’un noir uniforme, sans un seul poil blanc ou gris, et leurs crocs rougis par le sang faisaient un contraste détonnant avec leur pelage. « Jamais je n’ai vu des loups d’une telle taille » pensa-t-elle. « Je me demande comment ils ont fait pour les dresser… Et pour leur mettre le mors, aussi. » Elle imagina avec amusement le nombre de suivants qui avaient dû y perdre un ou deux bras avant qu’un homme plus malin n’y parvienne sans trop d’encombres.

- Hep, mignonne ! C’est bon, on entre, lui signala Bebam.

Dorcha acquiesça et le suivit à l’intérieur de la caverne, éclairées par quelques torches fixées à la paroi. Après avoir suivi un couloir étroit, elle pénétra dans une salle ronde, et ses yeux qui n’étaient pas encore complètement habitués à la pénombre s’agrandirent devant le spectacle qui s’offrait à elle. Elle étouffa maladroitement un cri d’horreur et se jeta contre Bebam.

- Doucement, doucement… Faut pas se laisser impressionner comme ça, murmura tranquillement le suivant en la serrant doucement dans ses bras. Ce n’est rien, mignonne. Ce n’est que l’antichambre.

Elle ne put répondre, agitée de tremblements, et gémit longuement. Ses yeux s’emplirent de larmes de panique, et elle se cramponna à Bebam avec désespoir. Ce n’était pas possible… Après quelques minutes, elle réussit à tourner la tête vers ce qu’elle avait cru voir, et blêmit.

Douze têtes d’enfants sanglantes, la bouche grande ouverte, étaient posées sur douze piédestaux éclairés par douze torches. Dans la bouche de chaque enfant, une veilleuse brillait ironiquement, donnant un éclat surnaturel aux yeux agrandis par l’horreur des petites têtes. Chaque piédestal était couvert de sang plus ou moins coagulé. L’un d’eux gouttait d’ailleurs sur le sol, et Dorcha sentit son effroi grandir à mesure que des gouttelettes rejoignaient avec un bruit macabre la flaque qui s’était formée. Plic… Plic… Plic…

Elle se détourna, et vomit sur le sol dallé.

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MessageSujet: Re: Ta´am   Mar 12 Avr à 19:35

Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked

bah dis donc ça a l'air hyper sympathique là ou elle a débrqué la p'tite Shocked

juste un truc, les asticots ils devraient les manger quand même, ça fait de la viande et il paraâit que c'est tres nutritif (c'est vrai en plus )

LA SUITEUHHHHHHHHHHHH
[/quote]

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MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 13 Avr à 12:17

Et vlan, on se prend encore la suite en plein dans la tronche...

Shocked C'est quand même un truc de malade ce que tu nous as trouvé là... Mais heu bah j'adoooore comme d'hab...

Mon Dieu quand je pense que ce n'est que l'anti-Chambre, vivement qu'elle avace dans cette grote tiens, mais heu plus de gerbe c'est trop deg... (surtout que j'ai pas mon smiley qui gerbe ici...)


Bon lors moi je veux la suite comme d'hab, et j'espère qu'elle va rester un ti peu avec Bebam, parce que lui je l'aime beaucoup contrairement à Abalam...


Vala vala... La suiteeeeeeeeeeeeeee heu...

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MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 13 Avr à 21:01

Eh bah vi, sympatoche ! Surtout pour qu'elle gerbe, ça doit vraiment être bien dégueu.
Imaginons la suite. On va avoir de la description là !

Bon sinon, je sais pas quoi dire, je vais pas redire la même chose à chaque fois. (Ah maintenant qu' j'y pense, si, je dis quasi pareil à chaque fois.) Bon ben une fois de plus ou de moins...
C'est très très bien, la suiiiiiiite !
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MessageSujet: Re: Ta´am   Lun 18 Avr à 21:20

J'aime toujours autant même si je préfère les passages "c'est Toto qui a fermé la porte des toilettes..." que "douze têtes d’enfants sanglantes", c'est plus joyeux !
Mais j'attends la suite avec impatience (et ma soeur qui me préviens même pas quand la suite est postée ! )
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Antigone
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MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 27 Avr à 3:04

- Encore une fois !

Atyda s’élança vers les oiseaux-tonnerres en riant. Avec un petit sourire amusé, Sécate lui emboîta le pas. Le troupeau d’oiseaux s’éparpilla en poussa des piaillements indignés. « En fait d’oiseaux, il s’agit plutôt de grosses poules », se dit Gabriel. « Des grosses poules jaunes d’un mètre cinquante de haut. Sans crête, d’accord, mais de grosses poules quand même. Ou des moineaux géants et obèses…». Atyda saisit la queue de l’un des animaux avec un cri de victoire, et quelques dixièmes de secondes plus tard fut projetée en arrière par la puissance de la décharge que lui avait envoyé l’oiseau. Elle atterrit pesamment sur le sable, légèrement étourdie mais ivre de joie.
Gabriel secoua la tête en levant les yeux au ciel, tandis qu’à son tour Sécate parvenait à toucher l’immense bête.

- Oui ! applaudit Atyda en voyant son Unique repoussée violemment en arrière. Oui ! Encore !
- Attends un peu que je récupère, balbutia Sécate.

Impossible de savoir depuis combien de temps les fées poursuivaient de cette manière les
oiseaux-tonnerre. Deux heures, peut-être plus… D’abord vaguement inquiet face à la taille et à la puissance des animaux, Gabriel s’était ensuite amusé du jeu inventé par Atyda. Le but était simple : il n’y en avait aucun, sinon poursuivre encore et encore les oiseaux pour être expulsé par l’électricité qu’ils émettaient. « Certains ont des épines, d’autres mordent… Tous les animaux cherchent à se défendre contre leurs agresseurs », lui avait rapidement expliqué Sécate. « Mais la particularité des oiseaux-tonnerre, c’est qu’ils envoient de la foudre sur leurs prédateurs. Pas beaucoup, juste assez pour les repousser. Ca suffit à les protéger : difficile de planter ses crocs dans la bête tout en supportant une décharge. » Gabriel en avait simplement conclu que sur ce monde il existait des Pikachu version grosses poules, et n’avait pas posé plus de questions. Il profitait silencieusement de l’ombre salvatrice d’un arbre maigrelet, seul au milieu de l’immensité du désert.
Son estomac émit soudain un gargouillis désagréable, et il tenta de ne pas penser au goût des oiseaux-tonnerre cuits à la broche. Il suffirait pourtant d’une arme de jet… Un bon coup de lance bien placé, et hop ! à la casserole, la poule électrique ! Mais plus que la faim, c’était la soif qui le tenaillait : il lui semblait que sa langue avait doublé de volume, et que la température de sa salive était proche de l’ébullition… du moins en ce qui concernait le peu de salive qu’il devait lui rester. Il hésita une fois de plus à creuser pour chercher de l’eau, mais se raisonna rapidement : il n’en trouverait sans doute pas avant plusieurs mètres, et n’avait pas l’énergie suffisante pour s’y atteler. D’autant plus que les fées risquaient d’un moment à l’autre de reprendre la route, dès qu’elles se seraient lassées des oiseaux-tonnerre.
Le troupeau s’éparpilla une fois de plus, poursuivi par Atyda qui hurlait de joie, et se rua en direction de Gabriel.
Tout se passa ensuite très vite.
L’oiseau qu’Atyda cherchait à toucher passa à quelques mètres à peine de Gabriel : la main de la fée parvint à l’effleurer, et la décharge électrique la projeta droit vers le jeune homme. Il la vit approcher comme au ralenti, ses longs cheveux blonds formant une nuée dorée autour d’elle. Ses yeux s’agrandirent sous la panique, mais il n’eut pas le temps de l’éviter : elle le heurta de plein fouet. La tête de Gabriel entra violemment en collision avec le tronc de l’arbre, et tout se brouilla autour de lui.
Après ce qu’il lui sembla une éternité, il ouvrit les yeux, et les referma aussitôt. L’arrière de son crâne l’élançait violemment. « Je vais avoir une bosse énorme », songea-t-il avec dépit avant d’enchaîner immédiatement « Je vais tuer Atyda ». Il se redressa maladroitement, et grimaça en portant les deux mains à sa tête.
Soudain un doute lui traversa l’esprit. Le sol lui semblait beaucoup plus… mou. La lumière était également différente. Il renifla avec méfiance… et l’odeur du sable chaud n’envahit pas ses narines. Dans un soupir, il se décida à ouvrir les yeux.
« C’est bien ce que je pensais… » pensa-t-il en découvrant sa chambre. « J’ai encore basculé de l’autre côté ». Après quelques secondes d’immobilité, il quitta son lit et se dirigea machinalement vers la fenêtre, d’un pas mal assuré. Le soleil dardait joyeusement ses rayons tremblants, mais n’égalait pas en intensité le soleil harassant du désert d’Estrekan. La température estivale parut fraîche à Gabriel, et il réprima un frisson avant de s’asseoir à nouveau.
« Mais c’est pas possible… Est-ce que je rêve, là ? » Il se pinça l’avant-bras, et grimaça. « Non, je ne rêve pas. Mais dans le désert, je ne rêvais pas non plus ! Réfléchis, mon petit Gaby… Et si les deux mondes existaient ? Peut-être dans des dimensions différentes, ou je ne sais quoi. Pour une raison ou pour une autre, j’ai maintenant accès au deuxième. Je passe d’un monde à l’autre dès que je ferme les yeux… Enfin, parfois. Ce n’est pas systématique. J’ai déjà dormi là-bas sans pour autant me réveiller ici. Mais peut-être que je peux le commander… Décider de changer de lieu comme ça, sur une simple décision. » Son regard parcourait négligemment la pièce quand il se posa sur une bouteille d’eau. Aussitôt Gabriel bondit et la saisit fiévreusement, avant d’engloutir un demi-litre d’un trait. Jamais de l’eau ne lui avait paru aussi rafraîchissante et douce. La tête lui tournait légèrement, mais il finit tout de même la bouteille, se repaissant de la sensation de la boisson coulant lentement dans sa gorge. « Si c’était un rêve, je ne pourrais pas être réellement assoiffé ! Et pourtant je le suis ! Ca doit bien être une preuve que je ne délire pas… » Il eut un large sourire, réconforté par l’idée d’avoir en fin de compte conservé sa raison, s’essuya la bouche à l’aide de sa manche et décida qu’une bonne douche lui ferait le plus grand bien, et lui remettrait peut-être les idées en place. Tout en saisissant au hasard des vêtements de rechange, il regarda l’heure. Quatorze heures. Il y avait donc moins de trois heures sur terre qu’il avait basculé pour la dernière fois, trois heures qui correspondaient à deux jours entiers passés à errer dans le désert. « C’est complètement dingue… » soupira-t-il. « Le temps ne correspond pas mais je suis sûr maintenant que je ne suis pas fou. Ce truc m’arrive réellement ! » Il ne parvenait pas encore à définir plus exactement la notion de « truc », mais ne doutait plus de sa réalité.
Sa certitude s’accrut encore lorsqu’en enlevant ses chaussures, il répandit du sable partout dans la salle de bains. « C’est vrai » se répéta-t-il. « J’étais réellement ailleurs. Le temps y est distordu, et le monde peuplé de créatures bizarres, mais il existe, et j’y étais. » Il s’efforça de ne plus y penser, profitant au maximum de la douche fraîche sur sa peau brûlée par le soleil. La découverte d’un énorme coup de soleil le rassura définitivement. « Je serais quand même le premier crétin à choper un coup de soleil dans son lit, sur trois heures de temps… C’est pas commun. »
Dès qu’il eut quitté la salle de bains, il se dirigea vers la cuisine et entreprit de piller méthodiquement le frigo. « Si quelqu’un me voit je vais passer pour un malade, à faire une orgie pareille un lendemain de cuite » pensa-t-il en cassant les œufs. « Alors qu’en réalité je n’ai rien avalé depuis deux jours… Enfin, quand je dis en réalité, je me comprends. C’est une réalité d’ailleurs. J’ai l’impression de tourner un épisode de X-Files, là… Mulder et Scully ne vont pas tarder à débarquer pour m’interroger. Et ils réussiront peut-être à me convaincre que les extra-terrestres sont dans le coup.» Il déglutit, peu rassuré. « Euh… Et si les extra-terrestres étaient réellement dans le coup ? Si je m’étais fait kidnapper sans le savoir, et que j’étais victime d’une expérience menée par des malades venus d’autres galaxies? » En s’imaginant couvert de sondes dans un vaisseau spatial, il sentit son estomac faire un mouvement étrange, comme si la barre de chocolat qu’il venait d’avaler appuyait sur la touche « retour à l’envoyeur ». Des aliens verts et gluants, agglutinés autour de lui, commentant joyeusement les résultats de leurs tests… Non, décidément, l’idée ne lui plaisait pas. Mieux valait l’oublier et changer de sujet rapidement. Après tout il avait un fameux mystère à résoudre !
« Si je peux passer à volonté d’un monde à l’autre » réfléchit-il en cuisant une impressionnante omelette aux lardons d’une main tout en mangeant une tartine dégoulinante de confiture à la fraises de l’autre « Est-ce que je peux aussi faire voyager des objets avec moi ? Ce serait quand même plus sympa… Je pourrais prendre des provisions d’eau, et de la nourriture pour quelques jours. Et de la crème solaire, une casquette, des lunettes de soleil,… Eh ! Peut-être même mon vélo ! Ou la voiture des parents ! Si elle disparaît pendant trois heures ils ne m’en voudront pas je suppose. Excepté si pour l’emmener je dois m’endormir dedans, ça leur paraîtrait sans doute tordu. Et que je leur rend avec le réservoir à sec, ou pleine de sable. Mais pourquoi je retournerais là-bas, d’ailleurs ? Suffit que je reste les yeux ouverts, ici, et adieu les fées ! »
Cependant il se rendit compte avec stupeur qu’il ne désirait plus que tout cela s’arrête. L’envie de savoir ce qui allait se passer était la plus forte. Rongé par la curiosité, il se demanda ce que pouvait lui réserver la suite du voyage : d’autres créatures bizarres ? Et ce village des gouvernants où Sécate devait l’emmener, à quoi pouvait-il bien ressembler ? Il repoussa son assiette vide devant lui, et prit brusquement sa décision. « Je vais refaire le grand plongeon surnaturel ! De toute façon si ça m’ennuie, il suffira que je revienne ici, et c’est tout ! Fini ! Gabriel, l’intrépide aventurier des mondes, s’apprête à passer une fois de plus le portail enchanté… Roulez tambours, sonnez trompettes ! J’arrive ! »
Il remit un semblant d’ordre dans la cuisine tout en se préparant mentalement au départ. Que pouvait-il tenter d’emmener ? Après quelques minutes d’intense réflexion, il se décida pour une simple gourde d’eau. « Il faut un début à tout… Et l’eau c’est ce qui fait le plus défaut là-bas. Je ne peux pas apporter un cerveau à Atyda, malheureusement ; pourtant ça aussi ça fait sérieusement défaut.»
Enthousiasmé par l’impression relative de contrôle qu’il commençait à avoir sur les évènements, il se dirigea joyeusement vers sa chambre, une gourde pleine d’eau fraîche calée dans sa poche. « En plus, c’est dimanche, personne ne va s’inquiéter de mon coma ! C’est un lendemain de cuite officiel. »
Il s’allongea sur son lit, et ferma les yeux.
En vain.
Rien ne se passa.





Voili voilou, et comme d'habitude, mes chers petits lecteurs, oubliez pas de commenter, même si c'est pour m'insulter ou me dire que c'est pas terrible!

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MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 27 Avr à 3:07

Suis bien contente de ne pas m'être couchée de suite tiens...

Je suis fan de Gaby... Je suis fan d'Atyda aussi "de l'art d'être une écervelée" part one...


Bon bref je veux la suite...

(mais non c'est pas du flood ça se saurait...)

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Et heu aussi Antigone, Hiraeth et Torny, c'est quand la suite??? Wink
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MessageSujet: Re: Ta´am   Mer 27 Avr à 11:50

ouaaaaaaaaa Shocked


j'ai juste un peu trouvé la jonction entre les deux mondes un peu laborieuse, mais sinon....


ouaaaaaaaaa Shocked



ENCOOOOOOOOOOOOOOOOOREUHHHHHHHHHHH


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MessageSujet: Re: Ta´am   Jeu 28 Avr à 21:11

J'ai été très sage, j'ai écrit très vite... Voilà la suite!

- Allons, doucement, doucement, répétait Bebam en soutenant Dorcha qui se serait effondrée sur le sol sans son aide. Calmez-vous, mignonne.
- Qu’est-ce que c’est ? gémit-elle. Pourquoi ? Ca ne peut pas être vrai…
- Un simple rituel, petite… Pas de quoi se mettre dans des états pareils, voyons ! Redressez-vous mignonne. Soyez forte ! N’oubliez pas qui vous êtes !

Mais Dorcha ne savait plus qui elle était, et s’en moquait pas mal. Elle parvint difficilement à maîtriser ses tremblements, mais la tête lui tournait, et elle n’osait plus lever les yeux. Bien qu’elle soit légèrement honteuse de s’être laissé aller devant Bebam, elle restait agrippée à son épaule comme à une bouée de sauvetage. « C’est un repaire de psychopathes », songea-t-elle. « C’était trop beau pour être vrai, cette histoire… Ils m’ont sans doute baratinée pour me retenir captive, et maintenant ils vont me massacrer sauvagement. Félicitations Dorcha, t’as bien mérité le prix de l’attardée du mois : comment se jeter dans la gueule du loup en une leçon. Récompense : ta jolie tête figurera en exclusivité dans la galerie des horreurs, parmi nos douze autres stars… En attendant je te ferais amicalement remarquer que tu restes collée à l’un de tes assassins potentiels, espèce de dinde.»
Elle se redressa précautionneusement, et s’écarta de Bebam qui eut un sourire satisfait.

- Parfait, mignonne. Je savais que vous pouviez le faire. Mais vous devriez regarder le décor en face : c’est lorsque l’on imagine les choses qu’elles détiennent un pouvoir sur vous… Regardez-les dans leur réalité, mignonne, leur morne réalité, et vous aurez à nouveau l’avantage.
- Vous allez me tuer ? demanda-t-elle en gardant les yeux baissés.
- Vous m’en croyez capable ?

Dorcha osa lever les yeux sur lui, tout en prenant soin de ne pas laisser dériver son regard
sur la pièce, et étudia son visage aux traits massifs, burinés, et son air impassible.

- Non, conclut-elle fermement.
- Vous avez tort, mignonne, sourit-il. J’en serais tout à fait capable. Mais je ne vais pas vous tuer. Ce n’est pas mon but, et vous êtes bien trop importante pour qu’on vous supprime vulgairement comme si vous étiez un de ces loqueteux. Même si vous avez du mal à le croire, on a besoin de vous ici. Vous êtes en sécurité. Maintenant on fait un effort, et on regarde.

Elle s’apprêtait à protester vigoureusement quand d’une main il lui agrippa le menton et le
dirigea brusquement vers l’une des têtes. Elle tenta de se dégager mais il maintint sa poigne, et elle ferma les yeux de toute ses forces. « Dorcha ! tonna-t-il d’une voix qu’elle ne lui connaissait pas. Ouvrez-les yeux ! Regardez-les en face ! »
Sans comprendre comment, elle se retrouva en train de contempler le regard halluciné de l’un des enfants, la petite veilleuse dont la flamme vacillait dans sa bouche grande ouverte, la flaque de sang coagulé… Sa respiration se fit haletante, mais elle continua son observation et se rendit compte avec stupeur que Bebam avait raison : quand on regardait les choses en face, elles étaient moins terribles que ce qu’on avait imaginé. Après tout, il ne s’agissait que de têtes. De simples têtes inoffensives. Cependant une question franchit ses lèvres dans un souffle :

- Pourquoi ?

Bebam la relâcha, et soupira tandis que Dorcha massait machinalement sa mâchoire endolorie.

- Un simple rituel magique. Vraiment pas de quoi s’inquiéter.
- Mais… Ce sont des enfants ! gémit-elle.
- Erreur : c’étaient des enfants. Ce ne sont plus que des cadavres maintenant.
- Vous les avez enlevés pour les tuer ?
- Pensez-vous ! Les candidats se précipitent parmi les loqueteux, pour figurer dans l’antichambre de Shade, répondit-il en haussant les épaules.
- Se précipitent ? Mais… Ils veulent tous mourir ?
- Plus exactement ils veulent tous renaître ailleurs, mignonne. Ils espèrent réapparaître dans la Haute, c’est tout.
- Et à quoi ça sert ? Ce rituel, ces têtes…
- Ca, c’est la petite cuisine personnelle de Shade. Moi je n’y connais rien. Peut-être pour concentrer les énergies magiques, un truc dans le genre…

Dorcha secoua doucement la tête. « Super, on passe à la magie maintenant. C’est Merlin l’enchanteur en personne qui va me recevoir. Non mais je rêve… » Elle fit quelques pas hésitants vers le centre de la pièce. La salle était en fait taillée directement dans la roche, et les torches fixées dans la paroi éclairaient d’une lueur jaune sale chaque piédestal. Elle s’approcha timidement de l’une des têtes.

- Comment se fait-il qu’ils gardent la bouche ouverte ?
- Regardez entre leurs dents. C’est une simple cale en bois, intervint une voix froide derrière elle.

Elle sursauta, et tourna brusquement la tête vers l’homme au visage émacié, vêtu d’une longue tunique noire. Sa maigreur le faisait paraître encore plus immense : grand et sec, inexpressif, il se tenait devant une porte de bois que Dorcha n’avait pas encore remarquée. D’une main arachnéenne, il lui fit signe de le suivre, mais elle interrogea d’abord Bebam du regard.

- Voilà Shade, mignonne, expliqua-t-il. Il va falloir l’accompagner.
- Vous venez avec moi ? demanda-t-elle avec une timidité qui ne lui ressemblait pas.
- Passez devant, répondit-il en acquiesçant.

Dorcha se mordit les lèvres, effrayée à l’idée de tomber sur un spectacle encore plus macabre que celui-ci. Après tout, si ce n’était que l’antichambre… Elle marcha cependant vers la salle, et Shade la regarda entrer sans faire un seul mouvement.
Elle soupira presque de soulagement en étudiant les lieux. Quelques étagères branlantes semblaient ployer sous le poids de centaines de fioles, étuves, onguents et chaudrons. Sur une table basse, contre le mur rocheux, des liquides frémissaient en laissant échapper des vapeurs colorées. « Un vrai matériel du petit chimiste » observa Dorcha. Mais le plus impressionnant était un petit crâne de cristal aux yeux de rubis, posé en évidence sur un guéridon au centre de la pièce. Il était merveilleusement poli, et répandait une clarté bleutée autour de lui. Fascinée, Dorcha résista cependant à l’envie brûlante de le toucher, de le caresser, de sentir sa matière froide au creux de sa paume, et s’immobilisa près d’une malle noire aux serrures d’argent. Shade se déplaça jusqu’à une bibliothèque poussiéreuse, et en tira ce que Dorcha supposa être un registre. Malgré ses gestes amples, sa tunique ne frémit pas, comme si elle était faite de pierre. « Super, le tissu… Incroyablement bien amidonné » ironisa-t-elle intérieurement, mais elle savait qu’elle ne fanfaronnait que pour repousser l’élan de panique qui la saisissait à nouveau.

- Ferme la porte, lui dit Shade d’un ton qui n’admettait pas la réplique, et elle s’apprêtait à s’exécuter, mais à peine avait-elle fait un pas qu’il grinça : « Pas comme ça ! »
- Elle n’a pas encore vu Curson, intervint Bebam.
- Pas vu Curson, hein ? Quel est ton nom, petite fille ?
- Je m’appelle Dor…
- C’est l’Asmodée, coupa vivement Bebam.
- L’Asmodée… Rien que ça… Qu’est-ce qui me le prouve ? demanda Shade comme pour lui-même, sur un ton méditatif.
- Curson lui-même a affirmé… commença Bebam.
- Je me moque de Curson, rétorqua froidement Shade. C’est à elle que je parle.

Il glissa lentement vers elle, son registre à la main, et la contempla sans un mot. Dorcha ne put s’empêcher de baisser les yeux sous le poids oppressant de son regard.

- Montre-moi tes yeux, petite fille… Montre-moi tes yeux que j’y lise la vérité.

Comprenant qu’il s’agissait de l’instant décisif où elle devait croire aux histoires de Paymon, Dorcha se concentra brièvement, fit chanter la voix de Dorian en elle, et cloua son regard dans celui de Shade. « Ses yeux sont morts… songea-t-elle brutalement. Ce type doit être mort. Il n’a aucune expression, ses yeux sont vides de toute lumière ! Il doit être mort, c’est impossible autrement ! » Elle réprima un tremblement et pensa de toutes ses forces à son petit frère, à leurs retrouvailles prochaines, à son titre d’Asmodée… Car elle était l’Asmodée, il ne pouvait en être autrement ! Cette calme certitude affermit son regard, durcit ses traits. Shade ne l’empêcherait pas d’accomplir sa mission. Personne ne pourrait s’interposer entre son frère et elle.
Après quelques minutes Shade acquiesça doucement, et repartit vers une autre étagère. Dorcha se sentait aussi lasse que si elle s’était battue à coups de poing avec cet individu squelettique, et tituba. Bebam s’approcha d’elle, prêt à la soutenir, mais elle tint bon et resta fièrement droite.

-Crache, lui ordonna soudain Shade.

« Génial ! se réjouit Dorcha. J’ai le droit de lui cracher au visage ! Il ne l’aura pas volé ! » puis elle se rendit compte qu’il lui présentait un petit bol de pierre. « Je vais me contenter de mal viser et de lui en mettre plein les doigts, tant pis… Ce sera moins drôle mais je ferai avec. » Elle se racla bruyamment le fond de la gorge, et expédia un énorme crachat au fond du récipient. Malheureusement aucun filament de salive n’atteignit la main de Shade, qui mêla sans un mot de la terre rougeâtre au contenu du bol, à l’aide d’une minuscule cuiller dorée.
- Donne-moi ton bras, reprit-il, et elle le tendit automatiquement, prête à montrer qu’elle n’était pas n’importe qui. Elle avait l’impression de devoir rattraper sa faiblesse dans l’antichambre, la façon dont elle s’était sans doute ridiculisée en vomissant à la vue de ces stupides têtes. Shade releva doucement sa manche, et fit claquer sa langue en apercevant les cicatrices qui ornaient son avant-bras. « Je vois que la petite fille a l’habitude » susurra-t-il avant d’empoigner un petit poignard et de lui entailler le poignet. Dorcha ne fit pas un geste. Il fit tomber quelques gouttes de sang dans le bol, puis la lâcha et mélangea à nouveau.
-La petite fille sait écrire, je suppose ? dit-il en lui tendant une plume. Il lui désigna le registre.
- Evidemment que je sais écrire, rétorqua-t-elle.
- Dans ce cas écrire ton nom ne devrait pas être une tâche insurmontable. Va, et écris. Tu seras ensuite Asmodée, petite fille. Et cela sans retour.

Il lui donna également le bol, et Dorcha comprit qu’elle devait se servir du mélange comme d’une encre. Le registre aux pages jaunies était couverts des mêmes caractères cunéiformes qu’elle avait déjà observé dans le bureau de Curson. Curieusement, cela la rassura. Elle hésita un instant, plume levée. Que devait-elle écrire exactement ?
Son intuition le lui souffla brusquement. D’une écriture décidée, elle inscrivit en lettres rougies par son sang : « Asmodée ». Shade reprit le registre, le rangea, et dit sans même la regarder : « Bienvenue sur Tanas, Asmodée. Adieu, et… bon amusement ».
L’écho de son rire sinistre se répercuta sans fin sur les parois de pierre.

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MessageSujet: Re: Ta´am   Jeu 28 Avr à 23:25

bon bah c'en devient lassant de perection...

c'est dégueu les têtes mais on s'habitue à tout.


SUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIITEUHHHHHHHHHHHH

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MessageSujet: Re: Ta´am   Lun 2 Mai à 21:01

Bon amusement ? BON AMUSEMENT ???

C'est quoi ce délire ? l'est où la suite ?

pffffffffffffffff
c'est pô juste...

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MessageSujet: Re: Ta´am   Mar 10 Mai à 11:49

Bonjour Antigone !

Je viens de m'inscrire sur le forum.. enfin je viens de me décider.. Je connais ce site depuis quelques mois.

Je connais personnellement un des personnages clé de ces forums. (Je ne citerai pas son nom par respect de confidentialité).

On m'avait parlé de ton Roman. Je suis venue y mettre les yeux... et je le trouve très bon. Je suis loin d'être une pro en écriture mais je lis énormément et ce que j'ai lu m'a passionné : impossible d'oter les yeux de mon écran !... A quand son édition ? J'aime ce monde féérique... plein de nature et d'air frais. Avec 1soupçon de "pseudo-réalité"... que du bonheur !

Que l'inspiration vienne à toi !! Félicitations.
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MessageSujet: Re: Ta´am   Mar 10 Mai à 18:22

Waouw! Ben merci... Ca me fait vraiment plaisir...

Et tu as déjà tout lu??? Shocked Bah j'ai plus qu'à me recoller à mon clavier moi...

Merci d'avoir fait le détour par ici, et d'avoir pris le temps de me lire!

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MessageSujet: Re: Ta´am   Sam 28 Mai à 4:17

Vous l'avez attendue longtemps... Mais elle est arrivée! Voilà la suite de Ta'am... Comme d'hab laissez un petit commentaire, même juste pour signaler que vous êtes passé dans le coin et que vous avez jeté un peil... Merci.




Le front bas, Gabriel se tortillait les mains. Comment faire ? Visiblement le changement de monde ne pouvait s’effectuer simplement en fermant les yeux. Hors de question d’essayer de dormir, il était bien trop énervé pour cela. Un coup d’œil sur l’horloge lui appris qu’il était déjà 22 heures. Tout en soupirant, il se décida à enfiler le short et le t-shirt qui lui tenaient lieu de pyjama.
Comme prévu, personne ne s’était aventuré à le déranger, et cela lui convenait très bien. Il avait passé l’après-midi entre périodes d’excitation et apathie profonde, tantôt parcourant sa chambre en long et en large, tantôt gisant sur son lit dans une immobilité abasourdie. Il n’avait royalement rien fait, à part attendre. Et visiblement, il aurait tout aussi bien pu apprendre à tailler les bonzaïs durant ce laps de temps… A quoi cela avait-il servi, à part à lui faire ressentir vivement la boule de frustration qui lui obstruait la gorge ? Il grimaça en passant son T-shirt, à cause du coup de soleil, puis s’assit sur le rebord du lit.
Que devaient faire Sécate et Atyda, à présent ? L’avaient-elles abandonné dans le désert, à la merci du premier malade venu ? Ou essayaient-elles de le réveiller ? Après tout, la dernière fois… « Mais bien sûr ! » songea-t-il en se frappant le front de la main. « La dernière fois, ce sont elles qui m’ont ramené ! Peut-être que c’est comme ça que ça marche, finalement ! » Cependant son enthousiasme fut de courte durée, tandis qu’il se demandait tristement pourquoi elles ne le rappelaient pas. Peut-être étaient-elles retournées sur leur île ? Peut-être s’étaient-elles remises en route, sans plus se soucier de lui ? Atyda aurait pu avoir raison de la volonté de Sécate, et…
« Fais chier » grommela-t-il fort peu élégamment, en s’allongeant, les bras croisés derrière la tête. Il se perdit quelques minutes dans la contemplation du plafond, comme si la clef de ce mystère se cachait quelque part, dessinée sur le plafonnage. Ses pensées voguaient de la colère à l’espoir, selon un rythme impossible à déterminer. Puis brusquement il se redressa, et partit à la recherche de ses pantoufles. « Je vais quand même pas me laisser crever de faim à cause de ces pintades volantes ! Et au moins ça m’occupera, de manger. Direction la cuisine et le frigo ! » La première pantoufle était camouflée sous le lit, et il sourit instinctivement en la voyant. C’était un cadeau de Xavier, cette stupide paire de pantoufles en forme de vaches blanches et noires. Une blague idiote à l’occasion de son anniversaire… et Gabriel avait soutenu le pari de les porter, aussi ridicule qu’il ait l’air avec ces espèces de monstres en moumoute aux pieds. La deuxième se cachait près du bureau, derrière la corbeille à papier.
Une fois ces horreurs enfilées, il se dirigea vers le rez-de-chaussée, et le grand miroir du couloir lui renvoya l’image plutôt loufoque d’un grand bonhomme de vingt ans vêtu d’un short noir qui avait vu des jours meilleurs, d’un T-shirt délavé qui clamait « I LOVE BEER » et de surprenantes vachettes ambulantes. Mais il n’y prêta pas attention, et entreprit de mener à bien son pillage express des réserves alimentaires familiales : une boite de thon, deux tranches de pain et des saucisses de Francfort se retrouvèrent embarquées rapidement.
De retour dans sa chambre, il s’installa dans le fauteuil et engloutit le tout méthodiquement, dans le désordre le plus total. Le sandwiche thon-saucisses n’était pas à recommander tous les jours, mais ça avait le mérite de caler confortablement l’estomac ! Repu, il s’enfonça dans le siège et ferma les yeux. Sa joue commença alors à le démanger, et il la gratta machinalement sans pour autant sortir de sa torpeur. Sans doute un insecte…
Mais la démangeaison fit bientôt place à un élancement régulier qui lui fit froncer les sourcils. « Je me suis fait piquer par une guêpe ? Un taon ? Ca n’a pas l’air d’avoir gonflé pourtant » observa-t-il en se palpant avec inquiétude. Mais un élancement plus vif encore le fit sursauter et ouvrir les yeux.

- Encore !
- Non, Atyda, tu arrêtes maintenant, il est réveillé.
- Allez, encore une petite ! Ca le réveillera deux fois plus !
- Je te rappelle que tu l’as déjà assommé tout à l’heure, alors les gifles ça suffit, Atyda ! Il ne va pas être content ! insista Sécate.

Gabriel cligna des yeux, et un sourire béat apparut sur son visage tandis qu’il reconnaissait
les deux fées dans la lueur de la nuit. Alors il était revenu, enfin ! Atyda s’éloigna en marmonnant des paroles indistinctes, et s’assit à quelques pas, le menton dans les mains. Sécate secoua la tête, et s’accroupit près de Gabriel.

- Ca va ? Tu te sens bien ?
- Super ! affirma-t-il. Je n’aurais jamais cru pouvoir vous dire ça un jour, mais je suis content de vous revoir !
- Il délire, observa négligemment Atyda. Je t’assure qu’une autre baffe lui remettrait vraiment les idées en place.
- Non, Atyda, il va très bien, répondit fermement Sécate sans même la regarder.

Il approuva Sécate en opinant, et se redressa. Sa joue le brûlait, mais il s’en fichait pas
mal. Le ciel était piqué de milliers d’étoiles qui scintillaient de tout leur éclat, et la lune répandait une douce lumière bleutée. Il inspira à pleins poumons et se reput de l’odeur chaude et sèche du désert. « Pas de bol pour la gourde » pensa-t-il sans vraiment y prêter attention. « Suffira qu’on m’assomme à nouveau si j’ai vraiment trop soif… » Un éclat de rire d’Atyda le fit sursauter.
Elle désignait en tremblant, secouée par des vagues d’un rire doux et clair, les pieds de Gabriel, et des larmes d’hilarité lui vinrent aux yeux.
- C’est quoi… ce… ce truc ? parvint-elle à demander avant de s’effondrer sur le sol en se tordant de rire.

Ce truc ? Quel truc ? Gabriel chercha ce dont elle pouvait bien vouloir parler, quand ses
yeux les aperçurent soudain. « Oh non… murmura-t-il. C’est pas vrai…. » Les yeux de plastique des vachettes contemplaient le ciel d’un air morne. Gabriel se sentit rougir et s’enfouit le visage dans les mains tout en secouant la tête, refusant d’admettre l’évidence. Le rire de Sécate se mêla bientôt à celui d’Atyda, et s’éleva dans la nuit silencieuse comme une symphonie.

- Tu vas traverser le désert avec ça ? demanda-t-elle, les yeux brillants.
- Je vais pas avoir trop le choix… constata-t-il tristement.
- Mais tu les as trouvées où ? Comment t’as fait ? s’exclama Atyda au comble de la curiosité.
- Ben chez moi… C’est un cadeau d’un copain et…
- Chez toi ? le coupa Sécate. Mais Gabriel, tu n’as pas bougé d’ici. Atyda pourra te le confirmer…
- Oui, j’ai mal au bras à force de t’avoir collé des baffes, approuva-t-elle.
- C’est compliqué mais… Bon, en fait… commença Gabriel, et il tâcha de leur expliquer toute l’histoire, depuis son premier « passage », alors qu’il dormait dans la barque, jusqu’à ce même soir où il avait bien cru ne jamais revenir.

Les fées le laissèrent tout raconter sans l’interrompre une seule fois, semblant écouter
avidement chacune de ses paroles. Un silence songeur s’installa à la fin du récit de Gabriel, qui se sentait stupide mais étrangement soulagé de s’être enfin confié à quelqu’un. Il attendit anxieusement leur verdict, en se mordillant la lèvre inférieure. La tête inclinée sur le côté, Sécate semblait perdue dans ses pensées, les yeux mi-clos. Atyda tortillait machinalement une mèche de ses longs cheveux dorés, et se tourna vers Sécate.

- T’avais raison, dit-elle, c’est un bon conteur.
- Ce n’était pas une histoire, Atyda, rectifia Gabriel.

Elle le regarda avec des yeux ronds. « Pas une histoire ? » répéta-t-elle. Gabriel secoua doucement la tête. « Alors ça m’ennuie », conclut-elle, et elle s’allongea dans le sable, jugeant le sujet clos. Gabriel soupira, et se tourna vers Sécate. « Et toi, tu en penses quoi ? » Elle sembla s’éveiller, redressa la tête et le regarda droit dans les yeux.

- Je pense, finit-elle par dire après quelques secondes, que tu ne mens pas.
- Bonne pioche, relance les dés, grinça Gabriel qui s’était attendu à recevoir quelques mots de réconfort.
- Et je pense que la réponse sera au village des Gouvernants, poursuivit-elle, imperturbable.
- Et d’ici là ? demanda-t-il.
- D’ici là, tu vas avoir du mal à avancer avec tes… hum… chaussures… conclut-elle.

Gabriel écarquilla les yeux, puis soupira à nouveau. « On ne pourrait pas parler d’autre chose que de mes chaussures ? Ca ne vous dérange pas ? »

- On peut parler des étoiles… intervint Atyda. Regardez comme elles sont belles !

Désespéré, Gabriel ne put s’empêcher de se demander s’il avait bien fait de revenir.

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Plume
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MessageSujet: Re: Ta´am   Sam 28 Mai à 4:21

Encore une fois elle poste au milieu de la nuit mais moi je suis là...

J'adoooooooooooooooooooooooooooooooorrreeeee, j'en veux encore...

Et puis je vais aller me tordre de rire dans mon lit en repensant aux pantouffles vahces de Gaby...

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Et heu aussi Antigone, Hiraeth et Torny, c'est quand la suite??? Wink
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MessageSujet: Re: Ta´am   Sam 28 Mai à 16:00

Alors on attend que je m'absente quelques jours pour poster, c'est ca ?

C'est du propre! Ca ne prend pas avec moi! J'a déjà tout luuuuuuuuuuuu!!!

Toujours aussi bon...

Mais... Je ne peux pas m'empêcher de penser que le coup des pantoufles vachettes en cadeau, ca sent le vécu... Alors? Elles te plaisent tes pantoufles Am' ??? A quand la photographie ???

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Hiraeth Dùnadan
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MessageSujet: Re: Ta´am   Sam 28 Mai à 17:29

hum



j'ai lu



et je dis :



SUPEREUHHHHHHHHHHH

et même que j'ajouterai :

LA SUITEUHHHHHHHHHHH



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Lune
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MessageSujet: Re: Ta´am   Mar 31 Mai à 11:43

« Fais chier » grommela-t-il fort peu élégamment


mdrrrrrrrrrrr cettet phrase la, et aussi le coup des sandwichs thon-saucisse...

ra la la c'est trop fort, franchment j'adore
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Tornade
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MessageSujet: Re: Ta´am   Mar 31 Mai à 15:26

La flemme de faire un long commentaire...

Donc... j'adore. Toujours pareil, y a toujours des phrases cultes à garder (entre autres celle que Lune a citée). Et pis voilà, review vachement instructive, donc je retourne dans mon coin en attendant la suite...
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MessageSujet: Re: Ta´am   

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Ta´am
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